Espagne 3- Catalogne- San Joan les Abassedes

velo

Dimanche 27 octobre 2019 - SAN JOAN LES ABASSEDES

Nous avons encore tiré des bords considérables d'une rive à l'autre du "Ter", magnifique rivière qui nous amène jusqu'à cette sympathique ville ancienne avec un pont qui date du Vème sicèle, souvent modifié, démoli, retapé mais toujours avec son allure médiévale... Nous sommes installés juste au dessus à deux pas du pont piétons, tout en pierres qui enjambe le Ter. La vue de nuit est magnifique.

La piste verte qui est à quelques pas de notre campement longe le Ter. Une virée vélo s'impose en cette belle journée dominicale. Nous partageons la piste avec les piétons. Iil est à peine 11 heures et les familles déambulent dans tous les sens, par groupes bien étalés et peu enclins à nous céder le passage. J'ai jamais autant utilisé une sonnette d'alarme. Quelquefois nous croisons une autre piste. Les panneaux nous recommandent de ralentir avec prudence. Pas de problèmes, je négocie tout ça en chantonnant. la vie est belle en Espagne.

le TerLaurent caracole joyeusement largement en avant. Je le vois qui slalome entre deux barrières en chicane au prochain croisement de pistes. Peut-être que je devrais poser pieds par terre... non ? Y'a du monde qui me regarde et je vais avoir l'air de quoi à me pavaner sur ma selle et passer le croisement en poussant le guidon comme une petite vieille qui a peur des feux en ville. C'est dit, je me lance fièrement avec un "holà", joyeux à un couple qui me croise en souriant. J'ai repéré la barrière de droite, je m'applique donc à l'éviter. Et puis je sais pas trop ce qui se passe, une ornière traitresse, la barrière de gauche trop proche, la trouille que j'ai de rater mon passage... Un peu de flou dans ma visée... Enfin un peu tout ça je suppose. Je me retrovue avec la roue avant qui ripe sur le panneau en bois.  Je me rétablis un peu au hasard des caillasses qui encombrent le bas-côté. Mais qu'est ce que je fous là. La pédale est coincée entre un poteau et ma jambe droite... Crotte, zut, flute... ! Ça me fait geindre si je bouge le vélo.... Donc je n'arrête pas de geindre, mais je m'extirpe de ce piège... (ouf personne en vue pour se foutre de moi, c'est un miracle)

Je redresse la bonne femme et le vélo, et je me relance à coups de pédaliers haserdeux... en grimaçant pour pas couiner trop fort. Je suis de nouveau en selle lorsque je croise les premiers piétons, et que j'arrive à Laurent appuyé contre un pont de bois . Il doit guetter une éventuelle truite au fond de l'eau. Il se retourne vers moi très confiant. Parfaitement ignorant des affres que je viens de traverser. Faut dire que j'affiche maintenant un grand sourire un peu raide, Laurent semble s'en rendre compte.
- Ça va ?
- Au top, sauf que je me suis payée la barrière tout à l'heure. (avec juste ce qu'il faut de négligence dans le ton...)
Il garde l'air sérieux mais je l'entends rire dans sa tête.
- On peut faire demi-tour si tu t'es blessée.
- Non, on y va ?
Mon héroïsme m'épate. Au moment de repartir Laurent me lance négligemment
- T'as vu, y'avait un panneau stop à la barrière et un avertissement disant qu'on doit passer à pied. C'est pour ça, les chicanes elles se rejoignent au milieu, c'est pas évident de passer en roulant.
-... ?

Ce qui est fort génial, c'est qu'au retour après notre pique-nique vers 14h30, tous les hispaniques sont à table conformément à leur mode de vie. A mon avis, ils n'ont pas encore négocié l'apéro.

Et nous, on a  la voie verte pour nous tout seuls pendant 12 kilomètres. Un rêve ! Faut que je précise pour ceux qui savent pas, mais nos vélos sont "assistés" je négocie les pentes et les côtes sans l'ombre d'un essoufflement. Ça c'est bonnard ! Et ça explique aussi, que je rechigne pas à ce cyclisme nouvelle formule.

Après une excellente douche à bord du petit camion, quelques soins simplissimes. Cachons ma cheville qui est franchement pas belle. Bien égratignée avec un vilain bleu qui s'y étale voluptueusement. Ça lui passera. Oublions ces broutilles pour le moment. En route pour la visite de la ville.

san joan san joan
san joan san joan

Et SEU D'URGELL

seu d'urg

 

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