LES VOSGES SOUS CANICULE 2026
Court périple mi-juin-début juillet, dans le nord-est de la France. Que nous avons abrégé, la météo après la pluie du printemps, nous a trop souri.... Hé oui, là-bas aussi on vivait en mode « canicule ».
Première pause familiale toujours réjouissante (famille, que je vous aime) à Plombières. Ville d’eau et de soin.
Si prendre les eaux n’est plus de mode, le centre de cure se repense et mute. Les thermes, le casino sont en pleine métamorphose. Ainsi vont naître différents lieux culturels dans ces espaces chargés d’histoire. Car au XIXème de grands noms ont fréquenté ces lieux. Ils y avaient leurs habitudes. Berlioz bien entendu, les Bonaparte, (Joséphine et Eugénie), Voltaire, les ducs de Lorraine, Montaigne, Beaumarchais (propriétaire de la papeterie locale). C’est là qu’à eu lieu la première représentation du Mariage de Figaro…
Plombières, est à découvrir. C’est tout un gala de notre histoire. Mais c’est aussi une ville magnifique, si petite, et si précieuse ; une perle en quelque sorte. Ici les maisons sont des manoirs enchâssés dans de petits jardins colorés. Les balcons qui surplombent le piéton rêveur, fer forgé finement ciselé, sont de véritables dentelles .
Quelle classe !
Plombières, est une ville reposante, ni agitation humaine, ni pollution de carburant, ni parasite d’aucune sorte. La forêt qui borde la route et sinue à n’en plus finir est un rempart formidable. On ne vient pas là par hasard.
- Dis Laurent tu seras pas jaloux si je t’avoue un bel amour.
- Whoua, encore… dis toujours
Petit sourire gêné, triturage maladroit de mes mains, regard fixé sur la route. Petite voix hésitante.
- Bon ben voilà, je sais c’est plus de mon âge, mais j’y peux rien, je suis retombée en amour.
De saisissement Laurent lâche le volant, le petit camion en profite pour faire un pas de côté…
- C’est une plaisanterie.
- Du calme, ressaisissons-nous, mon ami, c’est pas ce que tu crois.
Coup d’oeil en coin plutôt noir son œil clair,
- J’te préviens je trouve pas ça drôle…
Ainsi plus de 50 ans de vie commune et on en est toujours là. Alors j’éclate de rire…
- Mais non mon gros nigaud… (la, la, la, lère)… C’est la ville de Plombières qui me séduit, à chaque fois, de plus en plus…
Sourire de mon tendre ami,
- Ah oui, bien sûr. C’est une ville formidable. Moi aussi, j’aime bien...
Chers Delphine, Denis, Clara, vous n’avez pas fini de nous voir dans vos murs !
Après cette pause de « rêve » ; cap vers le nord est.
Météo du jour, 22 juin à 10h45- St Dié 32°- ciel éblouissant.
Nouveau séjour en totale relaxation chez ma sœur à Rambervillers. Ce sera encore une pause sous le signe de la zénitude. Vigilance rouge, hé oui, ici aussi, interdit de vendre de l’alcool sur la voie publique, interdit de manifestation plein air ou salle non climatisée, interdiction de s’agiter.
Une ville en sommeil. Oui mais, le bonheur de vivre passe aussi par celui des papilles et ce sera l’incontournable « tête de veau » de Ramber.
C’est un mets fondant, tendre, délicieusement accompagné d’une sauce gribiche et pommes de terre délicates. Si, si, si, dans les Vosges on trouve des « patates » délicates, et bien d’autres encore...
Nous reprendrons la route pour une petite heure à travers les immenses sapinières et prairies chères à mon coeur. Une nuit au bord du lac de Longemer. L’eau, c’est magique pour équilibrer la température. Une sympathique campagne. En pleine journée elle affiche à peine 23 °. Le paradis en quelque sorte.
- Dis Laurent, si on faisait un p’tit tour du lac, à peine 2km de longueur et 500m de largeur, un vraiment p’tit tour, à l’ombre en plus.
- Pourquoi, on n’est pas bien ici, au frais sous les arbres, calés paresseusement au bord de l’eau…
- Si on est super bien. T’as raison. Et puis mon genou me fait mal, je vais le ménager. Et puis j’ai de la lecture en retard, et puis des mots croisés aussi…
Débordée, comme toujours, même pas le temps d’aller flâner dans ces lieux idylliques.
Laurent plongé dans une partie sur Chess.com, lève le nez de sa tablette.
- Zut, tu m’as fait perdre ma dame… Tu disais quoi…
- Rien, rien, t’en fais pas. Joue et gagne !
Si, si, si, des fois, il gagne, lui !
Nouveau cap, nouveau lac, celui de Kruth. On se rapproche de nos amis de St Amarin. Et bien entendu nous les rencontrerons. Une chouette soirée au camping, c’est rigolo de « recevoir » de cette manière quelque peu cavalière.
- Qu’est-ce qu’on apporte ?
- Rien, vous êtes invités. Enfin si, deux chaises….
Cap Morteau. Nous retrouvons les paysages familiers de la vallée du Doubs. Nous circulons à travers une combe sévèrement bordée de hautes colonnes ou de falaises en strates horizontales, camaïeux de rose et de gris. Très élégant tout ça.
- T’as vu, on s’approche de Lausanne
- Oui, on pourrait s’y arrêter pour la nuit. Un camping au bord du lac, ce serait sympa…
- Oui, oui, oui…
Quelques tours de roues plus loin.
- Enfin, oui … mais non, non, non. C’est surpeuplé ce lac.
- Regarde y’a un marché ouvert tout le long des quais. On s’arrête ?
- Non, faut sortir de là. On tente le circuit « aventure »…
Je préfère nettement la clim du CC à la fournaise du trottoir, circuit aventure à nous trois.
Donc, on va au p’tit bonheur… Après avoir cloué le bec au GPS… qui rabâche stupidement le retour à la normalité.
Nous circulons à travers des quartiers très chics, maisons de maître, vastes parc feuillus, immenses piscines, (ben oui, le lac c’est pour les prolétaires !) larges avenues. Faut des moyens pour vivre ici. Y’a des chanceux hein ! Mais rien pour nous ici. Vu que nous ne sommes pas de ce monde, retour au pays et en altitude de préférence.
Nous serons les derniers campeurs autorisés au camping municipal de Pontarlier, déjà complet. C’est un endroit fort sympa, de grands espaces séparés par des haies, des voisins discrets, des sanitaires au top… N’hésitez pas à vous y arrêter. L’accueil est garanti souriant.
Nouvelle pause enchantée dans l’Ain (Gex) camping « les genêts » aussi à retenir, qui affiche 2 étoiles mais dont le confort va bien au-delà.
Goûtons cette page de liberté tranquille avec sérénité. Le retour à la maison n’est pas bien loin…