LA VALLEE DU LOT - LE PÉRIGORD

Mardi 16 mai 2023

Hou là là ! Que d’images à évoquer… Depuis la sympathique ferme de St Gall, détours, contours et retours… à travers la formidable vallée du Lot.

Motorisés toujours, soit par le petit camion, soit par nos vélos. Des maisons immenses aux murs incroyablement hauts, en pierres rouges à force d’être roses… sous leurs riches toits de lauzes. Comme si timidement elles voulaient s’excuser de leur taille géante. Ces belles maisons donc peuplent des villages tranquilles. Nous les parcourons à travers des fleurs à profusion, glycines, rosiers grimpants, champs de pissenlits, de coquelicots, de primevères et de marguerites, chacun éclairant de jaunes, de rouge, ou de blanc sa propre prairie. Nous cheminons aussi, en pédestre, à travers des forêts « FOUILLUES », (feuillus et fouilli) qui n’ont jamais vu l’ombre d’un bûcheron, encore moins celle d’un chasseur. 

laurent fouillu

 

Le GPS nous propose les circuits « aventure » dont je raffole, qui permettent à Laurent de piloter avec prévoyance et délicatesse… Croiser une voiture relève quelquefois de l’audace. C’est heureusement bien rare. En vélo ça ne pose pas problème. On trouve des petites routes peu fréquentées pas les voitures. Les pélerins de St Jacques ont tracé leur sillon le long de ces voies rurales. Et ce sont eux les vrais dangers pour nos vélos. La route étroite nous serre contre eux malgré nous. Ces marcheurs enthousiastes font avec leur bâton de grands moulinets dans l’espace en avançant d’un bon pas… Les moulinets aussi vont d’un bon pas… Que ce soit pour nos rayons de vélos ou pour nos casques, j’ai tremblé plus d’une fois en les carillonnant.

Au hasard de nos images, St Côme d’Olt, Espalion, Estaing.

rouge

cimeteire

Cap vers Bergerac, car Laurent tient à faire une dégustation des vins locaux…

Regard inquiet de Laurent

- Pourquoi juste une, de dégustation ?

Je crains que le Petit Camion prenne du poids.

 

Pause familiale à St Liverade sur Lot. Nous y passerons un dimanche ensoleillé, sous le signe des nénuphars avec Hélène, Aurore et Alain.

nenuphars

Un chouette moment dans leur belle maison. Je suis tombée en amour pour leur jardin exceptionnel quasi en pleine ville.

Suivant leurs conseils nous pousserons jusqu’au château de Monbazillac. Quel magnifique domaine. Encore quelques kilos dans le ventre du petit camion.

monbaz

 

- Dis Laurent, on a le Monbazillac, mais le foie gras ?

- Tiens, je croyais que tu étais rebelle à ce mode de gavage, barbare tu disais, non ?

- Oui, mais c’est quand même dommage d’être dans le pays des canards et de pas en profiter.

- Si c’est toi qui demandes, d’accord.

Ce pays est mortel pour le système digestif mais quelle délicatesse dans les saveurs proposées.

lau monbaz

 

Mais ce que j’aime c’est vadrouiller au gré des petites routes sur jambes ou sur roues… Nouveau circuit qui nous mènera à travers les terres rouges du Périgord dans le pays des noyers. Ici les routes sont drapées de blanc. Fleurs d’acacias géants qui inondent le pare-brise et tirent leur rideau de chaque côté de la chaussée. Nous nous poserons en bord de noyeraies. Encore de bien sympathiques visions champêtres depuis nos hublots. Et de vieilles cités à découvrir, Sarlat de la Caneda, Souillac, Lanzac.

A partir de Lanzac le relief se complique devient carré-bossu (carru-bossu on dit dans mon doux pays des Vosges). Encore de biens beaux endroits, Loubressac, Autoire et sa cascade. Mayrinhac-Lentour nous arrête. Grande fiesta locale. Malgré les averses, la population endimanchée se bouscule à travers un rassemblement de vieilles voitures. Essentiellement des voitures de rallye. C’est émouvant de revoir des R8 Gordini, des simca 1000 rutilantes, et autres vieilles dames de notre temps.

- C'est pas un accordéon qu'on entend sous le chapiteau ?

- Exact. On va voir ?

- Ouhais, ça doit guincher dur là-bas.

- T’emballe pas. C’est sûrement une sono.

- Je crois pas, ça hurle pas, ça boum-boum pas… ça donne pas envie de fuir.

Il me prend le bras pour m’y entraîner.

- T’as raison, ça ressemble à de la musique.

C’est ainsi que les années 1960 reprennent vie sous nos yeux émerveillés. Il y a bien entendu le bar obligé où s’agglutinent ceux qui ne veulent pas faire tapisserie. Il y a les incontournables petites vieilles assises sur les bancs, les yeux larmoyants et les hanches agitées. Il y a surtout un va et vient de jeunes adultes (moins de cinquante ans) qui entrent en danses et en ressortent. Tous plus élégants les uns que les autres. Les femmes surtout, jupes qui volent, corsages généreux, escarpins fins… Ils tournent et virent avec un sérieux incroyable. Ils sont magnifiques et troublants. Laurent et moi échangeons des sourires émus et surtout des regards pincés. Voyez-vous, nous sommes en mode randonneurs qui campent… Autrement dit, en grolles et vêtements qui sont indubitablement confortables mais fort peu élégants… Nous déparerions ce beau paysage.

- Dis Laurent, il ne pleut plus. Et si on sortait se trémousser dans la rue…

Il y a des moments comme ça, où une porte s’ouvre sur de déroutants possibles.

 

 

 

 

 

 

 

 

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