Les Lérins-Port Crau

Jeudi, 23 juillet 2009
Trois journées de rêve aux Lérins, entre terre, mer et... ciel. Nous sommes entourés de petites embarcations qui viennent là pour la journée. Pour échapper à ces envahissements, nous explorons les deux îles. Dès 5 heures le soir, le mouillage se vide. Retour à bord de LDM. C'est tout à fait fantastique de se sentir aussi seuls et abandonnés. L'ambiance paisible du Monastère de St Honorat nous séduit et Laurent prend date pour octobre. abbaye

ste margueriteNouveau projet dans l'air. Laurent n'est jamais en panne d'idée. Il me fascine.
Le vent nous joue de mauvais tours. La houle nous frappe assez durement et nous nous levons à 5h du matin fatigués par des calages hasardeux dans notre couchette.

Forte houle annoncée pour demain, encore un mauvais coup qui nous vient de l'Ouest ? Nous n'avons pas été touchés par la grâce de St Honorat. Allez on s'casse de ce paradis. Oui mais où ?
Laurent après cette période de retraite spirituelle a des idées de grandeur. Allons y pour un changement radical, cap sur
Golfe Juan. napoule

L'intérieur du Golfe de la Napoule est une rude affaire. Les fonds sont approximatifs, entre 3 et 7 mètres. Au milieu de la passe le sondeur descend à toute allure. Laurent rivé aux cartes marines me pilote depuis le carré.
- C'est bon, avance en gardant ton cap... bien.... 20° tribord... super
continue tout droit... Attention, ralentis, je viens faire une photo...
- Oh, y'a pas 3 mètres de fonds là.
- Oui mais c'est plat, continue...
J'en conviens volontiers, la baie de la Napoule, Cannes au fond et l'Esterel qui domine c'est très photogénique. Mais est-ce bien raisonnable de s'attarder ? Il semble que oui. Après la photo qui m'aura coûté bien des suées, nous sortons de la passe.
Golfe Juan, un port pour les grosses unités à moteur. Y'a donc pas de voileux ici ? Ah tiens, un p'tit d'à peine 18 mètres au milieu du quai 22. Allons nous y frotter. Nous voilà dans la cour des grands. Nous ne resterons que deux nuits, on nous autorise le tarif " public " moitié prix. Si trois nuits on passe au tarif passager, on double la mise. A savoir, le bloc marine annonce 35 euros la nuit et c'est vrai. Mais la facture ajoute un forfait pour l'eau, un forfait pour l'électricité (dont nous n'avons pas besoins 3 euros par jour-mais c'est un forfait) et 60centimes pour la météo). Ce qui monte la facture nuit à 43 euros, tarif public.golfe juan
Finalement c'est pas terrible ce port, la ville est quelconque et je m'y ennuierais bien vite. Les égoûts se déversent à cent mètres de la plage.La foule s'y vautre sans préjugés. Les résidents des puissants yachts qui nous côtoient vivent luxueusement à bord. J'imagine mal, Madame avec sa petite trousse de toilette qui se pointerait aux sanitaires juchées sur ses escarpins.. Donc pas de sanitaires. Ne faites pas de détour par là si vous n'êtes pas obligés.
filetsnasse

Samedi 26 juillet 2009
Puisque nous expérimentons le monde des gros bourgeois repus, allons-y pour un autre test. Cap sur Saint Tropez. Environ 22 milles à prévoir dans d'excellentes conditions. Une belle et bonne navigation. Profitons un max. Cap Dramont, nous revoilà. Vers 15 heures nous nous rapprochons de la côte. Une bande de brume s'est levée au ras de la mer comme un écran. Qu'allons nous trouver de l'autre côté du miroir. Mais c'est étrange quand nous nous rapprochons de cet écran, il donne l'impression de reculer. Sur la carte marine, Laurent a repéré dans le Golfe de Saint Tropez l'anse des Canebiers. Un site magnifique très peu fréquenté depuis que La Madrague, propriété de Brigitte Bardot ne fait plus recette. Tant mieux ! Nous entrons dans un mouillage clair et lumineux. Où est passée la brume ? Plage déserte, magnifique forêt de pins parasols, forteresse de St trop qui nous protège... Nous mouillons par 10 mètres de fonds, dans la vase, et ça LDM il adore, ça lui rappelle l'Etang de Berre, comme chez lui... Et puis, une petite cure de boue, ce sera excellent pour sa vieille quille. Par contre dans la passe ça circule fort. Dommage, tous ces remous qui agitent notre si belle anse. St Trop c'est trop.
st trop 1
Dimanche 27 juillet 2009
Les yachts rentrent tôt au port. Il faut avoir le temps de se pavaner sur les quais. Du coup la soirée et la nuit nous appartiennent. Délicieusement calme ! Mais dès 10 heures du matin les incessantes navettes reprennent.. Et puis la vie des riches, finalement ne nous paraît pas si terrible que ça. Et puis les fichiers météo annoncent un nouveau coup de vent en fin de semaine. Et puis nous sommes attendus chez la maman de Laurent. Les engagements avec la famille, ça rigole pas, hein les enfants ?
Pour le moment, vent annoncé variable 2/3, on fera avec, cap sur le retour. Quelle histoire pour sortir de St Trop. Le vent est très sympa, pas de houle annoncée. Nous tirons des bords pour dépasser la bouée de danger Basse Rabiou, puis pour rejoindre celle de la Moutte. Ce serait super,on avancerait à 5/6 nœuds. Sauf que les bolides qui nous croisent et nous dépassent lèvent une houle épouvantable dans des ronflements de moteurs d'avion. LDM amortit les secousses mais c'est pas la peine de se risquer dans le carré. Casse-figure garanti. Nous mettons une heure pour quitter cette zone outrageusement motorisée. s trop 2

Des fois un hélicoptère en prend un comme ligne de mire, il tourne autour et desssus pendant un bon quart d'heure, puis choisit une autre cible. Nous sommes bien contents
qu'il ignore les petites gens que nous sommes. Bien du tumulte tout ça !
Une multitude de yachts à trois ou quatre ponts, telle une colonie de cloportes en fuite éperdue s'enfonce dans la brume. Une foutue bande de pollueurs qui font à peine l'effort de nous éviter. Puanteur, agitation et vacarme. Rendez-vous mondain en baie de Pampelonne ? Je comprends ici, ce que le terme de "plaisancier " a de péjoratif.
Revenons à notre monde humain si modéré. Déjà le cap Camarat. La mer nous est favorable et on déroule les milles sous notre quille à plus de 7 nœuds. Cap Taillat, Cap Lardier, direct au sud vers L'île du Levant qui se dessine dans la brume. Au sud du Cap Bénat, LDM s'essouffle, le spido annonce moins de cinq nœuds. Une aubaine pour Laurent. Vitesse idéale pour la ligne de pêche. Envoi immédiat. Un quart d'heure plus tard , il a piégé un cernier commun du plus bel effet. Une belle grillade de poisson à chair blanche et raffinée nous est promise pour ce soir.
J'avais rêvé de me poser magistralement dans l'anse de la Reine Jeanne pour la nuit. Mais elle est interdite, domaine de Brégançon, lieu protégé de haute sécurité, privilège des Présidents français. Dommage un abri qui porte mon nom façon royale ça me parlait bien. Laurent a trouvé mieux. Au sud de Port Cros, une petite anse isolée et sauvage, juste pour moi... Anse Janet (il est fort hein avec ses cartes !) Donc cap au sud.
Nous dépassons l'entrée de Port Cros archi comble, mais entre Bagaud et Port Cros, nous voilà deux voiliers qui se font de loin des risettes depuis leur ancre. J'ai trouvé un carré de sable au milieu des algues. Totale sécurité. port crau

 

 

Que la vie est bonne à bord de LDM.
Pour fêter notre retour au beau monde on s'offre l'apéro suivi d' un rosé gris pour le délicieux poisson frais. Ambiance euphorique à bord sur le soleil qui se couche dans le silence de Bagaud. Au dessus de l'île une nappe orange offre ses dégradés de lumière. Plus tard lorsque le soleil a été avalé par le haut de l'île, le ciel s'irrise de rouge...que l'eau reflète. Nuit idéale.

 


Au matin ,à peine les yeux ouverts, les narines dilatées par une chouette odeur de café frais, je sors du carré émerveillée par cette petite crique sauvage, sable fin que protège une large pinède. A l'avant de l'étrave, je vois arriver à la nage un homme tout nu, complètement tout nu , de A à Z (surtout le Z... !) comme un qui naîtrait de la mer.
Un échappé du jardin d'Eden ? Il se rapproche avec élégance en nage indienne. A quelques brassées de moi, il se bascule sur le ventre. Il lève la tête. Un regard clair que je connais si bien, illumine son visage ruisselant. Laurent ?


INTERMEDE
- Allo, la Noiraude, c'est Grignot'âge, bonjour !
- Salut Grignot-âge, alors t'es sur le retour.
- Ouhais, ça me plaît cette promenade en mer. Je cohabite super bien avec mes équipiers. Nous passons de longs moments intimes. Je me blottis entre eux deux. Je voudrais pas avoir l'air de me vanter mais je crois qu'ils adorent mes longues oreilles. Moi qui en avais honte. Ils m'ont appris qu'elles sont soyeuses et douces et que c'est un pur bonheur à caresser. Mais c'est surtout leur taille qui fait rêver. Ils les tripotent dans tous les sens. Ils les veulent directives, en tourne-bouchon, en polarisation verticale, en polarisation horizontale... Ils s'interrogent sur les qualités réceptive et
acoustiques de mes beaux organes d'audition. Mais y'a pas que ça. Ils m'ont aussi débarrassé de mes préjugés et de mes complexes. C'est une vaie cure de jouvance cette croisière. Et j'ai vu tant de beaux endroits, mon carré de luzerne aura changé de dimension.
- Oui, bon s'agit pas de prendre la grosse tête non plus !
- Rien à craindre. Je voudrais en profiter pour t'inviter avec notre ami Ouin-Ouin le Canard, tu sais le 10 août,

c'est la saint LAURENT, Tu viendras dis ?couch sol

 

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