SEMAINE CHANTANTE, À VOGÜÉ, 2026
ESCAPADE D’AUTOMNE 2026 -

Ce stage de choristes se déroule sur 5 jours, (on arrive le dimanche dans l’après-midi) Premier entraînement vocal à 16h… L’objectif, c’est de proposer, le vendredi soir, en public, la restitution de notre travail (6h par jour de chant) dans l’intime église de Vogüé dont la résonance est parfaitement équilibrée.
Au programme, Ola Gjeilao, compositeur norvégien contemporain.
D’abord un motet Ecce Novum, pour se mettre dans l'ambiance, suivie d’une messe moderne, Sunrise Mass, (jetez y une oreille à l’occasion, vous aimerez à coup sûr) C’est une musique intuitive, dit notre chef… Et j’aime cette approche aussi vraie que personnelle.
Cette messe est répartie en 2 choeurs de 4 pupitres chacun… Y’a eu du boulot pour la semaine, même si nous avions reçu chacun nos enregistrements spécifiques, il y a quelques mois, il fallait aligner tout ça… Ouille, ouille, ouille.

Deux hommes de qualité pour mener nos voix. Grégory Meldray, acccordéoniste aussi fin que désinvolte. Un homme apaisant, svelte et souriant. Le veinard, il ne semble pas embarrassé de stress, lui... pourtant sa partie est bien difficile ; il doit assurer tout seul les « raccords » entre nos différents étages vocaux, et soutenir nos voix sans faiblir d’un demi-ton, tout en jonglant avec les registres mystérieux et les touches facétieuses de l’accordéon. Je ne suis pas familiarisée du tout avec l'accordéon, mais j'ai découvert dans ses sonorités une richesse, une délicatesse, un enthouisiasme formidables. Je ne me lassais pas de l'entendre et partir sur son élan, quelle jouissance !

Et notre pilier, Christophe Duhamel, tout en rondeur et délicatesse. Quel bonheur de retrouver son regard pétillant, son sourire bienveillant et sa faconde. Ne vous fiez pas à ses vannes. Elles sont fort délicates quelles que soient leurs formes. Elles lui permettent de revenir en douceur et avec humour dans son mode favori de plénitude. Et ça fait passer en beauté ses exigences de chef, voire ses coups de gueule, rares mais on sait que ça nous guette au coin d’un grincement de voix… Y’ a qu’à bien se tenir.

C’est important aussi à souligner, le choix de l’hébergement dans le village vacances « lou Capitelle et Spa » de Vogüé. Il participe à notre bien être, à ce sentiment d’être à notre place. L’accueil, la restauration, les services, tout y est idéal.
Nous y avons retrouvé des choristes de l’année dernière. C’est un phénomène étrange de se sentir des affinités avec certains, de partager de sympathiques moments de détentes, voire de confidences… Se sentir vraiment proches et puis se perdre complètement de vue pendant un an. Nous nous sommes bel et bien oubliés pendant un an et nous sommes tout surpris de nous retrouver là, comme si on s’était quitté la veille.

S’il est vrai que ce bain musical en mode intensif est mon aspiration profonde et c’est vraiment ce que je cherche. J’ai compris cette année qu’il se passait quelque chose de plus important. J’ai fait partie d’une unité. Une sorte de fusion, qui m’a permis de trouver ma place dans cet immense goupe de presque 100 personnes. Je peux vous dire que dans les crescendos ça déménageait, et que… dans les pianissimos, ça feutrait, ça caressait, un souffle passait tout en douceur… C'était merveilleux.
Ne le dites pas au chef, mais il m’est arrivé pendant les répètes, d’arrêter de chanter, juste pour le bonheur d’écouter… Juste un instant de plénitude en pleine répétition ; précieux instant.
Et puis le soir du concert. L’église Vogüé, dite aussi Notre Dame de l'Assomption, pleine à craquer…

Nous sommes embarqués par l’émerveillement du moment et nous nous donnons à fond et du mieux possible, voire plus… Parce que c’est maintenant ou jamais. Dans tous les pupitres, c’est presque palpable.
A la fin du concert, la haute silhouette de Greg qui salue le public, le sourire de Christophe, les applaudissements enthousiastes. Et le plus précieux, Christophe qui se tourne vers nous, dos au public pour nous applaudir, large sourire, l'oeil humide. Oh là, là, c’est pour nous, tout ça !