COUCOU.NET - TERRE

 en Provence et ailleurs...

hibiscus

Etapes sympas en camping car

LOCALISATION GPS Type services toilettes Descriptif
 
04 ALPES DE HTES PROVENCE          
2018-Mison (Sisteron)   camping sauvage non public village parking du cimetière, vue imprenable face à magnifique ruine château sur le piton rocher. Village tranquille et sûr. Impec
2019-Mont Dauphin (Guillestre)   camping sauvage non ds village Tranquille. Immense espace herbeux, vue imprenable sur vallée du Guil. Aux portes du village dans les fortifications, multiples randos de proximité.
           
05 HAUTES ALPES          
2019-Baratier   camping municipal oui oui camping symathique, sans prétention, économique, vastes espaces. Cependant s’isoler, hors de la route qui passe le long du camping. Pas de piscine.
           
11 AUDE          
2020-Arzens (Carcassonne) N43.19399- E2.20612 Producteur vignoble non oui Domaine Rose et Paul- pré en bord de vignoble-route en contrebas peu passante. Champêtre et très sympa. Super accueil de Gilles Foussat
2020-Trèbes (Canal du midi) N43.20864- E2.44692 Producteur vignoble non non Domaine des Pères – 8 places- espace vert au bord d’un pré avec des ânes. Portail sécurité. Champêtre et sympa
           
12 AVEYRON          
2017 Sauveterre de Rouergue N44.2478-E2.31505 aire cc municipale gratuit payant oui magnifique et très tranquille-beau village où s’attarder.
           
19 CORREZE          
Ay2017-Ayen 45.249699-E1.323600 aire cc municipale gratuit oui oui magnifique espace verdoyant-proche de la ville-tranquille et ombragé -15 places
           
26 DRÔME         la
2019-Ferrassières -Drôme provençale N 44.12631-E5.48752 Producteur lavandes non non 2 places-Chateau de la Gabelle, au cœur des Baronnies Provençales. A l’arrière du château-gîte. Beaucoup de mouches en août.
           
30 GARD          
2020-Cros   camping municipal oui oui sympathique camping en bord de rivière-ombragé et calme. 15,00 € la nuit.
2020-Saint Gilles N 43.72458-E4.42057 Producteur oliveraies non non Oliveraie Jeanjean Carole- au bord des oliviers. Sécurisé par portail fermé la nuit. Très tranquille
           
31 HAUTE GARONNE          
2019-Franquevielle N43.1334- E0.56017 camping privé (10 €) oui oui Super accueil. Chez Baptistou. Vaste, champêtre,
2020-Saint Gaudens N43.1103- E0.7075 Aire CC (8,00 €) oui non ancien camping du lac de sède. Portail sécurisé. Sanitaires non opérationnels. A côté du circuit de Comminges.
2019-Saint Martory (Auzas)   Aire CC (5,00 €) oui oui Aire du lac. La nuit- champêtre et calme à l’entrée du village rustique. Très sympa
2019-Fangeaux (La Piège) N 43.1861- E2.03237 Aire CC (gratuit) non non sur piton rocheux-tranquille. 4 places-à l’entrée du village médiéval. Magnifique. Pas de services
           
34 HÉRAULT          
2020-Fraisse sur Agout N 43.6044- E2.7961 Aire CC (8,00 €) e non une dizaine de places. Très fréquenté de juin à septembre... formidable à l’entrée d’un sympathique village bord de rivière.
2020-Lamalou les bains   Aire CC (9,00 €) Oui-électr. non Forfait 3 semaines pour curistes : 70 €. fermé l’hiver. 1,5 km de la ville, sur macadam. Pas d’ombre.
2017-La Salvetat sur Agout N43.59989-E2.679540 Aire CC gratuite oui oui une dizaine de places. Sur l’herbe. Entrée de la base de loisirs-bord du lac « La Ravière » génial hors saison. Fermé du 10 au 30 juin-fetes locales
2020-Salasc (sentier des Béals   parking de l’école-gratuit non non Départ sentier des Béals- beaucoup de places, sur sol stable. désert hors moments scolaires-dommage passage vers lac salagou.
           
38 ISERE          
2018-La Mure boulevard Fréjus-Michon Aire CC gratuite oui oui vieille ville-site sympa-chateau-beffroi. Une pause intéresante et tranquille.
           
39 JURA          
2018-Cousance (St Amour) sous l’église parking libre non oui peu fréquenté, ombragé, sous l’église donc «cloches ». En semaine, circulation voitures importante -entrée du village. Dommage
           
53 MAYENNE          
2017-Juvigné Plan d’eau St Martin aire cc municipal gratuit oui en bordure de lac-une quinzaine de places-ombragé et calme. Très agréable.très joli village fleuri.
           
66 PYRÉNÉEES ORIENTALES          
2019-Port Vendre sortie de la ville Aire CC (6,00 €) oui oui économique, tranquille, à quelques pas du port. Sentier sympa jusqu’au phare de Cap Béar.
2019-Banyuls 27 rue du Mas Reig camping municipal (35 €) oui oui Coûteux, même hors saison. vaste, bien équipé-
           
68 HAUT RHIN          
2018-Le Bonhomme N48.18730-E7.10401. aire CC gratuite non non gîtes Renaud Rautsch-campingcariste propose 2 places-col de Bagenelles- 900 m. vue imprenable montagne. Magnifique. Fermé l’hiver
           
81 TARN          
2020-Durfort (lac st Ferréol 5km) N43.4397 E2.0647 Aire CC gratuit oui oui bel espace très vaste sous les tilleuls. Calme agréable.
           
84 VAUCLUSE          
2020-Sainte Colombes (Les Vaudrans)   Producteur miellerie non non Bel espace organisé en pique nique. 3 places, ombragé et champêtre. Hyper calme. Sympa
2020Baume de Venise   Producteur vignoble oui oui Domaine Bouletin-services+sanitaires. 10 places, accueil garanti, pause sympathique

2020 ESCAPADE EN MIDI PYRÉNÉES

Vendredi 19 juin 2020-Velaux

Des journées intenses viennent d'être consacrées à l'installation de notre future station radio-amateur... Laurent a pas mal arpenté notre petit terrain, grimpé sur le toit, descendu, remonté... Acheté d'occcasion des mats de planches à voile (fraîchement repeints en bleu azur  et c'est du plus bel effet..)

ANTENNES

Il s'est beaucoup gratté les cheveux aussi. Notre installation est moins prétentieuse qu'à Charentilly, beaucoup moins performante bien entendu. Mais l'avantage, c'est qu'elle ne devrait pas faire jaser dans le quartier...Tout ça pour réaliser, l'adaptation façon F6FEH d'une antenne décamètrique filaire qui a fait ses preuves ailleurs et pour d'autres OM. Mais raccourci,ajusté, ce fil est fort décevant, beaucoup trop de bruit dans tout ça. La réception est parasitée, l'émission est molle... Cette antenne ne pourra vraisemblablement fonctionner en multi bandes qu'avec un coupleur d'antennes. Ainsi nous voilà en escapade vers Lanemezan (Hautaget) là où Laurent a déniché le coupleur d'antenne idéal.

Quelques belles étapes paysannes dans l'Aude (Trèbes) ou la Haute Garonne (Arzens-Saint Gaudens)

L'aventure inattendue nous attend à Carcassonne. Nous y passons une fantastique journée, repas cassoulet en terrasse ombragée,cinq tables occupées pour une trentaine de prévues. Le déconfinement n'a pas vraiment eu lieu...

La ville est animée mais on se bouscule pas. Rares sont les visiteurs qui ne soient pas masqués. Une bien belle étape, rustique, tranquille, exotique, esthétique...

 

CARCASS 1CARCASS 2

En fin d'après-midi, nous retrouvons le petit camion sagement parqué. Nous sommes fourbus par nos déambulations en ville et fort heureux de reprendre la route. Hop là !

Quelques tours de roues. Laurent pile très soudainement alors qu'il vient juste de sortir de son emplacement.

- t'as oublié quelque chose ?
- ......

Il se gratte le crâne, (geste qui exprime chez lui une immense perplexité, comme vous savez) Il ne me jette même pas un oeil. Il descend du véhicule sans un mot... aïe aïe aïe ! Il tape à la vitre.

- Viens voir, on a crevé !

Pas si dramatique, on dispose d'un kit réparation tout neuf et sa mise en oeuvre m'intéresse. Il faut le savoir, les campings cars récents n'ont pas de roue de secours, nous disposons juste de ce kit anti-crevaison, réparation d'urgence. Mais bon, ça permet juste de tenir la route si j'ose le formuler ainsi. Donc, je descends tranquillement du véhicule, plutôt curieuse qu'inquiète. Sauf que.... Il ne s'agit pas d'une crevaison mais d'une véritable explosion du pneu. Nous sommes passés sur un bout de ferraille planté au milieu de la place de parking et caché par des herbes, impossible à voir en arrivant. Le pneu est complètement désintégré. Et de pneu de secours nous n'avons pas. Zut, il est presque 17h, qui va nous dépanner si tard un samedi ?

Nous remontons à bord, papier, crayon, smarphone... suivent de longs entretiens avec la Maif, (qui déclare ça comme accident... ouf ! Mais nous devrons trouver tout seul un garage qui répare, côté assureur, on nous envoie une dépanneuse qui nous tractera au garage)

Le garage que nous arrivons à joindre, nous bouscule. Faut arriver avant 19h00, sinon ce sera pour lundi matin... Hé oui, c'est le week-end mon bon monsieur !  Ciel ! il est déjà 17h30. Faudra-t-il dormir à Carcassonne au frais de la Maif ? dormir sur la parking dans le petit camion ? dormir dans le garage qui va nous dépanner ? Aucune de ces options ne nous enchante

Passe, une demie-heure, enfin arrivent nos sauveurs. Nous devons monter à bord. Nous sommes hissés sur la plate-forme en dix minutes. Nous devrons rester à bord pendant le transfert car il est interdit d'accueillir des passagers dans la cabine dépanneuse. Laurent prévient le garage de notre arrivée imminente. C'est parti pour un court déplacement de conduite passive. Merci Saint Fiacre, patron des chauffeurs ! C'est assez rigolo de se déplacer à 2 mètres de hauteur dans la cabine du camping car, tiré par un camion... Et puis l'idée que nous pourrons repartir dans l'heure nous détend, et on rigole.  Un moment très sympa, comme au cinéma. On traverse en douceur le parking, on arrive à la sortie... Notre convoi s'immobilise...

Le chauffeur de la dépanneuse arrive à notre niveau. Sa mine piteuse ne m'inquiète pas le moins du monde; je trouve l'aventure plutôt sympathique. Il nous fait signe. - On va devoir vous redescendre. Un problème à régler.

- Un gros problème ?

- On a pété l'embrayage de la dépanneuse, on ne peut plus bouger...

- Pardon ?

- Oui, on est en panne... Mais quelqu'un va venir prendre le relais...

Des fois, on croit que la dépanneuse arrive pour nous dépanner, mais qui va dépanner la dépanneuse ? Une autre dépanneuse ? Y'en aurait bien une, mais c'est les dépanneurs qui ont bouclé leur semaine à cette heure-là. Ciel, qu'allons-nous devenir !

Le petit camion, fort déçu, est descendu de son perchoir et nous avec. Y'a plus qu'à.... faut qu'ils... et...  ils l'ont fait.

Nouvel attelage, nouveau départ en mode cinéma, et ça nous fait rire de plus belle. Nous avons eu raison de pas nous affoler.

Nous n'avons pas dormi à Carcassonne car le garage qui nous attendait a été d'une remarquable efficacité.

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Dimanche 21 juin 2020.

Une étape fort agréable à Saint Gaudens, le camping municipal vaste, herbeux et ombragé jouxte le musée du circuit automobile de Comminges, proximité du lac de Sède qui nous offre une sympathique flânerie en soirée. Ce que nous observons depuis notre départ, c'est que la plupart des sites touristiques, des musées, des expos sont fermés ou pas encore ouverts. Dommage, l'aspect culturel de notre escapade sera quelque peu décevant. Consolons nous, le camping du Lac est génial.

L'entrée est sécurisée par un portail, piloté par borne automatique. On s'identifie, on paie pour une nuit (8 € tout compris) le portail s'ouvre et on s'installe où on veut. Pour sortir, il suffit de taper le code de notre ticket d'entrée. Fastoche non ?

Lorsque nous arrivons au campement le portail est grand ouvert. Il est donc impossible de valider notre entrée car dans ce cas l'accès à la borne est impossible.

- On entre quand même ?
- Bein oui, peut-être que c'est hors saison et que c'est gratuit jusqu'en juillet...
- T'as raison, c'est pas le premier campement qui fonctionne comme ça.

Donc nous entrons, il y a 4 campeurs installés dans un espace prévu pour une soixantaine. Mais pas un humain en vue.

Nuitée idéale d'un rare confort.

Lundi matin.

On en profite pour faire les services d'hygiène obligés du petit camion et nous repartons tout guillerets. Il est content le petit camion, il sent bon le propre, il ronronne... Pas bien longtemps car nous arrivons au portail du camping qui est fermé. aïe, aïe, aïe...

Premier réflexe de Laurent, c'est d'aller à la borne pour acheter un ticket d'entrée, ainsi devrait s'ouvrir la barrière. Opération impossible car le véhicule est du mauvais côté et bloque la procédure d'entrée... Deuxième réflexe de Laurent, c'est d'observer ce foutu portail. Au ras du sol un énorme levier. Nous essayons de l'actionner, des fois que ce serait une ouverture manuellle. Par exemple pour quand le système est bloqué... Ça résiste, ça coince, ça geint, ça crie... mais ça ne bouge pas d'un pouce.

- Y'a des lustres qu'il a pas servi ce levier. Tu crois qu'il sert à quoi....
Moi j'ai pas envie de payer une amende pour détérioration du matériel public.
- Arrête tu vas tout casser. Je vais voir au bloc sanitaire, y'a sûrement un numéro de téléphone d'urgence.
- Si tu veux, pendant ce temps là, je tente autre chose...

Je trouve un numéro d'appel à la Mairie. Pendant que je fais le numéro qui sonne dans le vide (il est pas 9h) j'aperçois Laurent de loin. Il a trouvé un caddy abandonné. Il passe par le portillon piéton. Il doit penser que la cage métallique du caddy trompera la caméra et qu'elle le prendra pour une voiture. Je le vois avancer, reculer, piloter son caddy dans tous les sens. rigolo mais guère efficace. Si Guillaume avait été là, il se serait régalé de piloter cet engin en zig zag en visant la caméra. Et puis j'entends des voix... Je me précipite, peut-être que ceux là pourront me conseiller. Je tombe sur une campeuse hors d'elle. Car elle aussi est coincée. Le portail était fermé à son arrivée et elle a validé son ticket. Mais aujourd'hui le portail ne réagit pas... Je ne sais comment me libérer de cet ouragan de rage... Le petit camion apparaît dans mon champs de vision de l'autre côté des sanitaires. Laurent est au volant, le petit camion jappe joyeusement. Je cours vers lui.... Le portail est ouvert...

Tout simplement, en y mettant tout son coeur et beaucoup de détermination, Laurent a réussi à actionner le levier manuel récalcitrant. Vite barrons-nous d'ici.

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OM'sNous prévoyons une courte pause en début d'après midi à Hautaget pour récupérer le coupleur d'antenne qui va résoudre tous les problèmes émission-réception de notre station radio. Mais l'accueil chaleureux de Serge (F6FAU) nous comble d'un bien-être que nous n'avons pas envie de refuser. Nous acceptons de nous garer dans son jardin pour la nuit. On a, semble-t-il, bien des choses à partager. Laurent et Serge, comme de vieux potes, s'embarquent pour quelques courses improvisées. J'en profite pour caresser le piano droit de Serge. Je m'y attarde pour sentir la souplesse du toucher. J'adore... Rien à voir avec mon piano numérique, même avec son "toucher lourd" comme dit la notice. Je regrette pas mon choix vu mon niveau, mais des fois, je rêve....

Elle est chouette la maison de Serge. Apaisante, spacieuse, moderne. Sous son toit artistique d'ardoises, elle abrite discrètement le monde complexe de l'OM. Musique, danse, radio, bricolage, un intéressant mélange de passions se bousculent à l'étage.

Mardi, lorsque nous avons émergé dans la matinée, Serge avait déjà planifié que nous passerions ce jour là ensemble. Il nous entraîne à la découverte de sa douce campagne au coeur de la Montagne Noire. Nous nous échappons pour une belle virée vélo dans la vallée de la Neste. Un gigantesque grand huit en montées, descentes qui s'enchaînent. C'est raide en montée, jouissif en descente, la fraicheur de la rivière nous caresse le museau. Vive l'assistance électrique mais nos batteries mettront du temps à s'en remettre.

 

Une bien belle, bien bonne rencontre avec Serge. Pour nous, des liens se sont ainsi noués que le monde radio-amateur devra entretenir.

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Mercredi 24 juin.

Cros (Ariège) sera notre première étape du retour, toujours champêtre et peu couteûse (camping municipal, 15 € la nuit) puis nous nous attarderons à Durfort (Tarn) puis à Fraisse sur Agout (34). Des villages paisibles, tout  en pierres, enrichis de cours d'eau généreux. si paisibles ! Que ce soit en vélo ou à pieds, tout ici est rurale, et annonce de belles qualités de vie.

Dimanche 28 juin. L'exode estival paraît lancé car dans la vallée de l'Agout, les touristes circulent. C'est le moment pour nous de nous rapatrier au calme dans la petite maison Velaux. Vous y retrouver peut-être, car nous nous y abriterons tout l'été.

fraisse

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Dimanche 28 juin 2020

velaux

 

2020 EVASION SANITAIRE

La pandémie de Coronavirus fait parler d'elle en France
MARDI 10 MARS 2020- CAS RECENSÉS :
- en France : 1784
- en PACA : 90
- dans les Bouches du Rhone : 37

On aime entendre que ces malades viennent d'ailleurs, qu'ils ont été confrontés à d'autres malades, ailleurs toujours, et que si on a du pot, ça peut s'arrêter là. Y'a pas encore de règles sanitaires strictes, sauf les messages de l'OMS, (consignes d'hygiène élémentaires, comment se laver les mains, comment éternuer, comment tousser, comment se moucher...)
- Dis Laurent, le petit camion nous attend devant la porte... On s'évade quelques jours ?
Grand soleil. Ça sent rudement bon dans l'habitacle. Avant  l'hive, j'ai probablement aspergé les rideaux avec de la vanille ... Je peux pas m'en empêcher, je suis accro à ce parfum. C'est en chantant que je rapatrie à bord tout le linge utile. Si l'espace était plus vaste, je danserais. Je ferais valser torchons et serviettes qui tomberaient parfaitement empilés dans les équipets

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Presque midi. Nous voilà échappés. Ah le sympathique ronronnement du petit camion. Pour une fois, la maison n'a pas couiné au moment d'activer l'alarme. Si ça se trouve, la sirène est en panne. Honnêtement, je m'en fiche complètement. Et je crois bien que Laurent aussi, car il s'est à peine gratté le front avant de mettre le contact. Et moi, souveraine en ce monde minuscule, je m'installe, le museau proche du pare-brise, les fesses décollées du siège. J'ai envie de prendre la route en plein museau... Bon vous affolez pas. C'est juste le temps d'amorcer la descente de la colline et je me cale à bord. Position Matayou, mon assise yogi perso, les bras en appui sur les accoudoirs... Le dos bien calé au fond du siège; vue est imprenable.

Nous jasons Laurent et moi... de n'importe quoi, pour le plaisir de communiquer... Même pas de notre destination puisqu'on ne sait pas précisément où on va dormir ce soir. Un petit vent de liberté murmure à mes oreilles. Je rêve de navigation. Le cap global au compas du bord ce serait le mont Ventoux...  Mais au compas comme vous savez, on tire des bords. Et Laurent toujours en phase avec moi, commence à se perdre à Salon de Provence. On tournicote dans la ville, vous l'avez compris, on tire des bords carrés. Saturés de hasard, on finit par suivre les flèches autoroute-cavaillon.

Après c'est toujours tout droit. Jusqu'à Malaucène. Le temps de traîner sur un vaste marché de producteurs locaux, boire notre premier café des vacances au soleil en terrasse "bar du marché"... On zone dans la ville, on monte au belvédère. Une bien jolie pause que Malaucène nous offre.

malaucene malaucene belv mal

Nous voici à Bédouin et affamés. Pique nique champêtre avec les dentelles de Montmirail en sentinelles dans la brume de beau temps.  Le village de Bédoin dispose d'une multitude de parkings, tous vides en ce moment, réservés aux voitures de tourisme. Je n'ose pas imaginer les queues et l'affluence d'été. Pour les camping-cars, face au camping, il y a une aire autorisée, payante par borne. Il y a aussi immense parking dédié avec services à  la sortie de la ville. Celui-là est gratuit, sur macacam. Le camping sauvage n'est pas toléré. Nous choisirons pour la nuit notre formule favorite, chez l'exploitant, Le domaine Les Vaudrans Ste colombe. C'est un chouette espace aménagé sous les arbres, herbe tondue de peu, cinq beaux espaces matérialisés par tables et bancs "pique-nique". Nous y sommes seuls avec les chants d'oiseaux. Une ambiance champêtre comme je les aime. Un sympathique paysan nous accueille, qui fait du vin et du miel de lavande... Notre avitaillement de base s'enrichit. Bédouin est un magnifique village (y'a que l'églilse qui est un peu lourdaude et massive). Nous avons aimé nous perdre dans les venelles empierrées. Quelquefois ardues à monter. Bédouin, nous y reviendrons.

bedoin

MERCREDI 11 MARS 2020

Nous prendrons la route du Mont Ventoux, partiellement fermée. On se gare devant le chalet Reynard, d'une absolue mocheté. Le GR empierré monte derrière vers le sommet. Le vent souffle avec violence. C'est un monde de roches et le crâne pelé du Ventoux est tragique dans ce monde hostile. 1/2 heure de crapahutage en se tordant les pieds dans les caillasses... et ce maudit vent qui nous transperce. Laurent est un peu à la traîne.
- Laurent, ça va...

- Bof, tu trouves ça chouette ?
- Non, et pas agréable en plus. On redescend ?
- Si tu veux...
Le message est clair. On est en bas en quelques enjambées, où le désert du chalet nous accueille. Retour vers Bédoin-Malaucène. Puis cap vers Beaumes de Venise. Là, on a nos entrées. Le domaine Bouletin vraiment bien équipé nous attend. Toute cette route est dédiée au tour de France, de vastes espaces sont aménagés sur les bas-côtés, je crois bien que ça me tenterait de venir y poser nos roues pour quelques jours, cet été, si les champions passent par là. Laurent ne partage pas mon engouement. Bof, pas grave, on fera autre chose.

ventoux

A proximité du col de la Madeleine 448 mètres les chênes verts sont taillés en bonzais, et bordent des précipices quelque peu inquiétants. Quelquefois, la route se referme sur des puits de rochers, j'aime nous engouffrer dans ces ravines profondes.

Nous retrouvons le domaine Bouletin avec enthousiasme. Nous sommes surpris d'y trouver déjà trois autres camping-cars. Deux viennent de Belgique, le troisième de Montpellier. Que des bonnes gens. Prétexte le soir à une dégustation quasi festive. Encore quelques bouteilles pour notre avitaillement de bases...

rte montagne

JEUDI 12 MARS 2020- cas recensés en France : 2876
- en PACA : 151
- dans les Bouches du Rhone : 67
- dans le Vaucluse : 4

C'est comme si notre espace de vacanciers étaient isolés du monde. Nos voisins sont souriants et décontractés. On ne s'évite pas, on se communique les bons plans. Laurent et moi optons pour un départ découverte du plateau des Courens.

courens Au départ du domaine viticole c'est un vrai plaisir de se lancer dans les collines qui dominent Beaumes de Venise. Des terrasses maraîchères ou viticoles s'offrent au soleil et c'est dans une ambiance très printanière que nous partons à l'assaut de ce sentier. La piste confortable monte à travers une belle forêt méditerranéenne. En hauteur la vue se dégage et nous offre la ville sous toutes les coutures. La descente par l'autre versant est plus acrobatique. C'est un chemin de ravine creusé directement dans la roche, des pas hasardeux. C'est pas terrible pour mon dos, mais j'adore cette descente. courens

SAMEDI 14 MARS  2020- cas recensés en France : 4500
- en PACA : 279
- dans les Bouches du Rhone : 131

Le danger se rapproche, le virus est entrain de prendre le dessus. Faut peut-être pas traîner dehors. Nous écourterons nos vacances. Décision immédiate. Nous serons chez nous en fin de matinée. Juste le temps de faire quelques courses... et de se rapatrier à la maison, sans passer par la case Olivier, dont nous frôlerons quasiment la maison. Guère de regrets, à cette heure, ils sont tous au boutot scolaires ou professionnels.

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VENDREDI 20 MARS 2020- cas recensés en France : 10995
Il y a maintenant une semaine que nous sommes rentrés. Le coronavirus fait des ravages. Tout le monde s'accorde à dire que le pire est à venir. Nous avons bien entendu suivi les interventions de nos chefs d'état. En conséquence, nous avons organisé notre vie à l'intérieur de notre monde qui se résume aujourdh'ui à deux personnes.

J'aime bien cet isolement obligé. Seuls à bord. Comme sur Lune de Miel, c'est aussi une occasion inespérée de retrouver notre mode de vie simplifiée, au jour le jour, comme d'une traversée transatlantique. C'est l'occasion rêvée de se débarrasser de toutes les contraintes superflues. C'est l'occasion rêvée de ne faire que ce que nous avons envie de faire. Comme sur Lune de Miel, je concocte avec trois fois rien, des pâtes, du riz, des pommes de terre pour en faire des mets de luxe. Comme sur Lune de Miel, nous reprenons l'habitude de faire notre pain. Comme sur Lune de Miel nous disposons de l'essentiel et nous nous passerons avec légèreté de tout le reste. Nous sommes moins actifs que sur le voilier, c'est vrai, mais il y a le jardin qui nous attend avec un sympathique programme d'entretien (physique pour nous, esthétique pour lui). J'ai aussi sous la main, et c'est une aubaine, la gym d'entretien à laquelle Annette m'a initiée. Comme sur le voilier, notre destination reste hasardeuse... les délais imprécis.

Ce qu'il y a de mieux sur terre, c'est vous. Où que vous soyez, nous ne sommes pas loin de vous. Nos pensées voyagent et se rencontrent. Elles s'en moquent du virus. On n'est jamais aussi seuls qu'on croit.

A vous toutes et à vous tous, cordialement. La main droite sur le coeur.

 

 

 

 

 

 

2019 - ESPAGNE- CC - Catalogne et Aragon

Por el camino....

PANO TITRE

Espagne 1- depart CC par Cap Creus

pano port vendre

Jeudi 17/10/19
Quelques reports de dates dus à l'organisation de la vente de l'appart Barri-Velaux, mais voilà, nous y sommes. La vente de l’appart attendra.... Le petit camion est prêt à démarrer, toutes les issues de la maison sont bloquées et protégées… pas de klaxon intempestif. Le pilote est au volant. J’ai encore les clés de la maison dans la main. Départ immédiat.
- T'as bien fermé partout Laurent, je peux ranger les clés ?
- Oui, je crois.
- Tu crois ou t'es sûr ?
Laurent se gratte le front de la main gauche, la droite sur la clé de contact. Il réfléchit. Patientons. Je vois passer dans ses yeux les innombrables issues de notre minuscule maison. Il ouvre sa portière, se tourne vers moi avec un sourire confondant.
- Chère passagère, un retard imprévu de quelques minutes est annoncé sur votre ligne de départ...
- Oh non, j’y crois pas !
- T’inquiète pas. Je crois que j'ai oublié la grille arrière du hangar… Juste le temps de vérifier.
Je lui tends les clés de la maison avec un soupir.
- Vaut mieux t'en assurer, y'a tout le matos jardinage et bricolage. Et puis, imagine qu’on te vole l'établi de grand papa… ou les incroyables boites rouillées ou se morfondent tes milliers de vis, boulons et autres écrous...
Il me laisse pas le temps de déblatérer davantage. Il est déjà dans le jardin.
Je réfléchis à ce que je peux avoir oublié moi aussi, puisque j'ai quelques secondes de répit…

Des coups sourds, lents mais puissants, me tirent de mes réflexions.depart
- Mais qu'est-ce qu'il fait ?
Je me précipite à l'arrière du hangar. Vous savez, là où il a installé son abri à bois tout en verre et dont nous sommes si fiers… Il semble d'ailleurs que nous soyons les seuls à trouver cette installation esthétique…  Laurent a monté une jolie pile de buches le long du mur, contre lequel doit passer la grille pour se fermer… Mais le mur n'est pas aussi rectiligne que nous le voyons, et la grille bute dans l'un et l'autre des bois qui dépasse et Laurent à grands coups de buche enfonce les obstacles… C'est sans fin, y'a toujours un bout de bois qui « proémine »…
Comme d’hab, nous sommes presque partis.

1ère nuitée : N 43.72458 E.4.42057 Oliveraie JeanJean à Saint Gilles.
Accueil sympathique au coeur de la Camargue. Par la N113 on longe des km de marais pas un seul oiseau à l'horizon, ni dans la boue. Nous entrons dans l'Oliveraie qui sera notre aire pour la nuit. L'impressionnant  portail digne d'un château, ferme à 18h pour rouvrir à 9h le lendemain. Nous voici consignés à résidence. Une promenade tardive à travers les oliviers dans l'immenses propriété nous donne un singulier sentiment de liberté. Une nuit peuplée de sons étranges, piétinements autour du petite camion, ronflements, grondements. Un sanglier prisonnier des oliviers, passera la nuit dans notre voisinage.
Au matin, nous ferons provisions d'une huile bio exceptionnelle en saveur. (23€ le litre, info pour Danièle T)

Vendredi 18/10/19 L'Ille sur Têt.
Pause improvisée dans le jardin sauvage et magnifique de notre amie Marie Hélène. Je m'émerveillerai toujours de ces retrouvailles que les hasard de la route nous offrent. Des années que nous n'avions quasi pas communiqué toutes les deux. Mais le contact se rétablit instantanément au premier regard. Telles sont nos amitiés. Le temps n'a pas de prise sur nous… La soirée avec les enfants et petits enfants nous plongent dans un univers familial que nous adorons. Merci Marie-Hélène.

Samedi 19/10/19 Port Vendre.
Faut que j'vous dise. Je tenais beaucoup à cette pause. Port vendre, qui fut quelquefois notre abri rassurant et merveilleux lors de nos traversées Baléares avec Abaca. Je retrouve cette belle petite ville estivale fidèle à mon souvenir. Les quais sont quasi déserts et les boutiques vides de clients. Rien à voir avec la folie touristique du plein été. Un yacht en panne se fait remorquer le long des quais mais le vent par bourrasques irrégulières le rabat sur un bateau de pêche amarré. Empêtrement de coques et de cordages, agitation sur le yacht du pilote seul à bord qui ne sait où donner du cordage. Cris dans le remorqueur SNCM. Défenses qui valdinguent sur le pont, y'a pas moyen que le vent les laisse se coincer entre les bords des deux navires amarrés.
- Finalement, c'est plus relaxe à terre tu crois pas ?
- Si sûrement, mais c'est plus monotone…
- Peut-être que ça ne nous plaît pas tant que ça, l'aventure en mer.
C'est donc décidé officiellement, nous tirons un trait -définitif- sur l'idée de navigation autonome.

port vendreLe museau au ras du bitume, le petit camion a trouvé où se poser, juste au dessus du port; une aire de camping formidable, quasi déserte avec de beaux emplacements au départ du sentier qui mène au cap Béart.  Petite rando qui nous enchantera. Ce cap a été pour nous un passage redoutable avant celui du cap Creus du temps de notre virée vers l'Atlantique avec Lune de Miel.
Pique nique à l'abri des rochers, sous l'oeil fort intéressé des oiseaux côtiers.
Depuis quelques minutes Laurent s'agite, gesticule, émet des sons étranges, la bouche en cul  de poule (si j'ose dire)

- Tu vois, je communique avec les goelands maintenant ?
- Vraiment ?
- Regarde, j'ouvre les bras, celui-là devant, il va ouvrir les ailes.
Laurent toujours assis, le sandwiche dans sa main, le tend joyeusement vers le ciel en couinant…  ce qui devrait être un appel à un ami ailé.
- Et ça marche, mieux que prévu... vraiment je me marre !
Trois oiseaux fondent sur sa main. Il a le réflexe de balancer aussi sec quelques miettes loin devant lui. Ce qui déroute les prédateurs de sandwiches. Ouf !
Je me dis que Laurent semble avoir un compte à régler avec les oiseaux de mer. Pas vous ?

Un gros nuage noir fonce dans le ciel, le vent forcit en passant à l'ouest. Une pluie fine brouille le paysage. Le temps de nous dépêtrer de nos légers ponchos de poche, et hop, descente vertigineuse sur les pointes de nos grolles. et moi je rigole toujours, mais pas autant que la pluie torrentielle sur notre sentier.

phare beart

port venfdre

Du 21 au 24 octobre 2019-Banuyls
Tempête générale annoncée et particulièrement redoutable dans notre secteur. Nous décidons de nous installer au camping municipal de Banuyls (16,00 € la nuit TTC) particulièrement protégé. Nous choisissons une terrasse en hauteur, histoire de voir passer les torrents de pluie sans être inondés. Trois jours de lecture et farniente, musique et mots croisés. Le filet d'eau que Laurent s'est amusé à creuser à l'arrière du petit camion se tranforme rapidement en torrent… mais devant la porte, on a les pieds au sec quand on pointe le nez sous l'averse. La nuit ça tembourine sur le toit. Une dégringolade de grêle fond sur notre petite habitation. Des sons plus sourds que sur la coque alu de Lune de Miel, mais comparables cependant. D'autant plus que par moment des rafales de vent nous balancent par le travers. J'adore. Ça te rappelle quelque chose Dorine ?

Vendredi 25/10/19
Nous souhaitons faire une pause à Cadaques. L'idée de retrouver des souvenirs de mouillage heureux, encore du temps d'Abaca. En particuliers avec notre ami Roger. Lorsqu'on arrive par la mer, on n'imagine pas que la terre est à ce point fermée. Pas un seul espace pour y ranger le petit camion. Ne venez surtout pas vous perdre dans des sens interdits et des interdicitons de stationnements pour CC qui nous contrarient grandement. Mais l'enthousiame revient à bord lorsque nous traversons le parc natuel magnifique de Cap Cerbères. Des pins maritimes, des chênes verts, toute végétation qui nous est familière. Ici elle est opulente et d'un vert profond qui me fascine. Nous sommes entourés de hauts sommets qui  plongent vers la mer. C'est vertigineux. Qelle route sympathique.
Nous ferons une pause à Figueres avec l'idée de visiter le musée Dali. Mais la foule qui se presse à l'entrée nous décourage et puis la ville nous déçoit. Hors le centre touristique du musée, petite placette accueillante et chicos, nous passons un tas de rues transversales plutôt miteuses, qui ne donnent absolument pas envie de s'attarder. Et puis la peinture, c'est pas notre Dada comme pourrait penser l'illustre Salvador.

Nous voici de plein pied en Catalogne espagnole. Les revendications autonomistes fleurissent sur le moindre mur. Pas de doute, ici on s'active et on affiche ses tendances politiques, mais en douceur. Partout les catalans vaquent tranquillement à leurs occupations, boutiquiers, paysans, artisans. Pas d'agitation dans les rues, pas de blocages dans les carrefours, ni sur nos petites départementales. Nous traversons des villages paisibles et magnifiques. Les banderolles et affiches aux couleurs du pays catalan donnent à la moindre campagne un air festif très réussi. La Catalogne a dressé son grand pavois.

 

peralada
Mon seul problème c'est pour communiquer. Des mots en xr, xt, xn... et des i-grecs à tire larigot. Je n'y retrouve pas mon latin. En plus Je m'exprime fort maladroitement en espagnol. Je sens bien que mes interlocuteurs font un effort pour me comprendre, et répètent après moi des expressions approximatives de ce que je voulais dire... On finit toujours par se comprendre.

La ville de Peradala nous offrira de chouettes déambulations dans un monde médiéval presque authentique.
Mais c'est à Besalu que nous décidons de nous installer pour du tourisme plus profond. Le village est vraiment chouette et nous aimons nous perdre dans ces ruelles aux murs de roches sombres. La manière de réhabiliter ces vieux murs peut paraître discutable…. Mais nous, on aime bien.

Samedi 26 /dimanche 27 novembre.
La vallée du Ter, nous retiendra pour cette fin de semaine. Encore un bel abri, plein soleil, au pied du pond médiéval… Mais là faut que j'vous laisse, Laurent vient de sortir les vélos du coffre et piétine avec impatience...

chaises
pont

 

Espagne 2-Catalogne- Besalu CC

pont pano besalu

Vendredi 25 octobre 2015. BESALU (canton de Gerone)

Un beau périple en tirant des bords un coup tribord, un coup babord le long de la Fluvia... entre des falaises abruptes et gigantesques. Et la belle pause que voilà. Le petit camion est posé dans un espace dédié sympathique pour quelques embarcations à roues, quasi désert... Le paradis avec les envolées de cloches tous les quarts d'heure; Magnifique. Besalu est une petite ville en bascule entre modernité et monde médiéval. Comme beaucoup de cités que nous avons traversées jusqu'à maintenant. Visite en quelques images.

besalu

besalu

 

 

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BESALUBESALUBESALU

 

Espagne 3- Catalogne- San Joan les Abassedes

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Dimanche 27 octobre 2019 - SAN JOAN LES ABASSEDES

Nous avons encore tiré des bords considérables d'une rive à l'autre du "Ter", magnifique rivière qui nous amène jusqu'à cette sympathique ville ancienne avec un pont qui date du Vème sicèle, souvent modifié, démoli, retapé mais toujours avec son allure médiévale... Nous sommes installés juste au dessus à deux pas du pont piétons, tout en pierres qui enjambe le Ter. La vue de nuit est magnifique.

La piste verte qui est à quelques pas de notre campement longe le Ter. Une virée vélo s'impose en cette belle journée dominicale. Nous partageons la piste avec les piétons. Il est à peine 11 heures et les familles déambulent dans tous les sens, par groupes bien étalés et peu enclins à nous céder le passage. J'ai jamais autant utilisé une sonnette d'alarme. Quelquefois nous croisons une autre piste. Les panneaux nous recommandent de ralentir avec prudence. Pas de problèmes, je négocie tout ça en chantonnant. la vie est belle en Espagne.

le TerLaurent caracole joyeusement largement en avant. Je le vois qui slalome entre deux barrières en chicane au prochain croisement de pistes. Peut-être que je devrais poser pieds par terre... non ? Y'a du monde qui me regarde et je vais avoir l'air de quoi à me pavaner sur ma selle et passer le croisement en poussant le guidon comme une petite vieille qui a peur des feux en ville. C'est dit, je me lance fièrement avec un "holà", joyeux à un couple qui me croise en souriant. J'ai repéré la barrière de droite, je m'applique donc à l'éviter. Et puis je sais pas trop ce qui se passe, une ornière traitresse, la barrière de gauche trop proche, la trouille que j'ai de rater mon passage... Un peu de flou dans ma visée... Enfin un peu tout ça je suppose. Je me retrovue avec la roue avant qui ripe sur le panneau en bois.  Je me rétablis un peu au hasard des caillasses qui encombrent le bas-côté. Mais qu'est ce que je fous là. La pédale est coincée entre un poteau et ma jambe droite... Crotte, zut, flute... ! Ça me fait geindre si je bouge le vélo.... Donc je n'arrête pas de geindre, mais je m'extirpe de ce piège... (ouf personne en vue pour se foutre de moi, c'est un miracle)

Je redresse la bonne femme et le vélo, et je me relance à coups de pédaliers hasardeux... en grimaçant pour pas couiner trop fort. Je suis de nouveau en selle lorsque je croise les premiers piétons, et que j'arrive à Laurent appuyé contre un pont de bois. Il doit guetter une éventuelle truite au fond de l'eau. Il se retourne vers moi très confiant. Parfaitement ignorant des affres que je viens de traverser. Faut dire que j'affiche maintenant un grand sourire un peu raide, Laurent semble s'en rendre compte.
- Ça va ?
- Au top, sauf que je me suis payée la barrière tout à l'heure. (avec juste ce qu'il faut de négligence dans le ton...)
Il garde l'air sérieux mais je l'entends rire dans sa tête.
- On peut faire demi-tour si tu t'es blessée.
- Non, on y va ?
Mon héroïsme m'épate. Au moment de repartir Laurent me lance négligemment
- T'as vu, y'avait un panneau stop à la barrière et un avertissement disant qu'on doit passer à pied. C'est pour ça, les chicanes elles se rejoignent au milieu, c'est pas évident de passer en roulant.
-... ?

Ce qui est fort génial, c'est qu'au retour après notre pique-nique vers 14h30, tous les hispaniques sont à table conformément à leur mode de vie. A mon avis, ils n'ont pas encore négocié l'apéro. Et nous, on a  la voie verte pour nous tout seuls pendant 12 kilomètres. Un rêve ! Faut que je précise pour ceux qui savent pas, mais nos vélos sont "assistés" je négocie les pentes et les côtes sans l'ombre d'un essoufflement. Ça c'est bonnard ! Et ça explique aussi, que je rechigne pas à ce cyclisme nouvelle formule.

Après une excellente douche à bord du petit camion, quelques soins simplissimes. Cachons ma cheville qui est franchement pas belle. Bien égratignée avec un vilain bleu qui s'y étale voluptueusement. Ça lui passera. Oublions ces broutilles pour le moment. En route pour la visite de la ville.

san joan san joan
san joan san joan

Et SEU D'URGELL

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seu d'urg  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                               

 

Espagne 4 - Comme une vache espagnole

pano vache

 Nous avions prévu un périple entre Andalousie, Grenade... voire le Portugal. Nous étions si peu fixés... Alors on a laissé le petit camion suivre son chemin... qui nous a mené jusqu'en Aragon.

C'est dans le Val d'Aran, que la vraie rencontre a eu lieu. De jolis prés dominés par les sommets enneigés et bordés de falaises abruptes où court la Garonne, torrent impétueux vachesaussi jeune que limpide et cristallin; Et gardiennes tranquilles de ce monde enchanteur des vaches....

Mais quelles vaches. Une silouhette aérienne sur des pattes longues, fines et robustes. Une robe brune à reflets gris. Brillance délicate de l'argent. Un museau tout en finesse ourlé de blanc et de grands yeux sombres légèrement obliques; Quelle classe !

J'entends dans ma tête, une Noiraude, qui sommeille toujours en moi; mais qui fulmine pour le moment.
- Non mais, vous les avez bien regardées vos vaches. Aucune personnalité dans le fessier, aucun rebondi sur le ventre, et des mamelles affligeantes...
- Jalouse va !

- Elles sont mêmes pas laitières vos top-modèles... Trop nulles...
- Tais-toi donc, admire, ces mèches duveteuses qui retombent sur leurs petites oreilles roses... On s'y frotterait. Comme ça doit être doux et chaud, et accueillant...
- pfuiit ...!
C'est ainsi que, ensorcelés par l'élégance d'une vache, nous avons fait route vers le nord de l'Espagne et que nous y sommes restés.

Hé ou i ! ...

macaron vache

 

Espagne 5 - Aragon Huesca-Ainsa

pano huesca

NOVEMBRE 2019 -

Quand on parle de l'Espagne et du tourisme que nous envisageons de pratiquer, nous évoquons toujours les villes du Sud, ou les charmes de Séville, ou les monuments et musées de madrid, ou Barcelone... C'est en quelque sorte incontournable. Nous n'avons pas visité tout cela, Laurent et moi...  juste un peu, il y a longtemps. Chaque lieu en son temps.

Notre petit camion nous inspire d'autres routes. Vous savez les chemins de traverse, par ces routes mineures qui débouchent sur nulle part... Justement là, où notre petite camion aime reposer ses pneus. C'est ainsi que par courtes étapes (-60-80 km) nous cheminons émerveillés et presque seuls au monde dans ce beau pays d'Aragon... Ici enfin on parle espagnol. Mon langage reste hasardeux mais je m'amuse follement à engager la conversation avec n'importe qui, dont je croise le regard... Je comprends vraiment bien le langage usuel et c'est déjà un exercice formidable. Des fois, mon interlocuteur a le même regard que Maria, complètement déconcerté, quand je me lance dans une phrase biscornue qui n'a de sens que pour moi.... Oh là, là, je pense souvent à toi Maria... "Venga ya !"

aragon 1

On quitte la Catalogne à travers d'immenses plateaux, zone agricole à 300 mètres d'altitude. Puis les zones se transforment en plantations fruitières. Peu d'oliviers cependant. D'un coup le paysage se transforme, la terre devient nue, peuplée des sentinelles sculptées dans la pierre. C'est un monde minéral. Nous pique-niquons au pied de l'immense citadelle de Monzon. Au lointain d'autres ruines endormies et secrètes. Nous nous y attarderons pour respirer cette ambiance surnatuelle et nous en repaître.

fort 1Monzon

 

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Monte-aragon

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roche 3 roche 1 roche 2

Le petit camion ne faiblira pas en serpentant à travers le haut pays d'Aragon. Magnifique parc national d'Ordessa. Le pilote nous offrira de belles pauses, grandioses panoramas de forêts, de plateaux avec en toile de fond les sommets enneigés du Mont Perdu ( +de 3000 m). Allons y en quelques images...

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Mais on ne peut pas visiter l'Aragon sans faire pause rustique à Huesca.... où se frôlent ruines et habitat... et sa belle cathédrale.

huesca 1 huesca cath huesca v

Et puis avant de redescendre vers la France, hommage à Ainsa, capitale du Haut Aragon... si belle, si rustique et si élégante. Au sortit d'Ainsa nous débouchons dans des forêts rouges et or, scintillantes d'humidité. Puis un éblouissement de falaises sous le soleil. Nous montons à quelques 1400 m mètres d'altitude, une petite route où on croise peu de monde mais surtout des lacets qui s'emberlificotent. On monte et puis on redescend, et puis on remonte. Col des Fadas, Col de l'Espina... etc Dans le lointain des villages perdus avec leur clocher carré, ou des gorges abruptes aux fonds vertigineux... La neige n'est pas loin. Nous mettrons 4h sur cette route pour faire 60 km. Ainsi va notre petit camion, piloté par un Laurent exceptionnel.

ainsa ainsa AINSA
ainsa ainsa ainsa

Nous retrouverons la Garonne, à LES, juste avant la frontière. Les Pyrénées de la France nous réserve aussi des villages incroyables. Mais nous y retournerons et je vous en reparlerai.

Cap sur Velaux,

La Loire a grandi

 

LES

 

2018 EUROPE DU NORD-CC

cliquez sur le lien pour accéder aux différentes étapes de notre expédition.

01-06-08 de Velaux à Colmar-Markoholsheim

vendredi 1er juin 018.

Ouh, presque midi, enfin prêts ;  nous voilà engagés dans un contrat vacances en CDI ; ça nous fait tout drôle.

Cap vers le nord mais par des chemins de traverse. L'autoroute vers Lyon; ce serait trop facile... Laurent et moi, on adore la route Napoléon. Pourquoi s'en priver ? Petite pensée pour Alex et Olivier en traversant Manosque. C'est le printemps de Provence. La lavande commence à illuminer les champs. Les rouges, blancs, roses des lauriers débordent sur la chaussée. Il neige des fleurs de peupliers... J'ai l'âme en vadrouille. Sauf que... Une question insidieuse me turlupine. Ami Cyrill'ost, combien de temps je vais me cramponner à mes accoudoirs pour amortir les secouages de route. Aie mon dos, au secours ! (oh les enfants, je mets 2 C à accoudoir hein ?)

A l'entrée du village de Mison (04), nous trouvons un superbe parking, idéalement tranquille.Forcément, il est face au cimetière. La vue sur le village et les ruines du chateau médiéval qui domine est remarquable. Nous y passerons une nuit magnifique.

Mison

Totale harmonie dans notre esprit de vagabondage. Nous arriverons dans le Jura par Grenoble. La N85 nous mène gentiment à Cousance (39) . Un parking tranquille devant le presbytère au pied de l'église. C'est dimanche l'église est ouverte. Une petite ballade en campagne. Nous échangeons un regard prometteur : chiche !

Le temps de repasser au camion, celui de récupérer une ou deux partoches et la flûte traversière. Zut, le bedau ne nous a pas attendus et vient de fermer l'église. Vexés on s'installe pour un petit tour de flûte en plein air, sur la seule marche de l'église. A l'intérieur, c'est mieux, l'acoustique particulier dans la pierre, entre les colonnes et la profondeur de l'espace permet une profondeur de son remarquable. Et la flûte dans cet environnement chante magnifiquement. On croirait de l'orgue mais en beaucoup plus délicat.

Mais dehors, Ravel ou Satie ou  l'Ave Maria de Gounod, ça va fichtrement bien dans le paysage. Total bonheur.

 

Ensuite Je ne sais plus trop pourquoi ni comment, les impros de notre route nous annoncent Le Thillot. Nous sommes donc si près de Ramber ? Si ma soeur savait ça ! Donc je lui téléphone et top-là pour une pause dans son jardin. Soirée intime et inespérée avec Thérèse et Michel. La première excellente suprise que nous n'avions pas imagninée. A vrai dire, nous n'avons pas imaginé grand 'chose donc nous n'avons pas grand mérite d'être surpris.

Grandement étonnés aussi tous les deux  par la neige et les routes inondées au niveau d'Aydoilles. On passe à travers des prés luisants dans lesquels les chevaux broutent, les genoux sous l'eau. Les vaches sont planquées ou rangées à l'étable. Un cheval ça nage mais une vache ?

 

 

Mercredi 6 juin 2018.

Nous entrons en Allemagne au niveau de Markholsheim.  C'est un peu étrange de longer l'Alsace du sud vers le nord de l'autre coté du Rhin. Nous prendons la A5, cap Karlsruhe. Quelle déception. D'accord, les autoroutes sont toutes gratuites de ce côté-ci du Rhin et innombrables. Ben nous on trouve pas ça terrible. On en sort rapidement. D'abord, la qualité de la chaussée est déplorable. Des immenses dalles de béton pas recouvertes. On roule sur les rail des mines du diable, blong, blong, blong.... Une horreur pour mon dos. Ensuite, travaux et accidents alternent et les ralentissements sont réguliers. Un vrai bouchon (quasi arrêt) peut durer 20 km. Pire qu'une panne de vent en mer. Et puis, les poids lourds sont légions et gâchent les paysages. A part ça, de larges portions sans limite de vitesse donc sans radar, ça c'est plutôt bien.  Laurent, pilote très modéré, s'en fiche complètement. Allure tranquille au portant. D'une extrême courtoisie, Laurent reste à sa place et cède le passage à quiconque le suit. Il déteste être poursuivi.

Pfuiiiiiiiiiiiii.......t, à peine le temps de le voir passer, c'est un qui déboule sur la voie de gauche et disparait aussi vite qu'il est passé. Il nous a même pas vus.

PfuiIIt, pfuit, pfuit... tnut, tnut,  c'est celui qui nous dépasse et fait merci en passant. (enfin ça c'est surtout sur les nationales ou départementales)

.../...

06/06/18 de Markolsheim à Hamburg

Mercedi 6 juin 2018..Weiheim - Allemagne.

Plus nous pénétrons dans l'Allemagne, plus la verdure est dominante. Les forêts sont immenses et impénétrables. Pas mal de cultures aussi (céréales et pommes de terre). Pas de vignobles. Peu d'élevages. La Noiraude n'y trouverait pas de cousinage. 

Vers 13h00 nous repérons à Weiheim, un CC parking à l'entrée d'une immense volière dans un quartier très chic bordé d'une belle forêt. On y est tout seul. Trop bon ! Nous entrons dans un monde local incontournable. Partout où nous nous posons, de préférence en milieu de forêt, nous sommes tenus éveillés par du ramage nocturne... qui se transforme le matin en ramage diurne.. ceci vaut bien une flûte sans doute !

La visite de la volière est gratuite, profitons en pour nous y attarder.

jeudi 07/06/18 - N 51°31'16.31 - E 09°55'50.73

Il faut que je trouve une solution pour mon dos que rien ne soulage. Je décide d'adopter la posture Matouyou. (Cherchez pas dans un manuel de yoga, ça n'existe pas) c'est juste en référence à une grande reine de l'Egypte ancienne, épouse du pharaon Séti 1er. Elle trône parfaitement verticale les bras en appui sur ses accoudoirs depuis des millénaires à Karnak... Alors je m'inspire des anciens qui en savait plus que nous dans bien des domaines et je copie.Vous m'imaginez royalement posée sur mon trône camion, façon Matouyou, les pieds à plat, parfaitement dans le prolongement du dos. Rien que d'y penser, je me sens déjà mieux. Vue camion, c'est à dire panoramique. Les routes nationales ou départementales sont presque lisses, les villages magnifiques. Dans les sous-bois, la lumière est rosée. Les sapinières sont chauves depuis la base jusqu'à mi-tronc. L'écorce à vif donne l'impression de saigner. Etrange et un peu angoissant. Une excellente navigation en cours.

Gôttingen est une ville superbe, à la fois vaste et tranquille. Je m'y plairais à coup sûr si je devais y vivre. Pas de rues piétonnes, mais ce n'est pas la peine. La plupart des citadins circulent en bicyclettes et les parkings des vélos sont bien plus encombrés que ceux ces voitures. Nous aimons d'emblée cette ville, un peu gothique avec de belles maisons à colombages, des boutiques riches et colorées. A 11h, un concert de cloches nous déroute de notre circuit pédestre. Pas de clocher en vue. Hé non les cloches tintent le long d'une façade d'immeuble. Un lied de Shubert, rien que ça, avec ce qu'll faut de justesse pour qu'on le reconnaisse et ce qu'il faut d'à peu près pour le son de cloche. Scotchés sur un muret nous avons adoré. Ce qui nous a surpris c'est que les piétons et vélos ont continué de déambuler autour de nous, comme s'ils étaient sourds.

cloches gottingen

Les avenues sont bordées d'immmenses tilleuls dont le gigantisme nous émerveille. Notre petit camion dans un tel espace est un séjour enchanteur. Et toujours le ramage... Une autre étape dans une ferme nous offrira les mêmes petits bonheurs. Et tout ça j'ai oublié de vous le dire, sous une météo de plein été. On s'en fout, on est toujours à l'ombre.

Samedi 09/06/2018 N 53°34'03.00-E 10°01'38.64

Nous voilà à Hamburg. Mégapole de presque deux millions d'habitants. On arrive du sud à travers la zone portuaire. Coucou José. Ici, C'est le royaume de CMA-CGM qui rivalise avec China maritima. Ben dis-donc ! Bon la mégalo-pôle c'est pas notre truc. On prendra le métro pour un bain de vie citadine. On ira admirer la magnifique Rathaus et les berges nautiques qui sillonnent la périphérie. Mais nous serons heureux de retrouver notre petit camion au pied de l'église Sainte Gertrude... impasse au calme relatif à deux pas du métro, mais en bord de rivière et sous les arbres.

Dimanche matin, 9h, on décolle sous une envolée de cloches dominicales de St Gertrude... cap vers le Danemark.

hamburg rathaus

Allo, ami Cyrill'ost, J'ai plus mal au dos. Vive Matouyou. J'adope définitivement.

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11-06-18 Traversée Danemark -Suède

Lundi 11 juin 2018 à 13h50
Nous passons ce que nous supposons être une frontière. Y'a juste une grosse dame en habit vert au bord de la chaussée. Elle a des airs de la reine du jeu de cartes et je m'inquiète un peu. On ralentit. Elle nous fait signe de passer. Allez savoir pourquoi je respire plus librement.
 
Au Danemark, les autoroutes sont toujours gratuites et d'excellente qualité. Pas un seul radar ; peu de poids-lourds; ça c'est du savoir-vivre. Les aires de repos magnifiquement aménagées sont d'une propreté irréprochable, inox à tous les postes, cloisons comprises. En voilà des notions d'hygiène qui me comblent. Un rare confort de navigation.
 
HELSINSINDE - N 55° 22'23.15 ; E 09°36' 51.87
A 16h, nous arrivons sur un parking sauvage en plein champ, bord de mer, semi-sauvage... Impec. Lorsque nous sortons pour nous dérouiller les jambes et la tête, un gros lapin nous attend au bord du pré que nous devons longer pour aller sur la plage. Lorsque nous sommes à quelques mètres de lui, il s'éloigne en quelques bonds et se repose sur son arrière train en attendant qu'on se rapproche. Cet accueil du Danemark nous touche énormément.
La plage est déserte, bordée d'immenses arbres qui ressemblent à des hêtres.
danemark1 odense
Mardi 12 juin 2018 -ODENSE Les jours suivants nous traverserons d'immenses forêts, une campagne vallonnée et très agricole.Des éoliènnes isolées sont éparpillées dans les champs. Beaucoup de panneaux solaires. A Odense la pause s'impose. Nous ferons l'impasse sur le musée Handersen. Laurent et moi nous préférerons  flâner sur le marché . Nous déambulerons avec bonheur dans une ville très calme, rues couvertes de gros pavés. Heureusement peu de circulation hors les sempiternels vélos. C'est une ville peu fréquentée à ce moment de l'année. Mais où sont les 172 000 habitants ?
 
 N 55° 26' 30.83 ; E 10°25' 22.08 _ Stige dans le fjord de Odense est un petit port de plaisance. Les quais sont bordés de petits chalets colorés tout en bois façon cabanon,  mais les propriétaires rivalisent de soins et je serais bien embêtée pour en choisir un. L'espace qui nous accueille est en bord de mer, plage familiale et tranquille. Une étape de rêve.
Nous accédons à l'île de Copenhague par un immense pont absolument étonnant de 20 km de long. Magnifique et angoissant aussi.
- Et si on tombe, y'a pas de gilets de sauvetage dans le camion.
- T'inquiète pas, y'a des piliers, on trouvera bien à s'accrocher en attendant les secours.
Manque de pot, au milieu du pont, il devient suspendu. Un immense fleuve en dessous remue furieusement des eaux brunes. Je serre les fesses.
- Laurent y'a pu de piliers !
- Pas grave tu sais nager non ?
- Déconne pas, j'ai pas mon maillot de bain.
- On s'en fiche, 17° l'air, la baignade n'est pas aurorisée.
 
Nous traverserons Copenhague au rythme autoroute. Pas envie non plus de se tremper dans l'agitation d'une méga-pole... D'autant moins envie de s'arrêter que la circulation est fluide et confortable.
 
mercredi 13 juih 16h15 - 22° grand soleil.
A la sortie du pont qui relie le Danemark à la Suède une vraie frontière est matérialisée. A la sortie du pays, on nous ignore. Quelques mètres de plus, entrée en Suède. Une présentation rapide de nos papiers et même pas un regard dans le camion.
Entrée facile à Malmö. Nous dormirons sur la plage, la ville au nord, un magnifique petit port au sud. Magnifique.Nous voilà sur les traces de H.Mankell, quelle émotion.
 
flute laiodense 2
Jeudi 14 juin 2018. Nous traverserons Göteborg sans nous attarder, encore une ville portuaire trop moderne et trop agitée pour nous. La campagne suédoise est peuplée de régiments d'éoliennes. Elles ont beau afficher des dégradés de vert à la base et des dégradés de bleus clairs à gris vers le haut, elles envahissent l'espace. Le costume camouflage, c'est raté. Au nord de Goteborg, les forêts se vallonnent, des clochers pointus égaient les prés et les champs. Les espaces agricoles et sylvestres alternent. Nous nous sentons aspirés vers la Norvège.... 
Et nous y voilà,
Un joli policier habillé en vert forêt, d'immenses yeux bleus, et un large sourire  m'interroge en anglais.
- Où allez-vous en Norvège ?
 Comme je suis pas douée pour les langues germaniques, je simplifie.
- Je sais pas !
Il insiste, il veut absolument savoir où nous allons. Je réponds avec des mots que je connais.
- Je vais en vacances, quelque part, n'importe où...
Toujours très souriant, l'homme repose sa question à Laurent qui dit le premier truc qui lui passe par l'esprit.
- On va à Bergen.
Nouveau sourire vers moi,
- Votre mari va à Bergen mais vous vous ne savez pas où vous allez ?
Je me mets à rire 
- Normal, je vais là où va mon mari, "he's my pilote"
Le policier se met à rire lui aussi et demande à Laurent,
- Pourquoi Bergen ?
Et Laurent de lui "raconter" dans un anglais que je comprends, (le policier j'en suis pas certaine, mais il fait comme si et paraît même captivé)
- parce que nous sommes déjà allés à Bergen, il y a longtemps... et lui baraguine sa vie d'il y a 30 ans.
Faillot va ! L'homme sourit et nous fait signe de passer. Il ne nous a même pas demandé nos papiers.
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17-06-18 Fredercikstadt-Oslo

jeudi 14 juin 17h. N 59°11'15.35 ;E 11°11' 09.24
Pour notre première nuit en Norvège, Laurent se sent une âme d'aventurier. Il a trouvé sur son application gps préférée (Park 4 free),dédiée au CC, le parking de rêve. Promesse de total isolement. Le Gps nous envoie sur une piste macadam qui se transforme rapidement en piste tout court au milieu des nids de poules (dont certains gorgés d'eau dont la profondeur est difficile à estimer) et des caillasses. Il pleut des cordes, et ça tonne fort. Ambiance tempête. Quel raffut dans la cabine.
- Dis Laurent, t'es certain que c'est une bonne idée de continuer par là ?
- Pas le choix, je peux pas faire demi-tour.
A ce moment là, notre Gps embarqué annonce "accès non garanti" en même temps que se lève d'énormes rafales qui secouent les branches et griffent notre toiture. Je serre les fesses.
- Et l'annonce gps, ça va finir comment ? En sentier de rando ?
- On avisera, pour le moment y'a pas de problème.
Quand Laurent dit qu'il n'y a pas de problème je serais bien sotte de m'en créer. N'empêche que cette piste de forêt qui tournicote et nous chahute dans les ornières, j'aime pas du tout. Une bonne demi-heure de silence angoissé à bord. Laurent reste concentré sur son pare-brise qui devient opaque avec la pluie. Et puis, voilà un grand virage quasi à angle droit. La piste s'élargit, redevient humaine. Je pousse un cri.
- Oh là, là, que c'est chouette, j'adore.
Une belle route au bout de laquelle se dessine un petit port de plaisance. Les eaux sont grises et de gros creux agitent les moutons qui festonnent la surface. Le ciel est noir de tout noir. C'est saisissant. En même temps j'en mène pas large. Où serons-nous à l'abri ? Laurent se gare face au quai, face à la mer, sous des rafales de vent annoncée 8/9. Je vous garantis que nous si nous profitons d'un spectacle grandiose, on profite aussi d'un joyeux roulis à bord.  Et ça me plaît moyen. D'autant moins que la pluie se met à déverser à grands seaux.
- Laurent on pourrait avancer un peu, faire un quart de tour, se garer parallèle au quai, pour se mettre face au vent. Je serais plus tranquille.
Laurent rigole.
- Tu crois qu'on peut verser dans la mer...
- Ben, je sais pas, mais j'aime pas ce roulis.
Il se gratte le menton, observe l'écume qui s'est formée sur notre plan d'eau... Finalement se met au volant. Manoeuvre que nous ne regretterons pas car le petit camion se stabilise et le vent s'il ronfle fort sur le toit ne nous chahute presque plus. En face de nous un quai isolé avec juste un voilier amarré en longueur et une barge en bout de quai. Sur la barge un beau chalet quasi neuf.  La belle maison de bois sur sa barge est fort malmenée avec le vent de travers.
Laurent observe un brin goguenard.
- Elle est belle sa maison, mais c'est pas un marin le mec. S'il croit que ses amarres vont résister...

barge
Il est vrai que ça ressemble plus à des fistrouilles qu'à des cordages qui se tendent à fond et se relâchent avec une inquiétante violence. Même pas d'amortiseurs prévus. Quant aux taquets, on pourrait y retenir un vélo en toute sécurité mais une maison de bois de 40m2 ?
Bien entendu, un premier taquet explose et les fistrouilles volent sur le pont de la barge. Le mec sommairement emballé dans un burnous immense jaillit de son carré. Un vai modèle de viking. Les cheveux très clairs et très longs, une longue barbe... Le burnous ne tardent pas à lui battre les chevilles et vole dans tous les sens en envoyant des gerbes d'eau autour de lui. Son menton dégouline. Il met en route son moteur hors-bord pour lutter contre les poussées du vent. Et court d'un bout à l'autre de la barge. Je crois bien qu'il sait pas trop quoi faire. Le pôvre, le voià en grande détresse. Laurent se demande s'il serait judicieux d'aller le conseiller.. Pas le temps de bouger. Trois grosses voitures arrivent en catastrophe. Des agents du port en sortent emballés dans des cirés à toute épreuve. Le chef reste dans la voiture. (normal ?) Les quatre autre affrontent la tempête, s'arrêtent au mileu du quai. Héroïques les mecs. Ils observent et papotent très indécis pendant que le voilier à son tour se met à chahuter follement. Pendant ce temps le mec inondé de tous les côté, s'improvise un autre amarrage. Des fois j'ai ce genre de problème avec des bouts de laine emmêlés. C'est pour ça que j'ai abandonné le tricot. Finalement, l'un des agents sautera héroîquement à bord du voilier pour sécuriser les amarres. Mais pour l'homme à la barge, il se débrouillera tout seul.
Quelle belle et bonne soirée à terre pour nous autres. Y'a pas à dire, mais la mer déchaînée, elle est excellente à terre.

Le vent se calmera dans la nuit et nous ferons une autre étape dans des endroits plus sauvages mais plus calmes aussi.Le ciel sera nettement plus clément. Le plus remarquable à Frédérikstadt (au bord de la Gomma). Une ville formidable construite sur plusieurs îlots que l'on peut visiter de bout en bout avec une navette fluviale gratuire qui fonctionne comme un omnibus. Une merveille de liberté.

frederickstadt

Dimanche 17 juin 2018- 11h. N 59°57'56.80 E 1O 40'00.40 -15° OSLO A l'entrée de la ville, un panneau nous annonce un péage assez élevé dont j'ai oublié le montant, vu que nous n'avons pas passé de portique automatique pour payer. Nous avons compris plus tard que c'est une sorte d'octroi de terre, qu'il convient de régler lorsqu'on veut s'arrêter en ville, quelle que soit la durée du passage. Comme nous n'avons pas trouvé de "caisse" à priori la facture nous sera adressée à Velaux. Cette facture nous y attendra si jamais elle arrive avant nous.
Dimanche à Oslo, que du bonheur; pourtant il pleut des cordes. Nous sommes parqués dans un quartier très chic sous une allée d'immenses tilleuls à 1km du "sentrum". Pour échapper à une pluie torrentielle nous ferons pause dans une "cafétéria" locale pour une salade de saumon exquise accompagnée d'un immense bol de "café au lait" pure lavasse.. mais chaude. Nous avons adoré la ville d'Oslo, large, aérée, à la fois moderne et reposante. Différents musées dont celui de Munch mérite le détour, un immense espace socio-culturel résolument moderne et très agréable. Quelle chouette ville. Quand à la demeure royale c'est surtout un parc sympathique et des gardes qui jouent leur parade devant le royal escalier entre deux averses.

 

Ce que je voudrais dire de ces premiers jours en Norvège c'est que nous apprécions énormément, la gratuité des autoroutes et la qualité générale des routes. Nous avons aimé ne pas rencontrer de bouchons, de déambuler dans des villes où peu de voitures circulent. Nous trouvons partout des aires de pique-nique sympathiques proches des villes ou en rase campagne avec souvent des sanitaires irréprochables et toujours chauffés.
Nous rencontrons beaucoup de véhicules allemands, de rares hollandais, pas l'ombre d'un français à part nous et aucun véhicule du sud de l'Europe. Les norvégiens sont déconcertants. Ils vaquent, précoccupés uniquement d'eux mêmes. Je me suis étonnée que personne ne réponde jamais à nos saluts. Vous savez sur les sentiers, dans les lieux de relative intimité, on dit bonjour nous... Eux ils entendent même pas. C'est comme si on était transparent.

AÎe aîe... Non plutôt, Haye-Haye, c'est le bonjour traditionnel, mais ça ne parche pas plus que HI, ou Hello...

Par contre si on les interpelle, (au moins deux fois pour qu'ils réagissent), alors là, ils font de réels efforts pour nous comprendre et répondre à nos interrogations. Ce sont donc des personnes fort courtoises mais leurs règles de civilité diffèrent vraiment des nôtres. Et partout nous sommes accueillis avec de grands sourires. Mais faut se dépatouiller avec l'anglais, que tous pratiquent avec plus ou moins de bonheur... Avec leur accent local, on n'est pas toujours certains de ce que nous comprenons. C'est une rigolote gymnastique intellectuelle. Laurent sympathique avec les allemands que nous croisons. La question incontournable des allemands, c'est :

- vous êtes mariés à une francaise ? (comme si c'était incongru, et même pas il dément, le bougre)

ou quand ils réalisent qu'il est français,

- comment ça se fait que vous parlez si bien allemand  ?
-  Parce que je chante les lieder de Schubert.

 

 

21-06-18-Konsberg, vallee Numedal

numedal bandeau

jeudi 18 juin 17h30 . N 59°39'57.87 ;E 09°39' 00.93- 17h30  
Nous avons trouvé un super espace sur la place de la Mairie de Konsberg. Pays des mines d'argent pendant plus de 300 ans. Nous visiterons bien entendu le musée dédiée à tout ce travail. Nous y rencontrerons une dame charmante qui prévoit de venir nous rendre visite à Velaux. C'est notre premier contact avec une personne du pays. C'est aussi la première personne qui connaît un peu de français. J'espère vraiment que nous la reverrons chez nous.

Elle nous a conseillé la visite de la mine. Nous ferons donc un détour de quelques km pour nous embarquer à bord du petit train ouvrier de l'époque. (la mine a été fermée en 1958, en faillite) C'est un train miniature, des strapontins en ferraille fort rustiques, une lampe minable au plafond. Y'a pas la hauteur sous barreau, nous sommes donc contraints de nous assoir. Nous sommes quatre dans notre wagonnet. C'est un peu le train de la mine du diable. On ne voit rien du tout et pendant 3 km à travers les boyaux on se laisse secouer comme des pruniers dans un bruit infernal.(vivent les boules quiès dont exceptionnellement Laurent va faire usage). Tout de suite le froid nous mord de tous les côtés (6° annoncés 300 mètres sous terre). Nous débarquons sur un quai approximatif, enroulés dans nos polaires. Le guide débite son discours dans un anglais très nordique et à toute allure. On ne comprend pas tout mais ça nous donne quelques repères sur 5 km de boyaux, escaliers, échelles... une rude promenade mais passionnante. Quelles installations !

lau mine

Notre étape suivante sera notre première église en "bois debout-stavkirke". L'une des plus ancienne (1242) à Heddal.heddal

Nous flânerons dans le musée de plein air pour nous perdre entre les maisons rustiques et antiques en bois, dont les toits de terre herbeuse sont toujours très prisés par les constructeurs modernes. Faut dire qu'elles ont de l'allure avec leur toit d'herbes coupées en brosse. Quelquefois un arbuste y dresse un épi de verdure. Je suis émerveillée par ces maisons.

Les villages sont beaux avec tous ces chalets souvent noirs dont les rives des toits sont peintes en blanc. Lorsque les bois sont blancs, les rives sont bleues. C'est magnifique et nous en ferons moults photos.
Une autre nuit dans un village très rustique. Nous dormons au pied de l'église au mileu de prés troués de tourbières qui feraient le bonheur de nos amis Danièle et Dominique. La rivière y jette les joyeux reflets du soleil. Les boutons d'or en solarium illuminent les prairies. Quelle vie de rêve nous menons là.

 

 

kaprina

Et je vous présente modestement la maison de mes rêves.

Pendant 3 jours nous serpenterons dans la vallée du Numédal, à travers prairies égayées de lupins sauvages, les peupliers et bouleaux immenses. Les forêts d'épicéas se trouent pour nous permettre d'admirer la Lagen qui fuit à travers toute cette débauche de verdure.

Uvdal

Après Uvdal encore une aire de nuit idéale, Holmsvegen. Nous entamons ensuite la grimpée du massif montagneux. Les stations de ski, villages de montagnes aux maisons noires bordées de blanc dans la profondeur des sommets, immage saisissante; Au sommet, 1100 mètres, la température chute à 8° sous le soleil. La forêt se raréfie, bouleaux rachitiques et torturés par le vent. Roches et broussailles. C'est un pays rude et sauvage. Nous ne croiserons ni rennes, ni élans. Quant aux ours pour répondre à Jean Jacques, on ne les a vus que dans certaines vitrines et empaillés...

Ambiance totalement différente à Ceilo, devant le stade. Espace dédié aux entraînements des champions de ski biathlon. Une grande piste de tir carabine qu'entoure un circuit d'entraînement à la vitesse. Les athlètes se poursuivent sur des skis à roulettes en poussant sur leurs bâtons de ski. C'est assez déconcertant.

jeudi 21-06-18 - Heidfjord, assez proche de Bergen. N 60°28'11.18 ; E 07°04'17.21
C'est bien beau les merveilles de la montagne; Mais 8° au réveil ça donne envie de traîner sous la couette. Nous décollerons après un petit coup de chauffage dans la cellule. Montée à 1300 mètres, neige résiduelle servie sur des plateaux de roches.
Descente de la nationale 7, sur une fascinante corniche prisonnière d'immenses falaises qui bordent le fjord. Une multidude de cascades déboulent des sommets. Notre route souvent débouche dans d'interminables tunnels de 5 à 2km de long, en colimaçon quelquefois. C'est un peu étrange ces tunnels qui tournent en rond...   A l'arrivée, sur le quai en face de nous, Un gigantesque navire de croisère du genre qui terrorise un modeste voilier qui ferait route au milieu de l'atlantique... a déversé ses centaines de passagers perdus dans les boutiques.

Au bout du quai, des ouvriers montent le bucher qui sonnera officiellement le début de l'été et donnera lieu à la grande fête nationale de fin du printemps, "midsommar".

geilo

Ici donc c'est l'été, la température à 14h est de 12° avec un grand soleil.

Et moi, je vais faire ma deuxième lessive. Prochaine étape, Bergen.

 

23-06-18 de Bergen à Kristiansund

bergen

SAMEDI 23 juin 2018 Norheimsund - N 60°22'05.99 - 06°08'33.05
renovation bateauSur cette route commence un circuit qui durera quelques journées très exotiques... alternance de corniches, de falaises, de forêts et de prairies ... et de tunnels, de tunnels, et de tunnels. Ils sont étonnants ces tunnels. On peut y trouver des ronds points... de vrais colimaçons dans le ventre de la montagne. (le plus long fait 8km, mais la moyenne est de 2km) Les sorties révèlent des paysages majestueux avec des cascades qui déboulent sous la neige. Ils sont gratuits et fort commodes pour passer d'un fjord à l'autre. A Norheimsund, nous passerons de longues heures enchantées dans l'atelier de rénovation des bateaux anciens. C'est une sorte de musée dans lequel on déambule au milieu des ouvriers, des machines, des carcasses de bateau plus ou moins en état. Des quais sont aménagés qui permettent de monter à bord de certains d'entre eux.

DIMANCHE 24 JUIN 2018 BRATLAND - N 60°21'09.00 - E 05°26'11.18
bergenCamping à 16km de Bergen qui permet d'éviter l'octroi de terrre et de reprendre contact et commodités de vie citadine. Nous avons choisi notre séjour à Bergen un dimanche (comme pour Oslo) Pluie intermittente mais ça ne nous gêne pas trop. Il ne fait pas froid. (17°) avec de belles éclaircies. Nous achetons un "pass" chacun, qui nous permet de circuler en bus et tram jusqu'à 20 km autour de Bergen pour 5 € pendant 24h. Et on ne s'en prive pas. La belle ville de Bergen, si proprette, si calme, si sage... Comment elle est dans ses quartiers "nord" ? On a zoné un peu partout, quartiers chics et moi chics. Les immeubles sont plus ou moins cossus, les rues plus ou moins claires, mais c'est toujours propreté extrême, calme et sagesse. Pas de fadas en deux roues, pas de graffitis, pas de poubelles qui débordent, peu d'animaux et toujours en laisse. Bergen, et ses jolis quais propices à la flânerie. Un vrai bonheur de retrouver cette ambiance. Nous avons été surpris qu'en vingt ans, le marché aux poissons soit devenu un tel espace touristique. C'est plus animé que dans notre souvenir, moins secret ....
Nous avons déambulé une totale journée, transports en commun ou à pieds... Un vrai bain de vie citadine.

Du lundi 25 juin au 30 juin 2018, nous continuerons notre route vers le nord.
Il est peut-être temps d'une confidence. Vous ne devriez pas être trop surpris si vous nous connaissez bien. Au printemps, nos amis, Patricia et Yann, nous ont transmis de bonnes cartes et des tas d'infos concernant ce type de séjour en Norvège. Nous avons adoré nous pencher sur tout ça. Nous n'étions pas certains de pouvoir partir mais nous en avons grandement rêvé grâce à eux. En mai nous avons été "débordés" et nous avons rangé toute cette doc avec l'intention de reprendre tout ça un peu avant notre départ... Les journées se sont enchaînées trop vite. La veille de partir on n'était même pas certains d'être prêts ! Je n'avais pas eu le temps de passer la serpillère, ni de sécher nos draps..! Et nous sommes partis.
C'est lorsque nous avons passé la frontière Suède que nous avons réalisé l'ampleur du problème. Nous avions laissé toute la doc à Velaux. Nous avons acheté une carte de l'Europe du Nord en Norvège... et c'est tout ce que nous avons comme repère (les très grand axes routiers) et le GPS garmin dédié camping car. Par je ne sais quel miracle, il y avais le guide vert de la norvège dans la boite à gants. C'est avec ça qu'on avance, au p'tit bonheur la chance !
Vous devez bien vous douter qu'on adore cette manière de naviguer comme le vent nous pousse... On rate probablement des trucs mais on trouve de si bonnes surprises aussi. Ainsi nous passons d'un fjord à l'autre, on entre dans des vallées qui montent en altitude. Les sommets se pèlent, couverts de lichens étincelants sous le soleil. On pique-nique les pieds dans la neige. Des descentes vertigineuses nous ramènent le long des prairies et des forêts que bordent d'immenses bras de mer. Les cascades et les torrents sont terribles, d'une violence inouie.
Quelquefois un saut en ferry, nous permet de capter l'air du large.
La meilleure info du jour cest pour Voss, pas très loin de Bergen. Un atelier annonce vente de gaz... On s'arrête. Nous pouvons y remplir notre bouteille de gaz (il en restait 5kg sur 15kg) soit 10 kg pour 80 €. Nous allons pouvoir penser consommation eau chaude et chauffrage sans restriction. Notre petit camion frise l'opulence.

ferryEt pour varier nos émotions : notre premier passage ferry, une dizaine de véhicules font la queue, deux voies recommandées pour deux destinations au départ de Vangsnes, soit Helle, soit Dradvik; on choisit la file de Drakvik. Navigation d'un bon quart d'heure, le ferry acoste à Helle. Depuis le pont supérieur, j'observe tous ces mouvements et la longue ondulation des véhiculent qui débarquent à cette escale. Mais ça me paraît bien long tout ça. Et d'un coup, je repère à la sortie du ferry un bus qui était devant nous et tout de suite derrière notre petit camion qui suit docilement le troupeau. Pas de doute, je reconnais Laurent au volant,le regard droit devant lui. Mais c'est pas là qu'on doit sortir ! Les moteurs du ferry se remettent à ronfler, mince alors on va repartir. Me voilà bien.Je me précipite dans les coursives, me paume, me cogne à des portes closes. Je rêve ou le ferry a bougé ? Où c'est que je vais le retrouver Laurent ? J'ai même pas mon portable pour communiquer. Je perds encore de précieuses minutes à me tromper d'escalier et finalement débouche sur une autre plate-forme extérieure. Coup d'oeil dehors. Les voitures finissent leur petite ronde pour revenir au ferry et se mettre face à la sortie qui sera par l'arrière à la prochaine escale. Et je vois, oh miracle, Laurent dans son petit camion qui finit sont tour et revient dans la file des entrées...

Les traversées fjords sont très différentes de l'une à l'autre. Quelquefois on slalome entre des milliers de petites îles couvertes de lichens, la côte est archi-plate, et très découpée. C'est sauvage et désertique. J'aime bien. Quelquefois les rochers sont plus impressionnants et les ports plus habités. C'est toujours très chouette.
 
Quant aux aires de nuit, on choisit souvent les remparts d'églises. Les croix du cimetière en demi-cercle comme un troupeau obéissant les cernent. Et toujours l'eau du fjord qui ouvre l'horizon. On y est la plupart du temps tout seuls. Et nous avons toujours un peu de mal à quitter ces mouillages extraordinaires.

C'est sur ce circuit que nous choisirons la route "atlantique" avec ces quatre ponts défiant l'espace. Une sensation inoubliable sur le plus vaste de ces ponts au dessus de l'atlantique dans une boucle énorme qui donne le vertige. Emerveillement et pétoche irrationnelle mélangés. J'adore !

Dimanche 1er juillet 2018
Nous posons nos roues à Kristiansund. Un grand port dédié exclusivement à la pêche. Le long des quais nous guettons le départ des bateaus qui partent pour leur campagne en haute mer. Ils sont équipés de monstrueux canons à harpons destinés aux baleines. J'ai détesté ces engins de mort. Mais le départ majestueux de l'équipage m'a quand impressionnée. Là encore c'est à pied que nous prospecterons pour un resto (que finalement nous trouverons trop cher). Laurent voulait goûter le bakalao local... (ragout de morue, tomates et pommes de terre, bof !) Ce sera pour une autre fois

01/07/18 de Kristiansund à Trondheim

Ddimanche 1er juillet 2018- Kristiansund - 10h30 -20 °

Nous quittons la ville pour un nouveau circuit en bordure de la mer de Norvège. C'est une région sauvage, quelques chalets isolés toujours imaculés et souvent avec leur jolis toits d'herbe qui dressent leur crâne coupé en brosse vers le ciel. Un arbuste incongru sur la toiture lui fait comme un épi récalcitrant. Je ne me lasse pas de ces toits modestes. Mais pas toujours. Ils sont quelquefois très vastes, avec d'immenses terrasses qui les entourent. Des mulititudes d'îlots plats sont semés tout le long de la côte. Puis le paysage  change, nous entrons dans une zone très pastorale. Moutons et vaches y broutent une herbe grasse imprégnée d'ambiance marine; Les forêts sont superbes. Epiceas et Bouleaux dominent.  Les fermes sont à l'image de toute l'architecture locale, immenses et très belles Si ce n'est par le nom et la taille des fenêtres, on aurait du mal de dire quel bâtiment est habitation, lequel est grange ou écurie. Les pelouses sont parfaites d'un vert doré éblouissant. Les engins agricoles garés autour trahissent l'activité de ces belles demeures.Ce qui nous amuse Laurent et moi, la plupart du temps emmitouflés dans nos polaires ou nos pelisses, c'est que les gens d'ici depuis quelques jours, dès le premier rayon de soleil aussi discret soit-il, se baladent en short et en tongs, maillots sans manches, et sans le moindre frisson. Nous sommes épatés. En même temps, on s'y fait à la fraîcheur. Si la température se maintient à 12 ou 13°; à contidition que le vent nous glace pas le nez, on se sent très bien, avec nos vêtements d'hiver.

Lundi 2 juillet 2018 Joyeux anniversaire Dorine, 14 ans, que de belles années en perspective. Nous avons beaucoup de choses à partager encore.

Trondheimm - N 63°22' 41.88 - E 10°18'4 0.31 Stade sports d'hiver. Quel bel espace, nous nous y cacherons au bord d'une forêt. Les équipements sont grandioses, immense piste d'entraînement au biathlon,(carabine et patins à skis)  stade de saut à ski avec de vastes tribunes, des multitudes d'espaces dédiés à l'entraînement et à la gym. Les enfants, les familles, les sportifs aguerris avec quelquefois de vrais allures d'atlhètes se partagent ces ateliers de travail pour le corps. J'imagine l'effervescence et la population en plein hiver. Quelle folle ambiance promise ! Nous on se contente de déambuler et de flâner à travers la forêt ominiprésente. Nous avons beaucoup aimé cet environnement. Mais c'est pas ça qui va nous faire du muscle.
musee musiqueMais surtout Trondheim, c'est le plus fascinant musée que j'aie jamais fréquenté. Musées des instruments de musiques. Quatre heures ne sont pas de trop pour détailler chaque quartier des grandes salles qui exposent une multitude d'instruments de tous les coins du monde et de tous les gabarits. Un enchantement. Avec possibilités de les entendre. Ensuite un guide nous a conduits dans les appartements du musée avec une belle histoire de la musique en Norvège à travers les périodes politiques et économiques. Dans chaque salle, il se mettait au clavier et nous gratifiait d'une partition en live (clavecin, piano-harpe, piano forte, piano mécanique). Pour clore cette visite vivante nous nous sommes attardés dans les fauteuils du "jardin musical". Grande terrasse sur le jardin botanique annexée au musée, une tablette individuelle et casque à notre disposition pour écouter de la musique liée à l'histoire du musée et aux musiciens qui l'ont fréquenté ou aux instruments présentés. Un enchantement ! Le passage qu'il ne fallait surtout pas rater.

Jeudi 4  juillet - 2018. N 63°4156.31  E 11°05'00.78- grand soleil - 17° à 9h00
Nous avons quitté la E6 qui relie Trondheim à Narvik pour nous échapper par une transversale (la 17) qui va nous mener d'une île à l'autre...Face au fjord, option camping. bordure de forêt. presque seuls au monde... total bonheur !  Nous sommes toujours surpris de traverser le pays par des routes peu fréquentées, à quelques camping-car près, mais bien moins nombreux qu'en France. De nous caser dans des abris isolés ou des campings vastes, d'une propreté irréprochable comme partout dans le pays, et quasi-vides.

chapeau perceNous sommes partis à pied pour débusquer le "chapeau troué".Torghatten" Monstrueux rocher, que l'érosion à laminée de l'intérieur. Une immense cave s'est formée. Elle est trouée au fond, gigantesque fenêtre ouverte sur la mer.  Il faut crapahuter à travers les chutes de cailloux et de roches. Un sentier grossièrement repéré où on se tord allégrement les chevilles. Y'a intérêt à être bien chaussé. Puis le sentier se stabilise, ça grimpe sec mais stable. Un peu d'eau apparaît. Puis tout un torrent qui s'est trompé de circuit et envahit la terre. Bain de chaussures assuré. Pourvu qu'on continue pas à la nage... ! Les caillasses réapparaissent et la grimpée de plus en plus ardues recommence. Losqu'apparaît la cave, j'abandonne Laurent qui se lance à travers les rochers hostiles. Moi, je me trouve un gros rocher (avec dossier) plein soleil et face à la mer fort accueillant. Quel fascinant spectacle. L'express côtier croise au fond de la baie et moi je rêve.  Autour de l'île, j'imagine toute une population de vikings très blonds, vastement chevelus, broussailleux et fiers. Ils chahutent sur le pont de leur majestueux drakkar qui tire un large bord pour éviter la grande île qui s'étale au milieu de la baie. Peut-être veulent-ils rejoindre Bronnoysund. A bord de petites embarcations, les pêcheurs locaux les maudissent. Une femme agite avec fureur son espèce de palme en rosaux qui sert à rabattre le poisson. ça braille, ça crie, ça fulmine et ça rigole;  Que j'aime ce pays !

Jeudi, 5 juillet 2018.
Un vrai ciel d'été, 23°, grand beau temps sans vent. Pendant que Laurent prépare les photos à vous poster dans les prochaines pages, je fais un rapide tour vers une belle plage de sable. Première journée maillot de bain et trempage en mer.Je vous jure que c'est vrai. Ce qui est vrai aussi, c'est que j'ai tout juste trempé le bout des fesses. Y sont fous les nordistes de se mouiller dans ce bain glacé. Toutefois, j'imagine tout à fait Annette, de l'eau à mi-cuisses, qui s'asperge le haut du corps et se mouille en poussant des petits cris heureux.  Hein que tu l'aurais fait ?

Le temps va se rafraîchir dans les jours qui viennent. Mais c'est pas ça qui va tuer notre enthousiasme. Nous nous retrouverons après quelques passages ferry, en route vers Narvik.

 

Au p'tit bonheur la chance.

 

05/07/18 de Leland à Bodo

mer

jeudi 5 juillet 2017 - N 66°03'42.78  E 12°57'21.11  Une pause enchanteresse àl'église de Alstahaug, mais l'ambiance parking macadam ne plait pas à Laurent. Nous nous embarquons dans un circuit impro à travers des petites routes qui passent d'un village à l'autre en bordure de fjord. Nous ne sommes ni inquiets, ni pressés nous savons que la nuit ne tombera pas. Bravo pour notre persévérance. Nous dénichons au bord d'un tout petit port l'endroit inattendu et idéal. Nous sommes à Leland. Il est 23h. A peine avons-nous calé le petit camion que le vent se met à souffler en rafales et soulève une belle houle dans le port. Mais le reste de cette nuit de plein jour sera très calme;

port leland

Nous quittons Leland (leidfjord) 12h15 11° ciel gris gros nuages noirs qui glissent en ronde autour de nous. Encore un étonnnant tunnel de 10 km qui nous guide dans le ventre de la montagne. A 4 km de l'entrée, un panneau signale que nous changeons de commune. QUel soulagement la sortie à travers champs de lupins et bouleaux, lacs et tourbières. La montagne riante et fleurie d'un coup se minéralise; Les bouleaux et les sapins se rabougrissent écrasés sous des éboulis de roches. Gris, noirs et rouilles, d'autres images, d'autres couleurs pour un monde qui passe aux couleurs polaires d'été.

18h00 - température 9° latitude N 66°33', ligne virtuelle du cercle polaire. Une vaste étendue complètement minérale, les montagnes arrondissent leur dos sous le vent glacial. Malgré le soleil on se pèle. QUelle importance, ce site symbolique est fort sympathique. Pendant trois heures, nous foulerons cette terre pour la seule fois de notre vie très certainement. Alors je me remplis les yeux et je respire fort cet air exceptionnel. Je suis aussi fort troublée de penser que nous sommes à 6 km de la Suède. Peu de touristes. C'est super.
21h, ce serait bien de se trouver un coin tranquille pour la nuit.
Nous enroulons dix kilomètres de pierrailles, univers désolé et aride. Et d'un coup les remparts se relèvent, le monde sylvestre réapparaît. Nous longeons une rivière.
- Laurent t'as vu le clocher là en haut.
- Non, est-ce que je dois virer de bord ?
- Oui, tout de suite à tribord allez fonce...
Nous quittons le bord de rivière; cap sur une belle église, son sympathique cimetière en bordure de forêt, isolé du village... Encore un coin idyllique.
ROKLAND N 66° 57' 48.32 E 15°18'41.58 _ 12°
lau
Trois heures du matin dans ce Rokland aussi isolé qu'idyllique...
- Laurent, est-ce que t'as vu un pré avec des vaches quand on est arrivé ?
- Non, mais elles m'ont réveillé avec leur cri bizarre.
- Une vache ça fait meuh ?
- Ouhais, celles-là elles feraient plutôt mah ah....
- Oh là, là, d'où elles sortent ces vaches ?
- Elles ne sont que deux à se faire la conversation.
- J'ai jamais vu de troupeau à deux vaches.
- Et puis, y'a pas de pré dans le quartier, juste le cimetière et la forêt.
- écoute, leur modulation, c'est pas une modulation de vache ça.
- Non, c'est trop grave et trop guttural,
- Peut-être qu'elles ont l'accent scandinave ?
- Tu trouves pas que ça ressemble à des plaintes...
- Si, tu crois que ça vient du cimetière ?
- Non, je crois pas aux revenants, et au trolls non plus.
- T'as raison ça vient de loin. Ecoute bien, ça vient du fin fond de la forêt ça.
- Et si c'était des orignaux ? (clin d'oeil  pour Patrick)

samedi 7 juillet 2018
pont mer

C'est un grand jour, nous avons décidé de faire la traversée depuis Bodo pour atterrir aux sud des Lofoten Moskenes...Quatre heures de ferry. On change de monde très en douceur. Les falaises qui bordent le fjord tombent à pic dans la mer. C'est impressionnnant et magnifique. On s'éloigne de ce monde immense. Le ferry slalome entre des chapelets d'îles. Le chenal est bien balisé mais je trouve qu'on frôle d'un peu trop près des hauts fonds très visibles... Vivement la pleine mer. Le nez au mer ferry

vent glacé mais que m'importe. C'est avec un profond bien être que je retrouve les couleurs, les mouvements et les odeurs du monde maritime. Total bonheur sur le pont à l'avant du bateau, seule avec l'homme de ma vie.

 

09-07-18 lofoten Midi ou Minuit ?

soleil minuitsamedi 7 juillet, Moskenes - Lofoten

A peine débarqués, nous prenons le cap d'un village de pêcheurs, c'est le nom de lieu le plus court qui puisse exister "A" avec le point rond, accent scaninave. Je l'aime bien ce point. C'est celui que font les poètes sur le i quand ils s'appliquent à faire de jolis graphismes pour nous.. "A" C'est aussi le bout de la route qui traverse toutes les Lofoten.  Un agréable hameau de pêcheurs. Les séchoirs à poissons s'alignent dès l'entrée du village. L'odeur lourde de la morue séchée nous déchire les narines  bien avant les premières maisons. Quelques "rorbuers" ont été rénovés, voire construits de neuf, et sont loués en saisonnier. Les rorbuers sont les abris de pêcheurs, leur modeste lieu de vie. Les moderniser et les louer aux vacanciers, c'est probablement plus juteux et moins ingrat que la pêche à la morue. Quel étonnant village, au rythme d'un temps révolu et au rythme de la modernité. J'ai adoré. Nous avons beaucoup aimé nous y perdre.

Dimanche 8 juillet 2018. Aujourd'hui ce sera "cocoon.net" à "A" -  N 67°55'42.20 E 13°05'03.35

Il tombe des cordes, il fait froid... 9° sous la pluie, c'est un temps hivernale. Mais à bord du petit camion l'ambiance est douce et feutrée. On écoute de la musique, on baigne dans la tendresse et la conscience que rien ne presse et que nous sommes si bien là où nous sommes. C'est le bout des Lofoten, un petit bout d'éternité.
sechoir
Lundi 9 juillet 2017. départ 10h15 - 12° soleil voilé.

Des nappes de nuages mobiles flânent au milieu du ciel. Après une courte pause à Reine, capitale des Lofoten, très touristiques, nous prenons une route littorale inattendue. Les eaux sont turquoises avec des reflets d'or. Les prairies bordent la route et les moutons, agneaux et brebis s'attardent sur les bas côtés. Les plus jeunes se roulent sur le macadam au péril de leur vie (ou de la nôtre). Ah la belle insouciance de la jeunesse !

Lundi 9 juillet 2018 - plage de Flakstad. 16h - 15° N 68° 06' 04.83   E 13°14' 54.69
On commence à croiser plus de monde sur la route, les immatriculations allemandes si elles restent majoritaires, se partagent la route avec des Finlandais et des Norvégiens. Les Français et les pays du sud de l'Europe toujours aussi peu représentés. Nous avons toujours grand choix de stationnement pour le petit camion. Nous avons choisi un emplacement sur un rocher qui domine une magnifique et immense plage de sable blanc déserte à la sortie de la ville. La mer y est toujours turquoise. Une brise glaciale nous rougit le nez et nous n'avons guère envie de nous y tremper. Mais nous flânerons avec bonheur sur la plage. Puis nous reviendrons à notre hébergement un peu plus haut, sur ce rocher qui surplombe la baie, balcon de luxe pour notre premier soleil de minuit. Nous y serons très à l'aise pour regarder tomber le soleil dans la mer. Il devrait bien tomber car c'est une soirée peu nuageuse juste un peu très haut dans le ciel. l'horizon à 20h est parfaitement dégagé et il fait presque doux. 15°.

villege
A 22h, les nuages se sont effilochés et s'étalent sur la ligne d'horizon. On ne sait plus trop où commence le ciel ni où s'arrête la mer. Le soleil est encore un peu haut dans le ciel. Il n'est pas assez nord. Hé oui, ici le soleil se couche au nord... On décide d'aller faire un tour sur la plage, puis de regarder un film, histoire de tuer le temps. Vers minuit, le soleil a disparu derrière la barrière des nuages et de sympathiques filaments rouges, oranges et jaunes s'étalent à l'horizon. Plus le temps passe, plus cette lumière devient intense. Puis elle s'atténue.  Nous sommes restés un long moment songeurs, dans l'attente... A une heure du matin, la lumière recommençait à monter au dessus de la ligne de nuages... la mer et le ciel se sont fondus l'un dans l'autre, le jour se levait...
Pour avoir la chance qu'il se réalise, il parait qu'il faut faire un voeu entre le moment où le solei disparait sous l'horizon et celui où il réapparait. Et si c'était vrai ?
dragon
Mardi 10 juillet 2018 -11h 12° soleil. Nous reprenons la route vers le nord. Notre première pause sera à Nysborg. Un lieu réputé hautement touristique, une vraie fumisterie. Un village de Rorbuers reconstitués, tous neufs, avec des faux ateliers et des faux pêcheurs. Mais surtout et c'est bien le pire, aucun parking accesssible et une pagaille monstre pour sortir du piège de cette petite route. En plus il faut payer pour entrer dans le village alors que les vrais villages sont semés tout le long de la route, gratuits et sympathiques d'accès.

Par contre nous nous arrêterons au musée des Vickings et ça c'est un véritable enchantement. L'espace est immense avec des sentiers à travers les prairies. Des hall d'expos sensationnels qui retracent l'histoire et la vie des Vikings. Des ateliers ouverts avec mise à disposition de l'outillage. On peut donc si on le souhaite se bricoler un truc en bois, en cuir, en tissus, en laine... on peut même tenter le métier à tisser... Pour les gamins c'est une découverte extraordinaire. On y passerait la journée en un clin d'oeil. L'entrée au musée permet aussi un "tour" dans un bateau viking rénové avec juste une voile carrée comme moyen de propulsion. Juste douze passagers. Ah ça, j'ai adoré. Quel pot, y'avait du vent et du soleil. Au près, (oui, ça peut remonter au vent ces engins là) ça faisait frais mais au largue c'était génial. Trente minutes c'est peu, mais c'est bien chouette.

Mercredi 11 juillet 2018 Walberg N 68°12'13.88  E 13°

peche
Nous voici ce soir en camping paradis. Au fond d'un fjord, en prairie, très peu fréquenté et fort confortable. Vie de luxe pour vingt quatre heures. ça aussi j'adore !

 

24-07-18 - vestferalent-Narvik-Kiruna (S)

bandeau

mercredi 11 juillet 2018 - capmping Valberg - 16h45 - soleil- 14°
Le temps est magnifique. 24h dans un camping de rêve en fond de fjord. Nous avons pris le temps d'un grand ménage à bord. Le petit camion comme Laurent et moi, est tout pimpant. Prêt à reprendre la route.Nous montons toujours vers le nord des Lofoten. La route s'ouvre devant nous, tranquillement. Allure de croisière depuis plus d'une demi-heure.
- Laurent, t'as pasl'impression qu'on a oublié quelque chose ?
Pas de réponse.
- Dis Laurent ?
- Si, je réfléchis.
Et comme un seul homme on éclate de rire, mais c'est bien sûr. Nous avons laissé dans la sécheuse cinq kilos de linge qui tournent toujours dans le tambour. Demi-tour dès que possible. On entre dans le camping "incognito" sur la pointe des pneus. Ouf le quartier des laveuses-sécheuses est désert. On récupère nos effets avec soulagement, parfaitement secs pour une fois. Et on repart mine de rien.
kabelveg, petite ville dynmique et port de pêche animé avec une sympatique place bordée de bars et de commerces. Au moins deux bars, ce qui est opulent car les bars sont très rares dans ces coins là. Nous déambulons à pied, à la recherche du stationnement idéal pour la nuit. Y'a vraiment le choix
phare
A la sortie de Storvagan, une petite route nous intrique. Elle est balisée "musée des Lofoten". Nous remontons à bord pour voir ça de plus près. Il est dix-huit heures le musée (plusieurs bâtiments face à la mer nous donnent envie de pousser les portes). Bien entendu tout est fermé à cette heure tardive. Nous resterons en bout de l'immense parking pour une nuit tranquille dans un désert de bitume. Le musée tient ses promesses. Un aquarium vraiment bien équipé avec découverte de tous les poissons qu'on peut croiser (pêcher) en mer de Norvège. Les uns plus étonnants que les autres. Ce qui me permet de répondre à certaines de vos questions.Ici le poisson roi est la morue. Ce sont de gros poissons qui sont mis à sécher sur les palissades de bois dressées dans le moindre village côtier. (photo du mail précédent)  Ces poissons séchés sont ensuite traités et expédiés pour commercialisation. La morue que nous achetons fraiches chez nos poissonniers, nous l'appelons cabillaud. Mais c'est le même poisson.
Différents bassins permettent aussi d'observer des phoques "domestiques" qui tournent inlassablement en rond, se pourchassent et cabriolent. Un immense bâtiment plus didactique avec infos sur la pêche et jeux interactifs est le royaume des enfants. C'est vraiment une visite à faire avec eux, ou sans eux.
 

Vendredi 13 juillet 2018 - 11h - ciel couvert à 90°- 11°
Après une nuit à Fiskebol. Nous quittons notre stationnement sur le port intime et très calme. D'immenses plages de sable blanc avec toujours cette mer émeraude en fond d'écran. Et les raides falaises brunes qui longent la route. Alternance de tunnels. L'un, plus de 4km est annoncé. Une pente vertigineuse descend dans ce boyau. Le Gps perd le contrôle. Du coup le petit camion s'envole. Nous dépassons un randonneur encapuchonné sous son poncho plastique. (hé oui, il y a un bas-côté pour les vélos et les piétons) Vous imaginez quatre kilomètres de marche dans ces conditions. Heureusement pour lui, à part nous, y'a pas un chat. Le marcheur nous regarde débouler d'un air effaré. A la sortie de ce tunnel le paysage a radicalement évolué. De beaux champs de fleurs que la mer lèche inlassablement; Les montagnes à tribord se sont couvertes de prairies vertes. Les cascades réapparaissent. Les moutons cramponnés aux parois quasi verticales broutent, puis relèvent le museau, le regard perdu au bout de l'océan. Le soleil un peu négligent a oublié des taches de neige dans les plis des roches. Pas sérieux son ménage de printemps.
A l'entrée de l'île d'Andoya un pont vertigineux se dresse vers le ciel. Oh là, là ! Laurent, vas-y mollo ! Nous déboulons dans une île sauvage, des côtes déchiquetées, un bord de mer magnifique. C'est le  plat pays. Les falaises en recul ont arrondi leur dos pour laisser la place à des prairies fleuries. Une débauche de couleurs qui s'étalent entre les rares maisons.
plage
Samedi 14 juillet, Andenes. 16h00.
On ne peut pas aller plus loin. Nous sommes au bout des Vesteralen.  C'est le départ de choix pour les safaris orques et baleines. Et les annonceurs pullulent; Beaucoup plus de touristes et de campings-cars. D'autant plus que c'est aussi une escale depuis Tromso ou plus court pour l'île d'en face. Ici c'est le paradis des oiseaux. Ils nichent dans les moindres toitures qu'ils fientent allégrement. Et le ciel pullule, les nids ont couverts les tuiles et rebords de fenêtres. Leurs cris quelquefois nous déchirent les oreilles. Mais moins que les cigales à Velaux. En début de soirée, nous décidons d'aller faire un tour sur le port. Il faut donc s'engager sur la jetée. Nous devons dépasser des entrepôts. Sur les rebords de tuiles,des sortes de sternes, avec leurs belles ailes d'hirondelles, et des mouettes,  volent en cercles plus ou moins élargis.  C'est la patrouille de protection des familles. Nous nous arrêtons pour les admirer. Le cercle descend vers nous, nous aussi nous les intriguons. Et puis les piaillements deviennent plus stridents. Alerte générale. D'un coup, on ne sait pas comment, une cinquantaine de volatiles nous tournent autour d'un air très menaçant ; nous sommes  pétrifiés. L'un d'eux plonge sur Laurent, ses pattes frôlent son crâne. D'autres oiseaux plongent à leur tour. Laurent se jette au sol, terrassé par une attaque de vickings ailés. Il semble souffrir anormalement. Je m'approche, je l'aide à se relever.  La guerre continue au dessus de nos têtes en plongeons effrayants. On les chasse à grandes brassées. Mais ça leur fait pas peur. Laurent s'appuie sur moi et le plus vite qu'on peut, on quitte ce lieu maudit. Quelques enjambées plus loin, le calme revient. Nous sommes sortis de la zone agitée. Laurent s'appuie contre les rochers pour reprendre ses esprits. Il m'explique qu'il s'est emmêlé les jambes en agitant les bras (???) pour protéger sa tête. Mais c'est son genou gauche, le fragile forcément, qui a pris le choc. Pendant qu'il m'explique tout ça, nous nous faisons dépasser par un homme d'allure athlétique, en short et tenue sportive, qui court en petites foulées régulières. Torse bombé, épaules en avant, ventre et fesses rentrés. Quelle allure ! Le monde lui appartient à celui-là. C'est fantastique de le voir foncer si confiant vers la zone danger. Lorsque l'homme se rapproche de la "maternité" des oiseaux, la dizaine qui tourne en cercles réguliers commence à pousser des cris aigus et de plus en plus puissants. Une armada d'oiseaux arrivent du sol et d'autres coins du ciel. Ils sont bientôt une cinquantaine. Et leur cercle se concentre. Les piqués se lancent contre l'homme qui doit connaître le phénomène. Moins bête que nous, il ne s'arrête pas. Il rentre sa tête dans les épaules, et pique un sprint remarquable ; ça c'est du sport ! En quelques instants, l'homme et les oiseaux ont disparu, hors les patrouilleurs qui reprennent leur ronde de surveillance.
mouettes
Nous rentrons à bord fort secoués mais le plus dur est à venir. Lorsque Laurent découvre son genou, il a doublé de volume et il est amoché. Il s'allonge, je lui prépare un sac de glaçons, un doliprane (c'est tout ce que j'ai à proposer). Pendant qu'il se détend je fais un saut à la pharmacie, puis à l'office du tourisme... Tout est fermé et demain, c'est dimanche. Faudra faire avec. Lorsque je reviens, Laurent ne peut plus poser le pied par terre. Nous voilà bien. Nous décidons de rester là, jusqu'à lundi. L'endroit est calme, face à la mer, on aurait pu tomber plus pire comme lieu de réparation.

Jeudi 19 juillet 2018 - Holnvater - N 68°32'01.67- E 17° 16'40.07
Nous avons fait de très petites étapes en mode économique ;ça va pas fort pour nous deux. Probablement que j'ai fait un faux mouvement en voulant relever Laurent. Depuis trois jours je marche comme si j'avais mille ans. On se partage le doliprane; quelle fine équipe on fait. Mais le genou de Laurent a repris figure humaine et c'est le plus important. Depuis, nous avons fait de courtes et sympathiques étapes.

NYKSUND - village de pêcheurs très isolé et intimiste en pleine évolution. Les maisons abandonnées sont en rénovation et dans peu de temps ce sympathique endroit reprendra vie sur le mode touristique; Pour l'heure, il est vrai qu'il a l'authenticité des villages abandonnés mais un rien tristounet malgré son site remarquable. Génial pour y passer la nuit, face au soleil de minuit.
16-07im 217 - 207nyksund
Aujourd'hui nous sommes en mode champêtre. Au bord d'un lac, en lisière de forêt. Les endroits que j'aime par dessus tous les autres. A une trentaine de km de Narvik, qui sera notre dernière étape en Norvège d'où nous rejoindrons la Suède, (une cinquantaine de kilomètres) à la découverte d'un autre monde à la vitessse croisière que nous aimons. Le genou de Laurent enfle de nouveau. Quant à mon dos, il ferait mieux de se faire oublier. Cap sur Narvik.
peche

vendredi 20/07/18 Narvik "Sentrum"
Nous arrivons un peu tard, un parking à deux pas du centre, vaste ou nous pouvons nous isoler juste en dessous de l'hôpital. Moral en berne.

Samedi 21/07/18 Journée hôpital pour différents examens. L'accueil est chaleureux mais les attentes aussi longues que chez nous. Un cauchemar. Le diagnostic aussi; Laurent souffre d'une facture de l'os du genou. Plâtre. Rendez-vous lundi pour rencontre avec le radiologue et le chirurgien. On passe sur ce week-end pourri par la pluie et notre moral qui fait semblant de sourire.

Mardi 23/07/18. un peu au sud de Kiruna (Suède)
Laurent doit prendre son mal en patience. Pas d'opération à faire d'urgence mais question à reposer à notre retour. Nous devons faire de nouvelles radios dans 15 jours, là où nous serons. Le platre a été remplacé par une orthèse amovible qui lui permet de se doucher, presque confortablement; il a aussi investi dans des cannes anglaises hi-tech à pointe au cas on on serait pris dans la neige. Imaginez la vie dans un camping car que nous avons oublié d'aménager pour handicap. Quelle funeste erreur ! Comme toujours dans les cas extrêmes nous adoptons l'attitude totale complétude. Donc je deviens pilote (si vous me connaissez, vous imaginez mon enthousiasme !!!) et Laurent en limitant ses mouvements prend en compte la vaisselle et la cuisine...  mais surtout et c'est essentiel, le "copilotage" En cela il excelle. Avec son orthèse, il peut modérement marcher, on fait des petits tours quasi sur place. Question route, on se pose ici et là, pour un jour ou deux et on repart. Ca se passe super bien.
On joue aux échecs, à Pyramide, on jase, on boit l'apéro... C'est pas tout à fait l'ambiance des dernières semaines, mais nous profitons d'excellents moments. Savoir que rien ne nous presse nous remplit d'optimisme. Les vacandes continuent...
Traversé du parc national un peu avant Kiruna. Le petit camion se retrouve nez à nez avec un troupeau de rennes. Ils broutaient gentiment le bas-côtés. Et la lubie leur a pris de traverser devant nous au moment où nous passons. Je me suis arrêtée subjuguée. Ils nous ont regardé sans s'émouvoir. Un bébé, scotché avec les yeux dans les phares du petit camion dévisageait le pare- choc puis il nous a tourné les fesses.

Donc en en résumé,comme dirait Voltaire, (et c'est pas sa faute) tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Vous bilez pas, on a retrouvé une pêche d'enfer et on fait de nouveaux projets adaptés à nos nouvelles conditions de vie.

Bises à vous tous. Merci pour vos messages. Nous y sommes toujous très sensibles. JanouB

24-07-2018 départ Narvik- retour Suède

Mercredi 24/07/18  Gällivare - N 67°04'34.42    E 21°19'53.20

gallivare
Première journée de conduite, faut que j'vous raconte ça :
Je déteste conduire une voiture quelle qu'elle soit, ça nous le savons tous. Mais à quel point je déteste, vous ne pouvez guère l'imaginer. Quel mot serait assez puissant pour évoquer mon inquiétude ? Pourvu que je casse pas le petit camion de Laurent !  Rigolez-pas, il est petit ce camion mais camion tout de même. Pourtant, je me sens anormalement maîtresse de moi, dès que j'ai mis le contact. Après tout, sufit d'avancer en faisant atttention à tous les pièges de la route. J'ai du pot car les routes ici comme en Norvège sont très peu circulantes. Pour ce qui est du fonctionnement du véhicule, j'ai quelques soucis. Pas de rétro intérieur. Ce qui me gêne grandement car la visibilité à droite est quasi nulle lorsqu'on débouche ou croise une route. L'autre souci, c'est que, depuis pas mal de semaines, j'ai perdu mes lunettes de vue. Et c'est définitif. Donc je vois flou en vision intermédiaire et je vois rien du tout de près. Bon de près, j'ai pas trop besoin, jai repéré la position des aiguilles utiles et les couleurs. En intermédiaire avec effort, j'arrive à lire les gros chiffres. De loin (ouf!) j'y vois presque normalement... J'ai un autre problème qui amuse Laurent ou le terrorise, ça dépend des moments.Effet probable du stress, je ne désynchronise pas mes gestes. (Ne me demandez pas comment je fais au piano ?) Donc si je me gratte la joue gauche, le petit camion part à gauche, si je tourne la tête à droite, le petit camion part à droite... Forcément, je suis tellement stressée que je cramponne le volant comme une bouée de sauvetage. Tanguage est ici fort associé au roulage. Et le vent n'y est pas pour grand'chose. En plus, les concepteurs de cette mécanique ont eu la sotte idée de faire descendre le frein à main jusqu'au ras du sol. Le siège étant surélevé (les siège avant sont montés sur pivot et font office de fauteuil séjour aux escales) je dois quasiment me coucher sur la portière gauche pour descendre à fond le frein... C'est pas la meilleure des positions pour mon dos... Et je couine de temps en temps. Vivent les démarrages en côte. Je me réjouis d'avance et en attendant je reste lancée sur cette belle route qui file vers la Laponie.
Laurent est d'une zéniture remarquable. On avance avec modération. (trop vite à son gré... ?) Le premier circuit de plus de 200 km m'a permis de prendre en mains et en pieds, l'engin. Maintenant nous faisons des étapes plus courtes et je me sens plus à l'aise. Je ne tangue plus et je ne cale plus... Le petit camion et la légendaire patience de Laurent m'ont apprivoisée. Je dirais même qu'une réelle complicité s'est établie entre nous trois.

foret laponeEt puis au bout du chemin, je sais qu'il y a toujours l'escale. comme disait notre ami Serge, l'escale, c'est qu'il y a de meilleur dans la navigation,  En pleine forêt lapone, Laurent a trouvé un super espace détente, en bord de rivière. Au bout d'une piste à ornières mais je négocie ça pas trop mal. Immense, pas de manoeuvres compliquées pour se ranger. A distance respectable deux caravanes fermées. Quel bel endroit pour se ressourcer. Au réveil mauvaise surprise. Lorsque Laurent se lève, sur sa jambe, sous l'orthèse, s'étale un immense bleu qui couvre jusqu'au bas de sa cheville. Pas beau et préoccupant. Mais les piqures anti phlébite provoquent peut-être ce phénomène. D'accord mais si ça s'aggrave, paumés ici, on fait quoi ?
- J'ai pas mal, donc tout va bien.
Il détend un peu les scratches de chaque lanière de l'orthèse, histoire de limiter la compression. Le soir c'est le haut de la cuisse qui est tout bleu. Je ne suis plus tranquille du tout. C'est dangereux des vaisseaux qui pètent comme ça, sans un cri ? Nuit d'angoisse. Je me lève plusieurs fois pour m'assurer que Laurent respire normalement, qu'il n'est pas fiévreux... et observer sa jambe. Ce jour n'en finit pas de mourir et de se lever, une vraie nuit blanche. Au lever, la situation s'est stabilisée. Pas de nouvelles traces d'explosions sous la peau.
- Peut-être qu'il faudrait appeler le médecin de Narvik pour avoir son avis ?
- A distance, par téléphone, s'expliquer avec notre anglais scolaire et son anglais scandinave. Ou là là ! Déjà que c'était dur face à face.
- T'imagine, s'il faut baisser les doses de l'anticoagulant. Où c'est qu'on a va trouver une nouvelle prescription dans ce coin aussi merveilleux que perdu ?
- En plus, comme c'est moi qui pilote, on s'en sortira pas. Quand on sait où on va je galère, mais si je sais pas où on va alors là !
- Alors on fait quoi ?
- Le mieux ce serait que tu te poses, que tu bouges pas et ce soir on avise.
Mais nous ne sommes tranquilles ni l'un, ni l'autre. Ni le torrent qui nous envoie de si jolis signaux, ni la forêt qui murmure son silence ne nous apaisent. En fin d'après-midi, je me prépare un thé, Laurent observe les bulles de son eau pétillante. C'est pas la joie à bord
- Et si j'appelais notre médecin de Velaux pour lui demander son avis, au moins on parlerait la même langue.
- J'sais pas. A cette heure tu vas le déranger en pleine consultation. En plus il va même pas savoir de quoi tu parles. Comment veux-tu qu'il te conseille ?
- Oui, mais il aura un avis médical au moins. Et si j'appelle à un autre moment, il sera en visite ou chez lui. Je le dérangerai toujours.
J'hésite, je sais pas quoi dire à Laurent; c'est vrai, nous avons confiance en lui. Si ça tourne mal, je suis certaine qu'il nous dira vous auriez du m'appeler. alors ?
- Alors essaie, tu verras bien.
Comme ce fut simple et bénéfique. Notre médecin étant abonné de "coucounets" et les ayant lus, il était tout à fait au courant; Tout de suite très rassurant. En gros une fracture de la rotule ça guérit bien. Quant aux bleus c'est ce qu'il y a plus normal. Pas de quoi s'affoler. Le genou désenfle, pas de fièvre et marche tranquille avec le soutien des cannes anglaises. Tout va bien... Le temps est avec nous... Merci mille fois, ami Docteur, pour ce soutien optmiste. Nous en avions grand besoin à ce moment là.
A peine retrouvons-nous notre joie de vacanciers, que de grands cris nous attirent dehors. Une sorte de géant a longue barbe broussailleuse, âge indéfini car il marche avec difficulté et pas très droit, mais autour des yeux la peau est lisse, rose et jeune. Le regard clair et pétillant. Il s'empare d'un de nos fauteuils et nous ordonne de nous assoir. C'est quoi ce molotru? (Je reste debout vu que nous n'avons que deux sièges). Il pose trois bières sur la table et un limonadier très jolimnent décoré d'un gros poissons bleu et or. Je cherche des verres. Je m'assieds sur le marchepied du carré. Et là on se coltine pratiquement deux heures de délires plus ou moins éthyliques, plus ou moins paranos, affreusement machos, dans un anglais très approximatif arrangé en suédois, voire en allemand... Une horreur ! Il se prétend artiste. Laurent toujours poli :
- Vous peignez quoi ?
- Surtout des femmes.
- Ah bon, c'est chouette.
- Oui, je peins des vagins...
J'ai poussé un cri. "oh Non !"
Il a rigolé,
- c'est ce que je peins, mais chacun voit ce qu'il veut.
Moi, je vous le dis tout net, dans les coins paradis de scandinavie y'a pire que les ours à craindre. Laurent inébranlable faisait de louables efforts pour essayer de suivre et faire dériver les échanges sur des terrains moins troubles. Pas moyen. Finalement je me suis levée, me suis adressée à Laurent en français.
- Laurent faut qu'on y aille, tu dois marcher un peu avant le repas.
Laurent a traduit. L'artiste m'a regardée d'un air moqueur. Il a continué tranquillement à siroter son fond de bière, déblatérant sur Hitler et Trump, et les femmes (cherchez le rapport ?) avec de grands gestes désordonnés et en entonnant un thème nazzi. Mort de rire par moment, pour je ne sais quelles inepties qui tournaient en rond dans sa tête.
J'ai mis mes chaussures, j'ai tendu ses cannes à Laurent et la main au monsieur. Il a enfin compris. Il a fait silence. Il s'est levé pour nous saluer. Il a remercié Laurent pour la gentillesse de son accueil et il a disparu vers sa caravane à l'autre bout du terrain. Pauvre homme !
Nous avons fait quelques pas dans la forêt, jusqu'à un sympathique pont de bois. Nous avons entendu des hurlements, des cris à peine humains. Notre visiteur faisait-il une crise personnelle, des vocalises ? Pas rassurés, nous sommes rentrés à bord. Nous avons roulé notre auvent, plié notre tapis de sol. J'ai rangé les tables et les chaises extérieures et nous nous sommes rapatriés dans le carré. Prêts à un départ précipité au cas où. Après une nuit tranquille, nous avons quitté ce magnifique endroit.

02-08-2018- à travers la Suède Lapone

caribou
    
vendredi 27 juillet 2018 -Morjvarv - N 66°01420;20   E 22°41'10.13
Nous avons repassé le cercle polaire. Moins impressionnant que de l'autre côté, par la Norvège. Mais toujours des forêts d'épicéas, des lacs, une route très belle. Mais souvenez-vous, je suis au volant, les yeux scotchés au delà du bitume... Alors le paysage, c'est plus trop mon truc. Je veux détecter la moindre ombre qui évoquerait un renne car nous en avons retrouvés sur notre route. Les chemins de forêt sont balisés de leurs petits tas de crottes. Ils zonent dans notre coin, les caribous. Ils sont aussi à l'aise sur cette nationale que les cochons noirs dans les routes montagneuses en Corse. Infestées de moustiques aussi. On s'est fait mordre tous les deux par ces bestioles carnivores qui nous rappellent les vilains maringouins des Laurentides au Québec. Sales bestioles. Cette escales là est pourtant la plus belle de toutes les escales de ce voyage. Au bout d'une large piste, d'environ un kilomètre, une allée royale à peine cabossée. Elle aboutit à une large place de sable dur. Entourée de forêts, au bout du monde. Ici, je peux me sentir calme et en vacances. Trop belles ces claires forêts. Les sapins sont maigres et poussent par paquets. Ici, une maman semble prendre son petit dans ses bras . PLus loin un alignement de quatre ou cinq arbres parfaitement droits prêts à avancer en ordre serré. Ailleurs un attroupement de jeunes arbres un peu en désordre comme des enfants qui joueraient dans la cour. Ne manque que le ballon. Ou là encore, des arbres plus touffus en rond qui font papotage comme des femmes sur la place du marché. Et les traces de rennes à quelques pattes de notre petit camion. Tout un monde ici. Le sol est tapissé de myrtilles et de caillasses. Laurent y fait des petits tours pour marcher mais aussi pour se régaler. Le bonheur tient à si peu de choses.

Mercredi 1er aout 2018 - Torefors - N 65° 53'18.31  E 22°40' 49.13
fluteEncore une bien belle pause. Encore un long bout de piste. Encore un site parfaitement isolé et quasi désert hors quelques pêcheurs et six baigneurs qui quitteront les lieux en fin de soirée. Nous voilà en bordure d'une forêt de bouleaux, face à un bras de la Baltique. Ambiance caribou. Un ponton désafecté, site idéal pour Laurent qui n'en revient pas. Au premier lancé, magistral faut bien le dire, un esprit malin cramponne courbe sa linge et la retient. A l'approche un immenses brochet se torille en happant le vide. Notre chance c'est quatre jeunes gars, à peine arrivés avec leur combi qui sont venus aider Laurent a récupérer la bestiole. Ils avaient une épuisette, eux. On a partagé cette jolie prise avec des garçons plein d'enthousiasme en route depuis Angers vers la Norvège qu'ils venaient de quitter et sur la route de la Finlance puis de la Russie... Un bien beau projet.

brochet
Demain cap sur le camping,proxité de Luléa. C'est le temps de la laveuse-sécheuse. Y'a des impératifs comme ça auxquels nous ne pouvons échapper. Ce qui me permettra d'envoyer ce message.
Ensuite nous prendrons la route du bord de mer... en camping sauvage. Faut savoir de quoi elle a l'air cette Baltique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

07/08/18 golfe de Botnie

Nord de la Suède - Golfe de Botnie
Moron
Mörön N 65°29'01.69 E 21°57'32;04
Il y a maintenant quelques semaines que j'ai pris en main le petit camion. Nous nous sommes complètement adoptés mutuellement et avec Laurent nous formons un sympathique trio. Je me suis familiarisée au ronronnement du moteur et mon oreille perçoit avec plaisir ses différentes modulations. Finalement, je crois bien que j'y prends goût au pilotage de ce petit camion.
La route que nous pratiquons est une voie rapide style scandinave. C'est à dire qu'elle est à quatre voies ou à 3 voies, limitée à 110 km/h. Sauf que, à proximité des villages, elle est croisée par des transversales. La vitesse tombe à 70km/h voire 50 et ça repart. Certains panneaux dangers nous permettent d'imaginer de cocasses situations. .. Les icônes fréquentes d'un moto-neige ou celle d'un skieur en plein élan qui pourraient débouler d'un layon transversal, nous enchantent. Celui du renne en plein élan n'est pas différent de celui qu'on peut trouver sur nos routes forestières, à ceci près que chez nous, l'icône est un cerf... Fort étonnnant aussi des arrêts de bus en bord de voie rapide. Et régulièrement des espaces de retournement, la barrière de sécurité médiane est interrompue ce qui permet de faire demi-tour sur la voie rapide. Autrement dit, faut s'attendre à quelques surprises. Ce qui est génial et que j'apprécie énormément, c'est qu'il y a peu de monde qui circule; c'est d'un confort remarquable.
Et puis l'autre aspect qui va ponctuer tout ce périple au bord de la Baltique. C'est que nous quittons la voie rapide, pour nous engager dans des espaces de rêve mais... qui se méritent. Accessibles par des pistes plus ou moins chaotiques et qui nous posent quelquefois de sérieux doute; Auquel cas, on se pose provisoirement et on prospecte à pied. C'est ainsi que se concrétise ce merveilleux espace de Mörön. Bord de plage, qu'il ne faut pas rater si vous passer par là. Agréable diversion, Juste un tout petit port de canots locaux fort discret.
           
 canots
En bord de Baltique, la mer à peine aussi large que l'étang de Berre est bordée tout le long d'une multitude d'îles ou îlots peuplés d'arbres immenses. Une forêt s'imbrique dans l'autre. J'imagine une partie de cache-cache fabuleuse en canot à travers ces murailles vertes. La côte a du mal d'atteindre la pleine eau. Les joncs, les graminées ont envahi les bords et cachent de jolies petites criques de sable fin. Nous aimons longer cette côte, cannes anglaises et bâtons de marche à la main. Des sentiers sauvages nous ouvrent de sympathiques chemins dans l'herbe.
Nous traversons une forêt de bouleaux dont les pieds baignent dans l'eau saumâtre, puis notre chemin débouche sur l'immense prairie qui protège des habitations. Chaque résident à construit son débarcadère et son accès personnel à la mer. On passe ainsi d'un espace parfaitement sauvage à un espace parfaitement aménagé. Aucun signe ne permet de distinguer où commence la propriété privée. La nature est à tout le monde. A un moment, au débouché d'une forêt, nous avons perdu le layon qui traversait. Un homme ramassait du bois à proximité de son cabanon. Il nous a fait signe pour nous montrer où reprenait le chemin à travers sa propriété... Ainsi se partage librement l'espace dans ces beaux pays scandinaves. Ici, nous avons visité un minuscule musée qui retrace la vie des chasseurs de phoque. Il y a une centaine d'années, c'était le gagne-pain des familles locales. Une grande barque évoque les moyens rustiques de survie de ces pêcheurs-chasseurs, qui partaient en plein hiver pour plusieurs semaines avec très peu de moyens. C'était une longue barque à rames, ils partaient à cinq ou six. Pour dormir et se protéger du froid polaire, ils tendaient une toile au-dessus du fond du bateau. Tout se passait à l'extérieur. Des gamelles rudimentaires et une bouilloire en alu. Des tonnes de vêtements épais pour survivre au froid. S'il est vrai que la chasse aux phoques était barbare, elle ne faisait pas de cadeaux non plus aux humains. Et je frissonne encore en imaginant la cruauté de leur vie de misère à ces pauvres chasseurs. L'été ils vivaient de leurs potagers et d'un peu d'élevage.

foret carbousLes rennes (caribous) font aussi partie du paysage. L'hiver ils vivent dans les forêts côtières tout à fait librement. Il n'y a plus de troupeaux sauvages (nous a dit la conservatrice du musée);tous les animaux sont bagués. Lorsque la glace commence à fondre sur ce bord de Baltique, ils quittent la côte à la nage et se réfugient dans les îles voisines où ils passent l'été. C'est pourquoi on les croise sur les routes, et c'est pourquoi la trace de leurs passages est aussi visible dans le moindre layon.

vendredi 10 aout 2018
10-08-18 Lövsele- N 64° 17' 57.75   E 21°17'50.21
Encore un endroit exceptionnel dont Laurent a le secret. Une longue piste très chaotique sur plus de 5 km à travers une forêt bordélique. Jusqu'à un étroit sentier juste à la largeur du petit camion. Mais nous le savons tous, désormais, je maîtrise le volant et ne doute de rien. Hardi petit, on louvoie entre les branches qui fouettent le toit.
Laurent n'aime pas trop et au bout de deux kilomètre hasardeux nous décidons d'aller jeter un oeil à pied.... Bonne surprise. Il ne nous manque que quelques tours de roue. Nous débouchons sur une immense clairière avec la plage qui s'offre en contre bas. Encore un endroit de rêve qu'il ne faut pas louper si vous aimez les espaces sauvages et solitaires. Notre campement ici est idéal. Trêve estivale de quelques jours pour permettre au genou de Laurent de se solidifier en toute sécurité. Laurent a décidé de laisser un peu vivre librement son genou blessé et se débarrasse de temps en temps de l'orthèse. Mais les cannes le stabilisent et le rassurent.
Les 9 aout (St Amour) et 10 aout (St Laurent) sont pour nous depuis des lustres des dates que nous chérissons et festoyons. (Olivier et José s'en souviennent-ils ou bien était-ce juste important pour nous ?) Repas aussi joyeux que traditionnel : dés d'avocats salés en apéro, côtes de porc aux fins épices, mitonnées de concombres rissolés, crème de curry, et riz dorés échalote. Dessert : Magnum aux amandes... en prime dans nos verres, un rioja prestigieux soigneusement préservé pour l'occasion. Vu qu'il tombait des cordes, notre sympathique journée a gardé longuement son intimité. Le grondement de la mer déchaînée confondue avec le souffle rauque du vent dans les sapins... Oh là, là là, que c'était bon tout ça !
poudlardPlus tard, nous profitons d'une éclaircie pour déambuler à travers les sentiers. La forêt sous la brume a des aspects fantastiques, quelque peu abandonnée. Des arbres morts s'appuient sur les troncs vivants. Leurs écorces couvertes de lichens et de mousse sont décharnées. D'immmenses tapis de myrtilles s'éparpillent entre des bosses de fourmilières. Des monceaux de roches couvertes de mousses se disputent la terre avec la forêt. Parole, nous sommes entrés dans la forêt interdite de Poudlard. Dans une clairière, une énorme roche plate couverte de lichens blancs aurait pu accueillir le bal des licornes. Un énorme buisson de framboises sauvages nous a donné rendez-vous pour demain.

Vous nous imaginez tous les deux, l'un sur ses cannes anglaises, qui envoie vers l'avant sa jambe raide, l'autre, le dos de traviole, appuyée sur son bâton de marche. Et tous les deux fort heureux de cheminer étroitement l'un contre l'autre.

Oh là, là que la vie est bonne pour nous dans ce pays.

framboise

Laurent n'hésite pas à tomber les cannes pour se perdre dans les myrtilles où il fait de longues pauses pendant que je ramasse des framboises pour notre diner.
Depuis que nous dormons en bordure de bois ou de forêt (et proximité de la mer, n'y change rien) nous avons entendu souvent ces cris étranges qui nous avaient perturbés dans les fjords. Toujours vers 2h ou 3h du matin, au moment où la clarté du jour s'annonce en clair-obscur. Cette nuit, cet espèce d'appel animal a frôlé le petit camion, mais nous ne sommes pas assez vifs au milieu de la nuit...

 

15-08-18 Golfe de Botnie, pays des forges

15-08-18 - Park skuleskogen.
skolen park
                                                                      
Laurent a décidé de reprendre le volant. Tentative de pilotage. Nous ferons un petit périple à partir d'Uméa pour rejoindre le Park skuleskogen. Parc national formidable. Une fois bien posés, nous ferons à pied un sentier parfaitement balisé au coeur de la forêt. Mais après deux kilomètres confortables des caillasses et une descente un peu violente décourage Laurent. Même avec ses deux cannes anglaises, il ne veut pas prendre le risque; Je le laisse donc sur les rochers et me lance avec bonheur dans la descente. Je déboule en haut d'un escalier de bois. Trente-huit marches quasi verticales qui plongent dans un sentier. La forêt est très dense, l'obscurité est totale. L'appel de la forêt est puissant. Je m'engage avec délices dans cette descente vers le noir, la totale protection. C'est trop bon, ce silence, cette pénombre est apaisante. Environ deux kilomètres, le sentier s'aplatit. Je sors de la forêt et je m'arrête scotchée par le panorama. Une immense plage bordée de forêts, de sable fin joliment rose, un calme souverain... Tout au fond de la baie, à peine visible une toile de tente. Plus loin au large, deux jeunes amoureux chahutent dans l'eau qui leur arrive à peine aux hanches. Je me pose le temps d'un doux rêve. Lorsque je remonte vers le sentier, une grenouille solitaire appelle avec enthousiasme. J'ai longuement profité d'une remontée au ralenti pour m'imprégner de toutes ces sensations qui font le bonheur de mes jours.
pont bois
18/08/18
J'ai repris mon rôle de co-pilote et j'aime bien aussi. J'ai aussi retrouvé avec enthousiasme ma posture Matayou. Je voyage beaucoup plus confortablement. Laurent a retrouvé l'usage de ses deux jambes. Il prend d'extrêmes précautions et je trouve ça très rassurant. De ce point de vue, il est beaucoup plus sérieux que moi... Ce qui explique qu'il n'ait plus mal au genou et que je continue à grimacer à cause de mon dos...
Nous avons fait de bien belles étapes sur cette route le long du golfe de Botnie. Il y a des multitudes d'endroits où se poser en toutes libertés. Nous avons aussi visité de sympathiques petites villes, Nordingra,Harnosand, Sunsvall, Gävle.

Cap plus vers le sud est... route côtière toujours. Nous traverserons le pays des forges. Villages créés par les industriels qui ont fait de la Suède le producteur de l'acier le plus fameux que toute l'Europe s'arrachait pendant des décennies. Les immenses manoirs qui trônent au milieu de fabuleuses propriétés sont le centre de ces villages. Les ouvrier logeaient de l'autre côté de la route dans leurs maisons ouvrières. L'histoire rend largement compte du prestige de ces richissimes patrons mais elle escamote quelque peu les conditions de vie des ouvriers qui se résument par un laconique. "Ils étaient auto-suffisants et ne manquaient de rien...". Nous avons donc flâné dans ces lieux prestigieux en nous laissant éblouir par leur majesté. Longues bâtisses de communs, jardins à l'anglaise parfaitement alignés autour d'un lac articifiel, sentiers discrets, orangeraie, kiosque rustique... Tranquille comme une promenade dominicale.

Ici les maisons ont perdu leur aspect de chalets aggrandis au fil du temps. Ce sont de grosses bâtisses au toit cassé. Cela leur donne un aspect très imposant. Elles trônent comme des matrones au milieu des annexes en bois qui font le charme de toutes les propriétés scandinaves : réserve de bois, atelier, garage, four à sauna, pergola avec petit salon extérieur, jeux d'enfants... et quelquefois modeste potager. C'est aussi un monde plus paysan. Les corps de fermes sont immenses. La forêt aussi a changé d'aspect. La guerre entre le minéral et le végétal a été déclarée et souvent le minéral a gagné. Les forêts avec leurs dômes de lichens entre les racines des arbres ont été dévastées. Il reste un amoncellement de rochers et de pierres énormes ; les mousses ont séché et y laissent de vilaines traînées comme des blessures mal cicatrisées. C'est un univers chaotique et un peu effrayant. Quelques kilomètres plus loin, la forêt réapparaît avec ses arbres déracinées en travers des arbres debout, et d'énormes souches renversées qui exposent leurs dessous de manière si indécente.

19-08-18 Kallegro  N  60° 20' 46.67 - E 18°15' 28.79

mer
Nous avons visité la sympathique ville de Öregrund. Un très grand port (départ direct vers la Finlande), de très jolies rues bordées de maisons en bois, fort coquettes. Un port de plaisance où nous sommes longuement attardés que les bars et restaurants égaient. Un monde touristique qui se déploie et donne une ambiance très décontractée à la ville. Nous avons failli y rester pour dormir à proximité du port, face à la mer... Mais nous n'avons pas pu nous résoudre à devenir citadins. Cap sur Osthamnar
Et voilà notre dernier séjour dans le golfe de Botnie- Encore une réserve naturelle en bord de mer. C'est une des rares fois où nous ne sommes pas tout seuls sur l'espace. Il doit y avoir une douzaine de campeurs. Mais l'espace est grand et ce n'est pas gênant. Et puis, faut bien revenir à la vie citadine un jour ou l'autre...

 

foet

 

 

20-08-18 Suède suite

lundi 20-08-18 UPSALA -

rameuse           
Nous entrons dans des zones nettement plus urbanisées. Les forêts toujours denses sont ici domestiquées. Des lacs à profusion, et une véritable autoroute mais d'abord pause à Upsala. Ville de Linné et Ingmar Bergman. Une très jolie ville. La vaste cathédrale (construite de 1270 à  1435) toute en briques rouges, est un vrai bijou. Ses deux flèches dominent à 120 mètres. Ici, une profonde méditation s'impose et ça fait du bien. Nous avons longuement flâné dans des rues piétonnes vivantes et tranquilles à la fois.  Les étudiants sont en mode bizutage, la rentrée se fait dans la joie générale. De belles promenades sont promises le long du Fyrisan, qui traverse la ville. Si je devais m'expatrier en Suède...
upsala
Cap sur Stockhom. C'est le bout du majestueux lac Malaren que nous avons longuement longé avant notre arrivée en ville. Nous devons traverser la capitale pour atteindre notre étape en périphérie. Un peu étonnés d'entrer là sans quitter l'autoroute, un immense échangeur train, métro, voiture bus et ferries.... tout ça sur le même pont.... Il est 18h00 et la circulation est très fluide... Aucun problème.  Nous trouvons un petit camping familial au bord d'un lac, absolument calme à quinze minutes à piedsdu métro pour Stockholm la grande...  Et nous voici, en route, petites foulées tranquilles, (Le pas un peu lent de Laurent m'impatiente quelque peu- et me donne mal au dos) le long d'une allée en partie le long du lac. Au bout, se trouve la station de métro en plein quartier de villas très chics. Mais nous n'arrivons pas jusque là. A dix minutes du camping, Laurent se pose sur un banc, l'air soucieux. Il vide son sac à dos, fouille ses poches.
_ J'ai oublié mon porte-feuilles au petit camion ?
- Pas grave j'ai le mien avec ma carte bleue.
- Super... on n'a pas besoin de faire demi-tour alors !
Nous voilà repartis à l'assaut de quelques côtes courtes mais bonnes. Quinze minute de suées mais fort agréables. Nous essayons la borne automatique pour l'achat des tickets mais elle refuse ma carte bleue visa. Pourtant, elle a servi à retirer du liquide en Norvège. Nous nous présentons à un guichet. Une dame fort avenante d'une quarantaine d'années nous accueille dans un anglais aussi approximatif que le nôtre. Nous pouvons avoir quatre billets (AR) avec prolongation jusqu'à minuit. 14 € pour nous deux. D'accord. Bien entendu ma carte bancaire se met en défaut et nous n'avons pas un sou en espèces. Pas de banque avant la ville (une dizaine de kilomètres)  pour tenter un retrait. Après plusieurs tentatives, (la dame tente de mystérieuses manipulations sur son terminal), rien à faire. Laurent émet de sérieux doutes sur mon code. (ce qui m'énerve prodigieusement)  Il demande quelques minutes et via smartphone essaie d'interroger je ne sais lequel de ses comptes pour contôler la validité de mon code. Un bon quart d'heure se passe en vaines manipulations des deux côtés de la vitre. Qui devient lentement une bonne demie-heure. Heureusement pas un chat ne se présente au guichet. La dame régulièrement m'adresse des sourires désolés et patients. Je la prie de nous excuser pour tout ce temps perdu.
- Pas de problème, j'ai que ça à faire.
Finalement Laurent confirme que le code est bon. Nous hésitons. On retourne au camping et on zappe la visite de la grande ville ? Ce qui me fend le coeur. Ou bien je cours de mon pas impatient jusqu'au camping récupérer les papiers de Laurent; Laurent ne veut pas faire l'aller-retour (une petite demie heure de pas rapides en montées et descentes, c'est hors de sa moblité actuelle). La dame du guichet d'un air contrarié :
- dois-je annuler vos billets ?
- Non, non, je vais chercher nos papiers au camping.
Je laissse Laurent à l'extérieur, proche d'un square avec bancs accueillants. C'est là qu'il doit m'attendre. J'avoue que je suis enchantée de reprendre à mon rythme soutenu la belle allée le long du lac. Mais je flâne pas.
barques
Lorsque je me pointe vingt minutes plus tard au métro, Laurent est invisible. Comme d'hab je n'ai pas jugé utile de m'embarrasser de mon tél portable. Le croirez-vous, j'ai cherché Laurent pendant plus d'un quart d'heure. Je fulminais. Mais où diable était-il allé ? Pourquoi n'est-il pas resté dans ce minuscule square bien visible ? J'ai fait le tour du petit supermarché (coop, c'est une enseigne très répandue ici) Je ne sais combien de fois le tour de la place,  une mulititude aller-retour entre le square et le guichet métro. La dame toujours aussi patiente m'adresse des sourires compatissants... Elle doit penser que Laurent m'a plaquée... Je sens dans son sourire une grande pitié. Ma crainte plus réaliste, c'est que peut-être Laurent s'est emmêlé les pieds en agitant les bras (on a déjà vécu ça, y'a pas si longtemps) ou pire qu'il a eu un malaise... Faut-il me mettre à pleurer ? Finalement, ça fait maintenant vingt minutes que je piétinne. Je décide de retourner au camion, là-bas j'aurai le secours de mon téléphone portable.  Décision prise, l'action me fait du bien et je repars en petites foulées.  Au moment où je m'engage dans la descente vers le lac, je croise, devinez qui, de son pas tranquille qui remonte du lac.
- Mais qu'est-ce que tu fais là ?
_ Le square était plein de courants d'air. J'ai préféré m'assoir sur ton chemin en guettant les passages pour pas te rater.
- Vraiment et t'as pris bien soin de te planquer alors ?
- Pas du tout, je t'ai vraiment pas vue. Sauf une femme qui m'a laissé un doute, elle était vachement belle, elle te ressemblait ! C'était pas toi.
- Forcément si elle était trop belle, impossible que ce soit moi !
- Pfuit, tu dis n'importe quoi.
stockholm
Bon, on se calme, on est dans le métro en Suède, en route pour Stockholm ! On a perdu assez de temps comme ça, on va le perdre en plus avec des fâcheries.
Quelle ville. Elle est distribuée en une multitude d'îles (14 îles principales comme autant de quartiers, avec chacun son caractère. Médiéval, commerçant, historiques ou administratif et résolument moderne. Quartier ouvrier, étudiant, ou bourgeois avec d'étonnants hôtels particuliers ou carrément bucolique.  Plus de 80 édifices  (musées, palais, châteaux... dont certains dominent les côteaux) Nous y passons de bien beaux moments et le plus extraordinaire dans la cathédrale. Ce qui nous a le plus séduit, c'est qu'on passe si on veut d'une île à l'autre (d'un quartier à l'autre) par des navettes maritimes. C'est chouette. Notre idée c'est de revenir en séjour exclusif (au moins une semaine) à Stockholm... par avion et à l'hôtel en ville. Quand on sera vieux ! avec la carte bleue sénior précise Laurent.

jeudi 23 -08-18 Jönköping - N 57° 46'32.86     E 13°50'31.97

Depuis que nous sommes revenus vers le sud l'ambiance change considérablement. Ici le vélo est redevenu roi des pistes. Les routes et rues y sont parfaitement aménagées et c'est un vrai danger pour le petit camion car ils déboulent de manière un peu sauvage. Quant aux risques piétons, j'ai forcément failli me faire renverser quelquefois par un vélo fou... Ils sont pire que les mouches au bord des forêts. Ils arrivent par nuées. Ils passent de tous les côtés dans les deux sens. Impossible de les affronter, faut se planquer. Je hais les cyclistes urbains. Par contre et ça ne manque pas de nous étonner, les automotilistes sont exemplaires. Dès qu'on se présente au bord de la route, ville ou campagne, on nous cède systématiquement le passage. J'en use et j'en abuse, c'est trop sensationnel.
linkopinh
Remettons nous de nos émotions urbaines. Notre nouvelle étape est en bord de lac.  Les zones rurales sont aux portes de la ville. Mais ce n'est plus le même genre de séjour. La socialisation est partout jusque dans les forêts, qui deviennent fort disciplinées et les champs parfaitement rasés, et les prairies coupées à ras. Et les fermes opulentes et immenses. Nous avons définitivement perdu la trace des rennes. Il n'y a plus les sympathiques panneaux dangers, skieurs ou moto-neiges. L'autoroute est une vraie quatre voies, monotone mais sécurisée. Notre cap est une légère remontée vers l'ouest vers Götebörg que nous envisageons de visiter. Mais à la recherche d'un lieu sûr, nous nous rendons compte que la ville est fort douteuse. Les vols et fractures de portes sont fréquents dans les parkings urbains. C'est la ville migratoire dans tous ses excès. C'est plus négligé, plus douteux, plus cosmopolite aussi. Ainsi, le danger ne vient pas de la nature profonde, aussi sauvage qu'elle soit, mais bien des zones urbaines. Nous décidons de faire l'impasse sur cette grande ville portuaire. Nous ferons de petites étapes en bordure de village, "au p'tit bonheur la chance" ma méthode de recherche favorite. Et nous reviendrons à Götebörg dimanche matin pour prendre le ferry et passer au nord du Danemark. Voire un peu à quoi ressemble ce nouveau pays.
Ainsi nous perdons définitivement de vue ce nord scandinave que j'ai tant aimé... Nostalgie déjà. Ouste on se reprend. La perspective de trois heures en mer a de quoi me réjouir pour dimanche.

 

01/09/18 Danemark retour

bateau

Dimanche matin 26 aout 2018, 9h10. Nous quittons le port de Göteborg Suède (pour info prix de la traversée pour nous deux et le petit camion (7m) 166 € (3h30 de mer). Compagnie Stenaline, un immense ferry de dix étages.  3 étages dédiés aux véhicules, 7 étages pour le confort des passagers... Autrement dit une totale opulence et un accueil extrêment luxueux. On se case dans des fauteuils en terrasse couverte, baies vitrées en poupe... La mer est calme à peine ourlée de petits bandeaux d'écume. Une ligne de nuages en wagonnets blancs se poussent dans un ciel parfaitement bleu. Est-ce l'altitude de notre terrasse, est-ce la mer archi-plate, il me semble que j'aurais juste à lever les bras pour toucher les nuages. Le ciel à portée de main, n'est-ce pas extraordinaire ?
Débarquement facile à Frederikshavn, pas de douane à l'arrivée au Danemark, pas de contrôle d'aucune sorte... Nous prenons la route côtière vers le nord de l'île. A babord, côté terre, ce sont de grandes zones agricoles. A tribord, la mer, de plus en plus agitée vers le nord. Puis d'un coup, la terre disparaît et nous sommes noyés dans un monde de dunes à perte de vue. Désert total, le vent forcit. Température autour de 15° mais ciel clair. A l'affut des images, je guette un avion échoué dans le sable, la silhouette d'un aviateur exaspéré et celle d'un jeune garçon aux cheveux blonds comme les blés, l'écharpe blanche au vent. Ces choses qui n'existent pas me comblent de bonheur.
Nous passerons la journée à la pointe extême nord. Grenen est un endroit fabuleux.  Ici s'enlacent  la mer du nord et la mer Baltique... Leur étreinte est farouche et le vent d'une violence rare. La mer y est tumultueuse. Pas la peine d'envisager un bain de mer. Quel dommage !
A Skagen, village voisin, Laurent a repéré un abri pour la nuit entre les dunes. Nous quittons la route littoral pour nous engager sur une piste sable et herbes... Et des dunes herbeuses qui se déploient devant nous. C'est le bout d'un autre monde.

Lundi 27 aout 2018  SKAGEN N 57°36'09;35    E 10°14'15;72

dunes
Le vent a secoué le petit camion cette nuit, il a rugit fort dans notre habitacle. Il ne m'en fallait pas plus pour ressentir un sympathique roulis qui m'a délicieusement bercée. Quelle belle nuit. Aux aurores, la pluie jouait des castagnettes sur le toit du petit camion et le roulis s'est accentué.
- Laurent qu'est-ce qui te plait le mieux dans cette ambiance ?
- De pas m'inquiéter pour la sécurité du mouillage...
A chacun ses petits bonheurs du jour.
Mardi et mercredi seront consacrés à des visites "culturelles". Le remarquable musée de la marine à Aalborg. Un labyrinthe de salles y exposent foultitude de maquettes, plus fines, plus belles les unes que les autres. Des instruments de navigation inattendus, des appareils de propulsion, des costumes historiques et même de la vaisselle de bord.  Toute une salle dédiée au naufrage du titanique avec l'ambiance dans les glaces... Mais aussi de vrais navires, un poste de pilotage virtuel dont Laurent prend les commandes.  Il ne nous ménera pas à "bon port" mais nous aurons explosé un voilier, une digue et un ferry... avant de nous couler nous-mêmes. C'est rigolo et sympa quand c'est pour du beurre !  A l'extérieur expo de ports miniatures ? de villes maritimes pour traîner en toute tranquillité et le clou du musée, un vrai sous-marin, "le pringenen". Un escalier métallique nous mène à ses entrailles. Je suis suffoquée par l'odeur de graisse chaude, et l'obscurité, d'humidité (dehors il pleut). Merci, ça me suffit ! Laurent s'enfonce dans cet étrange tunnel. Je trouve un coin abrité pour méditer sur tout ça... Tous les quarts d'heure une sonnerie dans le sous-marin sonne pour alerte fictive. J'en laisse passer deux, puis je m'inquiète, ça fait un moment que j'attends. Va falloir que je fasse porter Laurent disparu. Je me coltine l'enfilade de salles (au moins 500 mètres) au pas de course. A l'accueil, personne n'a vu Laurent et je ne veux pas entrer dans le sous-marin  à sa recherche. On tergiverse avec mon anglais douteux c'est plutôt du folklore. Finalement, une dame aimable m'accompagne. Lorsque nous sommes sous le navire, Laurent arrive à babord. Il vient vers nous, d'un pas tranquille et régulier,  vous savez comme le flâneur dans "les tableaux d'une exposition"... Il y a avait aussi par là un navire de guerre à explorer... Fallait pas rater ça. Je le sens encore imprégné de ce qu'il a vu et imaginé de ces vies à bord. Il y a en lui quelque chose de magnifique dans sa sénérité à ce moment-là. J'adore !

chateau

Mercredi soir -skörkping- N 68°48'11.00- E 9°55'00;00
Nous avons pénétré dans la plus vaste forêt danoise, hêtres et conifères immenses, marais et lacs. C'est le parc national Rebild. Cette forêt n'a pas la sauvagerie, ni le chaos des suédoises que j'ai tant aimées. Mais elles sont tout aussi tranquilles et sécurisantes. Encore un étonnant bout de piste où Laurent excelle désormais et nous voilà seuls au monde... Avec au soleil couchant, la lune levée sur le lac. Un petit bout d'éternité nous frôle.  A 22h, un véhicule arrive à vive allure, il se range devant nous. Puis plus rien. Qui est cet olibrius qui perturbe une si belle soirée ? Plus tard encore, nous sommes surpris d'entendre dans cette solitude, le son léger d'une sorte de harpe celtique... Puis vient la vraie nuit. Lorsque nous émergeons d'une nuit tranquille, notre voisin nous adresse de grands signes d'amitié. Laurent va vers lui. Il a envie d'en savoir plus sur cette étrange musique; et nous rencontrons un homme d'une cinquantaine d'années, sec mais zen... qui dégage une odeur indéfinissable... L'homme vient du Pays de Galle et son accent est épouvantable, à cela s'ajoute le nôtre avec toutes nos approximations... alors j'ai peut-être pas tout bien compris. C'est un intégriste à sa manière; Il ne vit que d'amour et d'eau fraiche. Il compte sur la nature et la méditation pour garder la forme, et la musique. C'est un saltimbaque qui vit de sa musique de rue. Il sort l'instrument qui nous a  bercé la veille. Une sorte de grand chaudron en métal léger au couvercle bombé. Faisant cercle tout autour, avec un gros creux au milieu, huit empreintes adaptées à la pulpe du doigt permettent de jouer 8 notes. Notre musicien nous dit que cet instrumen, qu'il appelle "hand pan ? "  se joue sur une gamme japonaise ????  Qu'il nous joue, mais dont nous ne reconnaissons pas le timbre oriental. Il égrenne pour nous de sympathiques arpèges. Une chouette somnambule, les yeux tout pisseux vient se poser là et se laisse bercer. Quelque chose de divin nous frôle.

ville

Nous ferons un petit tour à Viborg, ville de province typique du  Danemark. On aime bien les rues piétonnes animées mais sans bousculade, des citadins qui flânent. Et de magnifiques édifices, de briques roses ou jaunes, comme toutes les constructions ici.

Jeudi 30 08/18 -
chateauLe long de cette côte ouest, encore une visite culturelle au château 16è de Spottrup. Encore un lieu au mileu des dunes. Puis nous nous arrêterons pour flâner à Ringköping, belle petite ville typique avec un port de pêche qui nous a retenu un grand moment; Nous nous engageons ensuite dans une sorte de langue de terre sableuse, Homlsland klit, qui sépare le fjord de la mer. Nous nous installons dans un camping proche du phare de Norre Lyngvig... Le matin nous partons à travers les dunes pour atteindre la mer du nord à 1 km de là, au pied du phare. Laurent préfère grimper, moins je préfère contourner. Mon sentier me mène à travers des bruyères brunes, vertes, roses ou mauves qui se mêlent, avec quelquefois l'éclair d'une minuscule fleur jaune...  Laurent disparaît quelquefois caché par le dos d'une dune colorée et lumineuse. Je me laisse émouvoir lorsque le haut de son crâne blond réapparaît. Belle partie de cache-cache qui se joue entre lui et moi, à son insu. Sous le phare, la mer du nord roule ses vagues le long d'une plage quasi déserte. Le vent fort de la nuit a dessiné de jolies dentelles dans le sable immaculé. Tout est immense ici. Magifique.
phare

 

09-09-18 Danemark -Allemagne

digues

01/09/18  - TOFTUM - PARK DE L'ECLUSE -
La route qui nous mène à l'île de Romo est une digue sur la mer qui nous enchante. Bordée de prairies,  vaches et vachettes, chevaux, moutons et chèvres... tout ce petit monde se partage librement l'espace. A quelques kilomètres de l'écluse au bout de cette piste, un alignement de voitures nous intrigue. Plus loin un attroupement d'une cinquantaine de personnes, grosse tache noire qui s'étale sur le bas-côté. Accident ?  L'évènement doit être exceptionnel. Il y a si peu de places pour passer. Une femme s'approche, côté conducteur. Explication en anglais  bien entendu.
- Pourquoi tout ce monde, que se passe-t-il ?

- Nous attendons le "soleil noir".
- Soleil noir, une éclipse ?
- Oui une éclipse de darkbirds.
-Une éclipse de corbeaux... ?
- Oui, lorsque le soleil se couche. Vous pouvez passer lentement et vous garer plus loin.
Fichtre quel évènement en effet !
Nous continuons lentement jusqu'à l'écluse qui contient les assauts maritime. La digue, est un chouette rempart contre la mer. Un foule considérable s'est rassemblée en haut des pentes herbeuses, face au soleil qui descend sous l'hori zon. Les mammifères  broutent, nullement perturbés par ce peuple qui piétinne son herbe. Nous trouvons pour le petit camion, une place très sympathique au bord de l'écluse. L'écoulement de l'eau nous bercera agréablement toute la nuit.
Bien installés, nous partons à l'assaut de la digue et aux infos concernant cette étrange éclipse.
Et là, nous rencontrons un couple vraiment agréable. Il nous montre des extraits de journaux (en Danois, on risque pas de comprendrles images sont belles. Ainsi à ce moment de l'année, les étournaux (sansonnets) se rassemblent ici. Ils organisent leur convoi de navigateurs des airs. Ils passent en troupes très serrées, en rubans dansants qui roulent et se déroulent. De gigantesques arabesques qui ferment le soleil et font sur terre une pénombre totale... une sorte d'éclipse. Il faut donc guetter le moment.

- Oui, mais vous êtes certain que c'est aujourd'hui ?
- Non, bien sûr, il faut venir tous les soirs pour saisir le bon moment.
Donc nous guetterons, ce soir là, et le suivant. Mais nous ne verrons pas le "soleil noir" des "black birds"
Cette étape un peu longue nous a permis de retourner visiter la magnifique ville de Ribes.  C'est une ville qu'il ne faut pas rater. Nos deux visites nous ont  vraiment séduits.

05/09/18  Lac WIETELSEE au bord de la Weyle. N 53°004 31.53  E 8°53'57;65

ville

Nous sommes passés en Allemagne sans vraiment nous en rendre compte. Nous quittons le Danemark salués par les trois pavillons de pays Nordique. Nous entrons en Allemagne accueillis par les pavillons, européens, allemand et français.
Mais les villages changent d'aspect, plus proches des rues pavées et maisons à colombages, familiers au monde alsacien.
Mais ce qui nous choque le plus, c'est les champs d'éoliennes, par centaines. C'est un vrai spectacle. Au milieu des prés, au milieu des champs. Les tracteurs qui labourent au pied de ces monstres ont l'air d'engins miniatures. On les trouve continuellement au  bord des autoroutes ou des nationales. Ces mobiles géants montent une garde presque angoissante tant c'est important. Pour me rassurer, je me dis qu'ainsi l'Allemagne prend très au sérieux la protection de la planète. Lorsque les châteaux forts ont été construits sur les hauteurs, visibles de loin, ont-ils défiguré les paysages en leur temps ? Dans quelques centaines d'années, y aura-t-il des circuits touristiques organisés genre, la route des éoliennes, comme on fait la route du vin ou celle des des châteaux de touraine... On trouverait alors, ces vestiges émouvants et aussi beaux qu'impressionnants.

05/09/18  Lac WIETELSEE au bord de la Weyle. N 53°004 31.53  E 8°53'57;65

wiese
Toujours de sympathiques étapes en bord de rivière ou au milieu des prés. Proches toujours d'une ville médiévale dont nous arpentons les pavés avec enthousiasme; C'est un bien beau pays sous nos pas. Laurent est fort adroit pour nous dégoter des lieux toujours accueillants, toujours très tranquilles, et toujours au milieu de nulle part. Je me fie complètement à lui. J'adore.
Nous quitterons notre parc à moutons (une fois habitués à nous, on ne les a plus entendus sauf de loin en loin, un agneau en perdition qui appelait sa mère) pour notre première journée d'été. On range enfin les polaires et la couverture. On sort les sandales et les shorts... Oh que ça fait du bien cet air délicat à 26° en journée.

ville
Après Itzehoe Laurent décide de passer au sud de l'Elbe par la barge locale que nous prendrons dans un village au nom sympa, Gluckstadt.  On a du pot on ne fera la queue qu'une heure. Il y a de chaque côté de la barge une sorte de pont extérieur que je vais explorer; et j'y rencontre un charmant passager allemand qui engage la conversation en français qu'il n'a pas pratiqué depuis l'école, il y a une bonne trentaine d'années. Vous imaginez la profondeur de notre conversation de trente minutes. Il me sourit, quelques mots que je ne comprends pas. Et la conversation démarre. C'est moi qui m'y colle ...
- Je connais l'île d'Elbe, mais la rivière j'avais jamais entendu parler...
J'ai beau retourner cette formulation dans tous les sens, il ne comprend rien. Ce qui nous permet de joyeux fous-rire quand il essaie de reprendre et de comprendre. Finalement il m'explique laborieusement. Je résume de longues minutes d'explication en mots hachurés et pêle-mêle.
- L'Elbe court sur 120 km depuis la Yougoslavie jusqu'à la mer du nord. Elle est navigable... Elle est magnifique...
(Faudra que je vérifie tout ça à mon retour)
Puis je change de propos et je le surprends.
- Comment vous appelez-vous ?
Il ne s'attendait pas à cette question et ne comprend pas tout de suite, forcément, il était pas encore dans ce contexte là... Il était resté sur l'Elbe.
- Je m'appelle Jeanne, et  vous comment vous appelez-vous ?
Il ne comprend toujours pas, pourtant je parle lentement. Dois-je me mettre au langage "Tarzan". Non, son regard se concentre, ses sourcils se froncent. Il cherche ses mots.
- Ah oui, Jeanne,  comme Jeanne d'Arc.
- Oui, et  vous ?

- Je, moi ?
- Oui, vous !
- Oh j'aime bien Jeanne d'Arc.
- Oui, mais comment vous appelez-vous ?
Son visage s'éclaire.
- Ah,
Moi, je m'appelle Klaus.
- Oh, comme Santa Klaus, Saint Nicolas, mois aussi j'aime bien
Et là, il me lance un regard parfaitement moqueur.
- Non comme Klaus Sarkosi, vous aimez aussi ?
- Pfuit !
On rigole de bon coeur et on se quitte car nous débarquons. Certaines rencontres comme ça, éphèmère et parfaite me mette en joie.

06/09/18  Guxhagen N 51° 12'09.72 E 9°28'47.82

ville
Encore de  belles bourgades médiévales dont on ne se lasse pas. Et qui nous permettent de nous défouler un peu les jambes.  Nous nous arrêterons longuement à Nienboug. Puis nous longeons la Fulda. Encore une rivière agréable et verdoyante malgré les éoliennes qui dessinent leurs hautes silouhettes au delà des prés. Elles sont plus discrètes en petits paquets ou carrément isolées. Moins envahissantes dirons-nous. Mais incontournables.
A Weyle, belle étape et nuit parfaite proche d'une marina de la rivière Weser, haut lieu de pêche. Nous sommes estomaqués qu'au moment où le petit camion se sent parfaitement garé, un homme nous fasse signe de nous déplacer. Il nous guide juste devant, face à la rivière, vue imprenable mais un peu envahie de mauvaise herbe.
- Attendez !
Il revient avec une serpette et nous dégage un bel espace de camping tout propre puis retourne à sa pêche. Encore une belle rencontre.
Nouvelle étape à Guxhagen, au bord de la Fulda.
Nous trouverons un bel espace herbeux en bord de rivière toujours. Un grand mesti s'y prépare. Nous nous échapperons avant les folies festives. Pour ce soir, de l'autre côté de la Fulda, le clocher chante régulièrement. J'aime tellement cette ambiance. Un peu de pluie et un p'tit orage pour combler ce bonheur du jour.

08/09/18   N 49°14'18.65  E 8° 41'07.09 6  MALSCH

avions
Nous dépasserons Eidelberg. J'avais souhaité m'y arrêter un moment. Mais l'entrée en ville à travers des rues en travaux permanents, fort encombrées et mal accessibles nous ont découragés. Avec aussi l'impression que cette ville est surtout industrielle et commerciale... Mais ce n'est qu'un avis de passage, nous n'avons pas approfondi. Tant pis. Nous prenons la direction de la Forêt Noire. Notre première étape un peu inattendue est un régal. Au milieu d'un aéroclub. Les responsables nous autorisent à nous caler au bord de la piste. Demain, l'activité ne commence qu'à 11h le matin. Nous pourrons nous offrir le luxe d'une grasse mat. C'est une autre ambiance dès 10h, on sort les aéroplanes, le gros camion qui  va les tracter sur 1km se met en bout de piste. Les voitures tirent les engins en file prêts à décoller.. en fond d'écran le clocher de l'église et les premières maisons du village, une sympathique bute plantée de vignes. C'est à la fois bucolique et d'une ambiance un peu fiévreuse.

Dans l'après midi nous reprendrons la route pour une autre étape en Forêt Noire. La plaine devient brune. Les maïs courbent leurs épis bruns avec lassitude comme des petits vieux sur leurs pieds grêles. Les tournesols terrassés par l'été baissent la tête humblement, lourds de leurs graines sombres. Le soleil les fatigue. C'est ici le temps des regains et les prés aussi s'étalent en lignes sombres d'herbe sèche. Seuls les vignobles nous renvoient leur lumière métallique de raisins murs. Et les forêts sombres qui nous appellent. La ligne bleue des Vosges se perd à tribord... Nous voici à Freiburg en Brishgau. Encore une bien belle ville.

De pause en pause, nous nous rapprochons du sud de la France. Mais de bons moments nous sont encore promis. Je vous ferai grâce de cette fin de périple plus ordinaire qui nous arrêtera dans quelques jours dans le Jura, puis plus au sud. Prendrons-nous Grenoble puis  la route Napoléon que nous aimons  bien tous les deux ?
Je pense que début octobre nous serons opérationnels à Velaux. Je vous enverrai un mot depuis chez nous dès que nous serons posés.

Ce fut un extraordinaire voyage.

jalau
Chantent toujours dans ma têtes, les clameurs des rennes.
 

Dansent toujours devant mes yeux les immense forêts de laponie suédoise...

et les forêts enchantées de Poudlard.
 

Et je continue de rêver.

 

2017 VELAUX - le salon lyrique de Magali et Soizic

Velaux, quel village ! Il s'y passe de bien belles choses. Comme ce salon lyrique ?  Vous avez déjà vécu ça chez vous ?

Salon Lyrique à Velaux from Laurent on Vimeo.

-bachianas brasileiras-suite n°5 de Villa Lobos (aria et danse)

Quand j'ai reçu l'invitation de  Magali, "concert domestique"  j'ai pensé tout de suite aux meubles et objets qui chantent et dansent dans "l'enfant et les sortilèges" alors vous pensez si j'ai embarqué Laurent à ce mini concert avec enthousiasme.

En plus c'était tout près de chez nous.

Dans la maison de Magali, un piano noir à queue faisait face à une trentaine de chaises sagement rangées en lignes dans le séjour. La plupart déjà occupées. Magali est venue face à nous, belle, en toute simplicité, suivie de son amie Soizic souriante et chaleureuse. Magali nous a annoncé un programme nostalgique, mais le premier chant leur a permis une entrée taquine, voire irrévérencieuse. Pas tout à fait l'idée que je me faisais de Gounod et d'une ambiance lyrique. J'ai adoré.

Que nous réservaient les Pucini, Mendelsson, Grieg, Rossini, Mozart et autres gens du monde classique ? Que du bonheur !

Mes oreilles n'avaient jamais fréquenté une voix soprano de manière aussi proche. Vous connaissez mon intolérance aux sons aigus ...   Alors j'avais quelque crainte. L'autre angoisse, c'était, de combien de degrés va se jouer l'écart entre le son juste et le son émis... La voix peut avoir vite fait de glisser, le trac aidant... Mon inquiétude n'a pas duré longtemps. Dès les premières envolées , la voix roulait, chantait, dévalait les notes et nous emportait.  Deux dames joyeusement accordées.

Elle est belle la voix de Souazic, tantot veloutée et suave, tantot angoissée ou torturée et puis de temps en temps, violente et outrageuse. Que d'émotions, que de douceurs ! Le piano bien posé, en soutien, en contrechamp, en question-réponse. En solo aussi. Oh c'était vraiment chouette.

J'ai découvert ce jour-là autre chose de formidable. Dans un concert, les artistes sont sur scène à des année lumières de specateurs plus ou moins somnolents dans leurs fauteuils. Quelquefois les artistes arrivent du fond de la salle, passent à travers le public. Ils nous efflleurent de leur mystère. Mais le concert, ils le font sur la scène et le contact reste très artificiel. Aussi sympathiques que soient les artistes, la magie de la proximité n'a pas lieu. La scène est toujours si loin des fauteuils !

Chez Magali, nous étions une poignée de personnes rassemblées par deux artistes. Nous étions là  pour partager avec elles un fort moment d'intimité.  Une démarche complètement gratuite. Elles étaient au choeur des spectateurs, dans le coeur des specatateurs. Je n'avais jamais vécu ça. Une belle qualité de musique, de la générosité, de la joie à profusion. Quel bon, quel excellent moment.

(faut que j'vous dise, Magali, c'est mon prof de piano depuis septembre, j'en ai de la chance hein !)                            mars 2017

2016 CEVENNES -une étrange nuit.

Une nuit  d'hiver en Cévennes

Je marche avec Laurent sur le sentier qui monte à Bonnevaux. Une paisible grimpée avec juste ce qu'il faut d'efforts à travers les châtaigniers. Un léger souffle me caresse le bout du nez. Fin d’après-midi avec une belle lumière dorée. Je me sens vraiment bien. Ma cheville me taquine mais très raisonnablement. Hors, quelques pierrailles ensevelies sous les feuilles mortes. Laurent me tend un bras secourable pour me stabiliser. Mon pied dévie, zut alors douleur fulgurante. Il me prend dans ses bras, rassurant, attentif et inquiet. Je suis bien et je suis mal à la fois. Et puis, d'un coup, je n'ai plus mal nulle part, et puis j'ai mal quand même. Le rêve dérape

- Laurent y'a une odeur de sanglier autour de nous ?
- Mais non, c’est trop tôt, pas fous les sangliers.
Je sais très bien que c’est faux, pour les sangliers y’a pas d’heure. Je les ai souvent croisés sur l’une ou l’autre terrasse. Ils vaquent librement dans les sentiers. Y'a pas d’animal sauvage en vue mais l’odeur est désagréable. Et puis....

- T’entends ce grésillement ?
Vraiment étrange, pas de pylône, pas de site électrifié en vue.
- En plus ça sent le cramé ?
Laurent allonge son pas.
- Avec cette sécheresse. Faut pas s'éterniser.
Alors j’accélère à travers les roches et les feuilles mortes et je me rétame magistralement. Réveil violent et bascule dans le réel, dans la nuit absolue de la chambre d’ami. Laurent dort paisiblement. L’odeur de brûlé se précise et ça grésille au dessus de ma tête. Inquiétant non ?

J'allume ma lampe de chevet, me penche vers le bienheureux dormeur.
- Laurent, coucou, réveille, toi y’a un truc bizarre, ici.

Il émerge très vite.
- On n’a pas fait de feu dans le poêle pourquoi ça sent le brûlé ?
Bruit mat d'un truc lourd qui tombe sur le plancher. Laurent qui ronchonne, il a allumé sa lampe de chevet. On a l'impression que le grésillement vient des poutres. Il se lève, va vers la porte, allume le plafond. La lumière inonde crûment la pièce. Instantanément le grésillement s’arrête. Laurent, un doigt sur l'interrupteur, debout contre le mur est perplexe. Il ramasse un livre écartelé sur le plancher. Il éteint la rampe du plafond, aussitôt le grésillement reprend.
Nos sensations se réveillent.
- pour de bon, ça sent le cramé.
Pas une lueur, pas une flamme, c’est sûr y’a pas le feu... Enfin pas dans la chambre.
Laurent rallume le plafonnier. Le bruit s’arrête instantanément. Rien de suspect au plafond.
- On verra ça demain, il fera jour.
Il éteint de nouveau. Le grésillement reprend un peu plus fort.
- faudrait peut-être régler ça cette nuit, non ?
- J'ai rien sous la main pour bricoler, c'est guère le moment.

Je ne suis pas plus motivée que lui pour aller fouiller dans l'outillage de la cave extérieure par ce froid d'hiver en milieu de nuit. Il rallume. Le silence est magnifique, total, pas un pet de mouche.
Il revient vers le lit, s'assied hésitant.
- Va falloir dormir avec la lumière allumée jusqu'au matin ?
- A tous les coups, c'est un court circuit dans l'interrupteur.

- D'un coup au milieu de la nuit, quand tout le monde dort ?
- Le mur est froid, ya peut-'être eu de la condensation.
- Donc ?
- Donc, faut régler ça tout de suite. Je vais démonter l'interrupteur. il me faut juste un tournevis isolé. Je trouverai ça dans l’atelier de Claude.
Guère convaincue, tout en me réfugiant un peu plus sous la couette mais solidaire toujours, je tente un modeste,
- Tu veux que je descende avec toi ?
Et lui héroïque comme la plupart d'entre vous, s'habille déjà à l'arrache avec ce qui lui tombe sous la main.
- Non, j'en ai pour une minute,
Il sort de la chambre, je l'entends faire quelques pas, et presque aussitôt il revient,
- J'en avais un dans l'appareil photos.
Super mais je n'en mène pas large. Je ne suis pas tranquille mais pas du tout.

- Dis Laurent, si tu fais un court circuit malencontreux, y se passe quoi ?
Il me regarde d'un air désolé, ce genre de regard qu'on réserve aux incurables.
- Mais rien, t’inquiète pas, mon tournevis est isolé.

- Si tu l’dis. Fais gaffe quand meme..
Je me lève, m’habille vite fait. Sous la couette on s’en rend pas compte, mais ça caille dans cette pièce. Je me rapproche de lui. Si jamais il explose, j'exploserai avec lui mais pas en pyjama. Ça ferait négligé.
- Attends Laurent, imaginons un malencontreux mélange de fils....
Il court-circuite ma question en meme temps qu'il déloge l’interrupteur de sa niche.
- Y se passera rien. ça allumera juste la lumière.

J’ai même pas le temps de digérer l’info que le boîtier pendouille lamentablement le long du mur. Mais comment il a fait ça si vite. Le tournevis s’approche des fils, ça touille là-dedans. Je retiens mon souffle, me cramponne au mur...
Une pichenette de tournevis, un fil qui jaillit, Un p'tit éclair. C'est tout
D'un doigt expert Laurent évacue quelques poussières. Je respire un peu mieux. Va falloir explorer les entrailles de l’interrupteur., une opération à cœur ouvert. Il ne souffrira pas, il n’est plus vivant. Ouf ! mais je tremble toujours, si ce n’est plus de trouille, c’est surement de froid.
- C’est fini ? Je peux me recoucher.
- Attends regarde ce truc

Je m’approche et je vois la chose... une espèce de larve brillante et visqueuse qui s'étale autour des cosses… Quelle étrange sarcophage !

 

larve

Il est deux heures

du matin.

Y'a pas eu

de gaz toxique,

y'a pas eu de fumée,

ya pas eu le feu

Ya pas eu de fumée

sans feu non plus.

L'heure fatale

est passée.

- Viens Laurent,

je t'attends

sous les chataigniers

et la nuit va tomber.

 

Chouette plongeon

sous la couette.

fleurs

 

2016 ARGENS vallée de sourn-escapade moto

Une escapade remarquable en moto sur les bords de l'Argens. Cap sur CORRENS
Départ aux aurores (il est 10h30, mince déjà !)... casqués, rembourrés, du bon cuir qui tient bien chaud, gantés épais.... Vivent les joies de l'été. Nous décollons de Velaux plein gaz, direction Vauvenargues... La moto se colle au bitume et ronronne joyeusement.

Un bonjour fictif en passant tout près de chez Michel. Nous ne le dérangerons pas. Nous savons qu'il se repose et nous respectons cette parenthèse. On se rattrapera à la rentrée. Bisous Michel.

Laurent profite de ma distraction pour improviser et sortir d'Aix vers le Tholonet.... je lui tape sur l'épaule.
- Oh c'est pas là, nous, on va à Vauvenargues !
Pilote égal chef de bord. Il lève sa visière, se retourne. Je pouffe de rire. Il a un look horrible avec son auvent qui lui mange le front...  Comment voulez-vous que je prenne au sérieux un pilote ainsi casqueté. En plus, il dit n'importe quoi, du genre,
- Pas grave, on trouvera bien un croisement sur la gauche pour rejoindre notre route...

J'en suis pas si certaine. De toute évidence à babord c'est la Sainte Victoire à traverser. À ma connaissance, y'a pas de tunnel. Heureusement, il n'a pas pris la route des Alpes. Alors le mal n'est pas bien grand.

Et voilà le Tholonet qui s'annonce. L'arc qui chemine à Velaux se retrouve ici à travers vignes et forets et terres de roche. Y'a un monde fou, des randonneurs en route, en pause, en panne de repères, t des fondus qui dévorent leur carte IGN.  Et nous fièrement dressés sur nos deux roues, on traverse ce petit monde futile.  Notre allure tranquille nous amène un peu d'air et c'est un roulage très agréable.

La route est tranquille, la lumière est belle. Une allure sympathique pour avancer sans bousculade et sentir l'air nous traverser le cou, ou le visage. Du coup quel confort sur nos selles.

STE VICT

Nous débarquon éblouis dans les vignobles dits "Sainte Victoire". De beaux plans de vigne, robustes, feuillage brillant et dense. Les raisins sont irrisés de rose sous le beau soleil de Provence. Va falloir organiser une escapade dégustation à l'automne. Tout cela est fort prometteur. Et si joli. Entre vignobles généreux, que dominent  les hauteurs de la Sainte Victoire et la terre rouge sang qui borde ses contreforts. Que de couleurs, que de richesses accumulées par la vieille dame. Des rangées de roches grises lui font comme des perles autour du cou. Mais au fait ça lui fait combien à la duchesse Sainte Victoire ? Si j'en crois les profondes rides qui creusent les alignements de roche, ça doit faire au moins perpète... Sa surface est tavelée, décidément c'est bien une peau de vieille. Mais quelle allure ! Un bien beau monde à fréquenter !

Barjols nous déçoit. Il y a dans cette ville, un je ne sais quoi de sinistré malgré ses innombrables fontaines et sa tannerie désaffectée. Toutefois, cette ville nous réserve un étonnant moment de pur bonheur. C'est arrivé en passant devant la boutique d'un artisan du cuir. Nous restons tous les deux scotchés d'admiration devant la vitrine, casques et blousons en main.

- Tu crois que c'est différent à porter des chaussures comme ça ?

Laurent baisse les yeux, relève la pointe de sa godasse qui ouvre grand la gueule... Hé oui, la pédale moto vient de lui donner un coup fatal.

- Je crois que je vais entrer, pour voir.

La boutique est minuscule et toutes sortes de chaussures plus finement cousues, plus joliment travesties les unes que les autres. Avec un large choix pour les dames et les enfants... Mais y'a aussi pour les Messieurs. Une jeune femme cachée au fond de l'atelier apparait. Laurent va-t-il se laisser séduire ?
Elle propose à Laurent d'essayer pour se situer précisément dans sa taille. Le voilà qui chausse d'exquis souliers... Si vous aviez vu son expression béate, ses grands yeux clairs devenus presque sombres, reflets éclatants. Le voilà au bord de l'extase. Au top  pour entrer dans le vif du commerce.

Imaginez son pied qui tourne et retourne avec délicatesse, son expression très concentrée, émerveillée, mais il ne va pas dire oui tout de suite. Faudrait pas céder trop vite, ça romprait le charme.Corsons un peu la relation qui s'annonce avec des exigences déjà.

- Ce serait possible de coudre une bande sur le dessus du pied gauche ? C'est à cause du levier de vitesses de la moto, enfin la pédale. La dame lève un sourcil, pas certaine d'avoir bien compris. Roulerait-on en moto à pédale ?
Mais elle  est commerçante d'abord.
- Pas de problème. Je vous fais une bande un peu décor qui servira de renfort sur les deux chaussures.
Laurent très péremptoire.
- Non, juste sur la chaussure gauche. L'autre c'est pas la peine.

Sourcil interrogarif de la dame. Elle doit avoir des muscles en béton sur les yeux.
- Mais ça va pas faire bizarre ?

Et Laurent fin connaisseur.
- Jamais de la vie. C'est courant sur les chaussures moto. Ce serait bien si vous pouviez faire ça.
La dame ne semble guère convaincue Ça doit défriser son sens de l'esthétique, mais ...opération séduction commerciale oblige.

Les voilà à tergiverser sur le coloris du cuir, celui de la bande, sa forme... A ce stade je les abandonne et me réfugie au bar de la place.

Plus d'une demie-heure plus tard, je vois arriver un Laurent franchement épanoui.

chauss- Alors tu les auras quand tes chaussures orthopédiques ?
- en septembre...
- Et, c'est cher ?
- Un peu....
il se commande illico une bière pression. Histoire de noyer le poisson.

Je n'insiste pas. Je ne veux pas me laisser pourrir par le blues de la Blue Card. Et puis Laurent a l'air si comblé. Je m'attendris en imaginant ses arpions grassouillets qui vont se tenir bien au chaud tout l'hiver.

Chateauvert puis Correns, notre hébergement. Une quinzaine de kilomètres de roulage à prévoir, que nous mettrons deux heures à parcourir. Pas qu'on se soit perdu mais c'est le milieu d'après-midi et on a toujours pas fait honneur à mon pique nique. Alors on s'attarde dans les chemins et les sous-bois à la recherche d'une planque repas idéale. Qu'on finit par trouver à l'entrée d'une propriété privée et au bord de la rivière.

Dès les premiers tours de roue, Correns nous séduit. Nous logeons dans une maison immense entourée de belles terres en terrasse, à une centaine de mètres du coeur du village. Notre chambre directe dans le jardin est isolée et nous nous sentons presque chez nous. C'est vraiment chouette.

Le seul resto de Correns est fermé le mercredi soir. Du coup nous ferons trois kilomètres à pieds à travers le vignoble pour profiter d'une cuisine mobile sur un terrain où sont installées tables et chaises au bord de l'Argens. Pas un seul moustique en vue, ni en oreille. Incroyable non ? Repas très honorable.

nuit lune pont nuit

Retour à la nuit avec la pleine lune sur notre cap. Une belle traversée ce vignoble en nuité. Et ma cheville pour ce premier périple de sept kilomètres sur terrain mou et plat se comporte admirablement.

Nous avons fait notre longue rando  le jeudi... je me sentais au top, fallait bien que je m'y colle, enfin....

argens

Nous partons du jardin...  nous desendons vers le village, nous longeons l'Argens sur deux kilomètres puis nous traversons la route pour entrer dans le vallon des Baumes. Le sentier sinue avec l'Argens. Il est bordé des roches immenses taillées en caves trogoldytes par endroit. La végétation est dense. Des noyers, des chataigniers, des chenes, des arbrisseaux légers au ras du sol... C'est un véritable enchantement. Il fait si frais sous ces branches. C'est à la fois, rassurant, reposant et idyllique. Nous cheminons tranquillemement.

Un décor de bois vierge.  Nous inventons des cris de singes, d'oisaux multicolores et immenses...  D'animaux de  nulle part. Ah, qu'il est doux le cri de l 'hyppopotramn au ras de l'Argens. Nous perdons la notion de lieu et de temps.

 

 

pano

La montée est douce. Nous arrivons sur le plateau. Cailloux, roches et cailloux mais pas que... Au ras des rochers qui dominent ce plateau des vignobles tout neufs ont été plantés. Incongrus au milieu des rochers, en plein cagnard d'une fin de matinée. Immenses et perdus dans un univers de cailloux et si peu accessibles. Nous traversons ces vastes espaces. Nous trébbuchons souvent car le sentier est très pierreux mais au bout du vignoble, en quelques enjambées nous voilà à flanc de roche, descente panoramique.

Je me promets de dénicher un jour le vin de ces vignes. Promesse à tenir car le retour est scabreux. On croit que ça descend, puis ça remonte, et puis ça redescend et puis ça remonte... pentes en alternance. Je trouve ça un peu long.  Il nous faut presque une heure pour amorcer notre vraie descente. Un peu difficile car ce sentier n'est pas tendre avec nos semelles. Trés étroit, envahi de ronces, caillasses et galets qui roulent... Nous descendons pendant une heure. Je vais très lentement car c'est un exercice périlleux pour ma cheville. (la descente était annoncée : longue mais douce....) C'est vrai la pente n'est pas raide, vraiment pas. Mais zut alors, que c'est long. Ça fait quatre fois que Laurent m'annonce via son GPS, on est en bas dans 15mn.... Tu parles, à vol d'oiseau oui !

vigne sourn 2 janoub sentier

Et puis nous arrivons sur la départementale qui longe l'Argens et débouchons émerveillés à l'écluse de Correns. Un barrage, de vastes espaces dans lesquels s'isolent des baigneurs quelque peu téméraires... Nous on s'isole pour notre pique nique. La baignade ? Vous nous en croyez capables ?

vigne correns

Ensuite nous reviendrons à Correns en fin d'après-midi par le sentier des vignes; trois kilomètres qui nous sont familiers désormais.

plage barrage

Nous avons mis 4h pour aller de Correns aux plages de l'écluse... C'est une belle équipée pour ma cheville. Elle est raidasse à l'arrivée...

correns buit

 

Doliprane ou pas doliprane ? Douche d'abord... J'ai longuement arrosé d'un jet tendre et froid ma cheville. Je l'ai carssée, rassurée et félicitée. Me voilà  au top pour m'affaler avec un livre. Et puis ce soir, le resto est au village donc pas doliprane... Je promets pas de déambuler des heures pour les photos de nuit.

Beaucoup d'entre vous habitent pas loin.. Si vous ne connaissez pas cette vallée de la Sourn, allez-y, Et si vous connaissez, retournez-y. Les ballades sont multiples et de tous niveaux.  Il y a de jolies plages tout au long de l'Argens. Il y des randos canoé-cayak sur toute la rivière. Il y a des sites d'escalade impressionnants... Il y a des villages paisibles, des habitants souriants et courtois, peu de monde mais que des gens bien.

Il y a des crues à pas se rouler par terre, mais des crus très prometteurs et sans danger.

Nous, on y retournera...paradisDans l'immédiat et dès demain, cap sur les Cévennes pour dix jours. Parenthèse totale de portable et d'Internet. Bizz du paradis.

JanouB

 

2016 TOURAINE-MORBIHAN CAMPING CAR (CC)

Hé oui, nous revoilà avec d'autres sensations, avec d'autres rêves, avec d'autres destinations. Option KORUS, vive l'aventure, version retraités.

AIRE SEMI SAUVAGE

beauvoir capdenac

 

Parlons un peu de la vie à bord du Korus. Nous y sommes chez nous, et je me guéris progressivement de l'absence de Lune de Miel. Il m'arrive encore de confuser, le monde maritime et le monde terrestre. C'est toujours pour moi le même bonheur de "rentrer à bord". J'ai évoqué l'exiguité de l'espace de vie, (qu'on appelle cellule, c'est pas un hasard) moi j'aime mieux parler de carré, et tant pis si le terme est impropre. La soute (coffre arrière qui est immense) ne remplace pas la cambuse, mais l'espace est parfaitement exploitable. Y'a quand même un hic

- Dis Laurent, on pourrait pas déloger cette horrible télé ?
- En voilà une idée, elle est super cette télé.
- Elle est moche. Elle est mal placée juste au dessus des sièges passagers, je ne veux la veux pas. A qui on pourrait la donner ?
- Mais je la veux moi.
- Pfuitt, exagère pas, tu regardes jamais la télé à la maison
- Oui mais là, c'est pas pareil, c'est les vacances !

Ça alors, c'est pas l'argument que j'attendais. Imparable.  Je décide de pas me disputer avec lui pour si peu de chose. On avisera en route.

Dès les premiers tours de roue, je constate que cette télé, sur un bras articulé (elle pivote dans le passage, ce qui permet de la regarder depuis le lit... ) justement pivote allégrement dans les virages. Je ne ferai pas exprès mais j'oublierai systématiquement de la caler... Si elle pouvait se péter l'articulation celle-là ! Hélas, Laurent, il y tient à sa télé, il veille au grain. Aurait-il peur de s'ennuyer ?

Dès les premiers mouillages, pardon, dès les premiers (les premiers quoi ? campements ? campages ? campingares ? aidez-moi à trouver le mot qui me manque ?) nous découvrons (l'un dépité, l'autre enchantée) que la minuscule antenne télé (champignon) ne capte que des images partielles ou nulles et du son qui bafouille... Y'a pas trop de péril finalement.

Je la trouve toujours aussi moche et j'espère secrètement m'en débarrasser. Mais la partie est dure à jouer contre Laurent  ! Pourvu qu'il ne lui vienne pas à l'idée de construire une antenne de son invention. Vous imaginez un si beau Korus, équipé d'un remake Topfkreis,  version télé... J'en frémis d'avance.

Dès les premiers virages, on se fait peur... Un claquement violent, un choc sourd, un grincement inattendu. Pourtant y gîte pas ce bateau là. C'est juste une porte de placard qu'on n'a pas verrouillée, le coulissant des toilettes qui s'offre des allers-retours sur son rail, le liquide vaisselle qui dégringole de l'évier, quand ce n'est pas la poubelle qui vomit par terre. Hé oui, les procédures de départ se ressemblent toutes et cela m'enchante. C'est l'aspect sympa des départs, un petit air de Lune de Miel, un p'tit air de folie.

J'y retrouve les gestes de sécurité du matériel et des équipements. Rien qui traîne sur les surfaces plates, rien sur le gaz, fermeture de toutes les issues, bloquage des tiroirs et des portes, (c'est là que j'ai pas tout en tête) mise à l'abri de tout objet susceptible de voltiger à tort et à travers, bascule des sources d'énergie... etc... le contrôle des niveaux d'eau (propre, grise (eau de vaisselle, de douches et lavabo) et noire (wc chimique) n'est pas nouveau. Notre autonomie en usage contrôlé est de 4 à 5 jours pour nous deux. Ce qui est très confortable. Mais je ne sais pas pourquoi, si j'ai l'oeil acéré sur les hublots et ouvertures extérieures (il parait que ces lucarnes s'appellent des baies, non mais, quelle prétention) les portes sont douées de vie personnelle.

Pour les  parkings, alors là c'est d'une simplicité confondante. D'abord jusqu'au 14 juillet peu ou pas de monde. Il faut dire que nous priviliégions les lieux hors des routes majeures et nous n'hésitons pas à nous enfoncer dans des "pistes" dont le Gps ne garantit pas l'accès. Nous n'avons pratiquement séjourné qu'en camping sauvage ou semi-sauvage. C'est à dire à l'orée d'une forêt, au bord d'une rivière ou d'un pré.

Mais nous avons aussi trouvé des "aires" en pleine campagne avec quelquefois des sanitaires très entretenus par les communes (La Salvetat, lac de Ravières (34)- Sauveterre de Rouergue (12) - Lapanouse, bord de rivière  (12) - Cancale, Maulévrier (49) et son magnifique parc oriental à ne pas rater. Des aires au milieu des prés, à l'entrée de villages vraiment accueillants (Ayen (19) Erquy face à la mer, aire de l'ile aux moines, et dans le golfe du morbihan de multiples endroits... Un paradis pour les campeurs.

Notre premier épisode estival, cap vers l'ouest, sortie du Langedoc. Le parcours est un enchantement. J'ai souvenir de campagnes verdoyantes, d'immenses champs de céréales et de vignobles qui ondulent sous le soleil. Des forêts apaisantes... des prairies en pentes douces tachées de vaches rousses.  Au loin les montagnes cévenoles qui se couchent paraisseusement en marge de l'horizon. De jolies fermes sans prétention. Le Lot, la Dordogne et ce pays magique et enchanteur, les Causses du Quercy.

LA SALVETAT

              LAC DE LA RAVIERE- LA SALVETAT

plougenast

(Plouguenast)

HAUT LANGUEDOC

Sûr et certain nous y retournerons

La Touraine familière s'annonce avec ses immenses champs de maïs et de tournesols.

C'est la saison du salut profond et quotidien de la nature au soleil. Les champs de tournesols sont formidables à toute heure du jour.  Ici les clochers qui ont jalonné notre route sont remplacés par les chateaux d'eau qui veillent sur la compange tourangelle. Les balles de céréales sont prêtes pour l'embarquement.

CULTURE TOURS

CHENONCEAU

Nous ferons une pause nostalgique au château de Chenonceau dont l'histoire compliquée du trio Henri II, Diane de Poitiers et Catherine de Médicis m'émeut toujours.

Puis viendra le moment de la Morelière à Saint Laurent du Lin. Retrouvailles avec nos amis Danièle et Dominique. Relations qui nous fondent dessus avec toujours la même intensité.  Plongée dans ce monde dédié à la botanique après une soirée détendue avec nos amis Pascal et Nathalie à Veigné.

Que c'est bon de vieillir au coeur de l'amitié.

KORUS A LA MORELIERE       SOIREE JOUISSIVE LA MORELIERE VEILLE SUR KORUS
KORUS SOIREE JOUSSIVE LA MORELIERE

A Saint Roch, nous avons particulièrement aimé, le portail des "z'animaux musiciens" créé par Michel Audiard, (non pas celui ci, un autre, sculpteur tourangeau d'aujourdh'ui). Petit coucou enthousiaste à Claire et Jean Claude.

Clin d'oeil malicieux à tous les fêlés de la musique. Un enchantement !z'animaux

Le coeur chargé d'émotions nous reprenons la route vers l'Ouest, cap sur la Bretagne. Une redécouverte pour nous deux qui n'avions plus respiré cet air vif et frais depuis plus de vingt ans... Nous aimons la Bretagne, son territoire varié et champêtre, ces immenses vergers, sa mer écumante et fraîche et ses ports qui se cachent souvent sous leurs rideaux de brume. Le Mont Saint Michel à la fois fort différent (sécurité due aux visiteurs oblige) et merveilleusement fidèle à son imposante silhouette de gardien de la mer. Quel endroit extraordinaire. Que tant d'hommes s'y retrouvent et partagent l'émerveillement. C'est ça qui me bouleverse.

ville st michel digue st michel gargouilles st michel

Nous folâtrerons sur cette côte nord d'est en ouest, à la redécouverte de  villages plus chouettes les uns que les autres.  Pause nostalgie à Erquy et séjour prolongé dans l'incroyable golfe du Morbihan et ses milles iles. Que d'enchantement, d'heureux rappels du temps que nous étions navigateurs.

  Laurent tout fou, Laurent tout flou à Cancale                         Dinan ville haute                                                                Bord de la Rance en vélo

cancale dinan ville la rance velo

Voyager et découvrir à bord d'un Korus, aussi modeste qu'il soit,  c'est  dans la liberté que va se nicher le luxe,

Pointe du Bay (Korus est caché sur la crête)           un mouillage idéal dans le golfe du Morbihan                    le port le plus fantastique, Saint Malo

pointe du Bay l'ile aux moines port st malo

- Dis Laurent, t'as pas envie de naviguer, de sentir la mer bouger sous ton sol ?
- Non pas vraiment ?
- Même quand tu vois ces voiliers tranquilles, ces mouillages sages ?
- Non parce que ce soir. Je m'endormirai sans guetter le sifflement du vent dans le mat, sans entendre le grincement de la chaîne de mouillage, sans me sentir secoué et balloté par de la houle intempestive.... sans avoir besoin de me cramponner aux draps pour pas tomber. Et je me réveillerai avec le chant des oiseaux.Et je prendrai le temps de boire un bon café qui se renversera pas sur mes tongs. L'esprit tranquille et sans un seul bleu...
- Pas même à l'âme...
- ..............
- Lune de Miel est si loin
- nous profiterons d'une autre lune noyée d'étoiles. pour  écouter la mer, pour écouter la brise... il fera frais et nous serons à l'abri...
...   Et nous sommes libres de partir ou de rester, aussi longtemps que ça nous chante...

LUNE

Il a raison Laurent, complètement raison. C'est une autre histoire que nous vivons,  d'une autre manière.

C'est ça qu'y est bon dans la vie dirait Jo.

 

 

 

 

Sous la lune à la Salvetat

 

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2015 - STRASBOURG, amitiés

février 2015           lune2                  

Fin février, relations familiales en berne pour Laurent, appel au secours de sa maman, nous décidons de répondre à son appel. Je l'accompagnerai. Mais ma volonté inébranlable est de demeurer hors de leur circuit familial.

Ainsi fut fait. 25 février, 9h du matin, cap sur Strasbourg, face au mistral. Dommage qu'on puisse pas tirer des bords, on économiserait le carburant.

arbres
autorute

Pendant qu'on avale les monts et les vaux, il faut que je vous parle de Claudine, car elle sera le refuge de cette escapade. C'est une petite dame de la soixantaine. Nous avons été très intimes toutes les deux dans les années 1975... Nous avons vécu ensemble nos premières amours...  Avec Cécile, c'était les grandes filles sur lesquelles je m'appuyais. Ma confiance en elles était totale. 15 ans, 16 ans, 17 ans, j'étais si jeune. Claudine m'embarquait avec ses "vieux" copains, (plus de 20 ans souvent)  j'étais un peu la petite soeur dont on ballade l'innocence avec respect. 

Quelle chance pour moi d'avoir partagé avec eux ces beaux dimanches. Claudine était douce, compatissante. Elle n'a pas changé. Elle est toujours aussi généreuse, franche et honnête... Je ne lui connais aucun défaut pourtant je l'ai pratiquée de très près et dans maintes circonstances compliquées de mon adolescence. En face d'elle je me suis toujours sentie comme une sorte de bulldozer.

C'est donc elle qui met son appartement à notre disposition. La voilà prête à nous accueillir le mercredi soir. Demain elle partira vers le grand nord vosgien pour quelques jours. Elle a rempli le frigo pour nous avec ordre de ne rien laisser « car je ne sais pas quand je rentrerai et tous les aliments seront foutus ! » Enchantés Laurent et moi, qu'elle ait repoussé de 24 heures son départ pour nous accueillir. Enchantés Laurent et moi de nous sentir d'emblée si bien dans son intérieur chaleureux et coquet. Vous n'imaginez pas combien je suis émue de la voir trottiner de la cuisine à la salle à manger, tirée à quatre épingles son tablier immaculé sanglé autour des reins. Quelle excellente soirée ! Du coup Laurent sérieusement perturbé s'est apaisé.

Je n'insiste pas sur notre visite à Grand maman, casée dans un EHPAD de Koenigshoffen qui n'est rien moins qu'une sorte d'hôpital pour vieilles gens. Mais s'agit pas de moisir dans la tristesse. D'autant que je passe un moment malgré tout sympathique avec la maman de Laurent, et nous voilà déjà jeudi soir.

Vendredi, toute la journée, Laurent a prévu de « taxiter » Ses sœurs et sa maman pour un long moment à Gundershoffen.

pluie Une belle journée solitaire s'annonce pour moi. Solitaire est de la même racine que solitude... (solus-solo) Et ça n'a rien à voir. La solitude est un sentiment de perte, d'absence voire de souffrance. Solitaire est un adjectif qui ramène à un choix d'isolement et dans mon cas précis à un vrai bonheur !.... Rien que cette précision me précipite joyeusement sous la pluie.

9h30, je quitte l'appartement de Claudine, sous une espèce de crachin qui fait semblant de pas mouiller. Le ciel est gris, gris, gris... Le tram (qu'on appelle aussi le val à Strasbourg) me dépose à quelques pas de la bibliothèque Malraux que mon amie Danièle m'avait fait découvrir il y a quelques années. Je rêvais d'y retourner à mon rythme, 2000m2 de tourisme intérieur, imaginez qu'avec Laurent, c'est quasi mission impossible. Je m'émerveille sur la passerelle qui mène à la belle façade incrustée de maximes, je me vois déjà pousser la lourde porte. Mes bras ne sont pas assez grands pour tout ce dont je veux disposer... je musarde dans de vastes espaces, j'étale et j'empile... je flaire, je hume... Comme si j'y étais. Sauf que la porte me résiste parce que la médiathèque est fermée. Zut alors !

Strasbourg m'attend, et mon désappointement est de courte durée. Au détour de la passerelle, je m'attarde, en léchant la pluie qui goutte au bout de mon nez. J'oserais jamais faire ça, si Laurent était près de moi. Dans le bassin Malraux, un escadron de cygnes s'est rassemblé, pas moins d'une soixantaine que je prends joyeusement le temps de dénombrer, comment font-ils pour pas se geler le croupion,

 

cygn 2

 

(question :  les volailles peuvent-elles se geler les fesses ?)

kruten

 

 

 

Je traverse la Krutenau, quartier considéré comme « mal famé » dans ma jeunesse. Réhabilité dans les années 1980, c'est aujourd'hui un quartier artistes-bobos, très prisé des investisseurs. Mais il n'est pas si différent que ça et je me sens en terrain très familier.

Bien entendu, le quai St Nicolas, puis le plus beau pont de ce monde (corbeau), demi tour, j'ai failli rater le musée alsacien que j'avais visité dans les années 70...

Je pousse la porte, ça me permettra de respirer un peu au sec. Le musée s'est considérablement enrichi, mais je suis un peu mal à l'aise. Germain Muller y a pris ses quartiers, il y prend trop de place. Cet artiste politique mort en 1994 est une figure incontournable du monde alsacien. Ces gags en dialecte traduits me laissent en marge de son humour... et je ne trouve pas ça drôle. Dans son langage, il taille aux français de l'intérieur (que je suis et vosgienne en plus !) un costume qui coince aux entournures. Je passerai cependant deux bonnes heures à travers les coursives et chambrettes joliment aménagées à la mode d'antan. C'est magnifique et ça sent bon tout ça.

La belle Strasbourgeoise m'émeut et me fascine.

Quel Chic ! Quel chapeau ! Quel robe ! Vous l'imaginez qui avance pieusement dans l'allée centrale de la cathédrale, s'agenouille en relevant ses dentelles au pied de l'autel, penche son chapeau vers l'arrière, les yeux mi-clos pour recevoir l'ostie...

Quelle classe ! 

Rien que pour voir ça, faudrait aller à la messe !

belle

Flâneries du coté de la cathédrale, je peux m'y sentir très seule. C'est pas un temps à mettre les touristes dehors. Mais c'est un temps idéal pour voyager dans l'intemporel. Je marche à la recherche de sensations anciennes que je retrouve avec émotion. J'avais 15/17 ans en ce temps là. La place de la cathédrale était mon fief, je logeais à deux pas, un foyer sympa, rue des échasses. La rue du Dôme que j'enfile avec impatience car je veux me perdre dans la librairie « Berger Levrault », qui est devenue la librairie Broglie... tiens donc. Je m'attarde dans le magasin de musique qui prolonge la librairie... dommage qu'Olivier soit pas là, on aurait eu des gammes à faire... C'est décidé au retour j'achète un piano neuf... si ça se trouve ce sera un numérique à marteaux... si, si, ça existe, faut juste envisager le budget... en souvenir de cette formidable journée qui me ramène à moi seule...

Me voilà place Kleber, d'autant plus immense qu'elle est quasi déserte. Trop tôt pour rentrer. Je repars sous les arcades, cap sur les quais... Guère raisonnable car ma cheville me taquine... Tant pis pour elle, j'aime trop ces précieux moments. Je repère une jeune fille grassouillette qui marche devant moi, et si c'était « la moi » d'un autre temps. Je me cale sur ses déplacements. Marche rapide, arrêt vitrine, départ, ralentissement, accélération... Elle se rend compte de rien. Je délire, j'ai 15 ans, j'ai 17 ans, je m'amuse follement. C'est rigolo de jouer à la « filateuse » surtout quand je décide de me filer moi-même. Zut, voilà qu' elle entre dans une boutique « colifichets », c'est pas possible, je ne me reconnais plus. Je n'ai jamais eu un centime de franc à gaspiller dans ce genre de commerce. finalement je quitte ce moi, qui ne me va pas si bien que ça.

J'ai 65 ans et Strasbourg est magnifique. Je n'en finis pas de respirer, d'entendre et de voir, je m'imprègne, je me laisse engloutir, et ma cheville d'un coup me rappelle sérieusement à l'ordre. Et puis, le ciel aussi, voilà qu'il pleut des cordes. L'humidité m'imprègne elle aussi, et je frissonne.

Cap sur le tram... Je meurs de faim, j'ai oublié le repas de midi, et c'est déjà l'après-midi. Vite, au sec, l'appartement de Claudine m'attend et si ça se trouve Laurent aussi !

VOL CIG

 

 

2015 ROQUE D'ANTHERON FESTIVAL

hamac

C'est l'été 2015 de Velaux.

 

C'est aussi le Festival International de piano de la Roque d'Anthéron

Un été idéal, une bonne chaleur estivale, (que d'aucuns appelleront canicule), pas de mistral ou fort modéré... le souffle marin de l'Etang de Berre, l'ombre du pin et de l'espèce de sophora qui a poussé spontanément devant la maison nous préservent du soleil. La grand'voile recyclée tendue sous la verrière de la terrasse permet de rester sous ombrage, et le séjour parfaitement éclairée est un refuge idéal pour les après-midis torrides. Les soirées barbecue sous la tonnelle sont des moments de détente intimes et précieux qui s'éternisent dans la nuit. Moments privilèges avec les enants et leurs petits. Quelques soirées remarquables entre potes qui ont eu la merveilleuse idée de nous inviter.

Des virées motos dans le Lubéron ou la campagne proche voire jusqu'à Marseille ou le long de la mer.

coorado

Et puis l'incontournable festival de la Roque d'Anthéron. Ce parc du Chateau de Florans s'ouvre sur une large allée de platanes. Il est habité de gigantesques sequoias, Des tentes y sont dressées. C'est l'espace commercial du festival. On y trouve des casquettes; des polos, des coussins, des sièges, estampillés FIP (festival international de Piano). Chaque artiste y expose ses cd... les signe quelquefois. il y a aussi un espace librairie ; mais nous ne nous y attardons jamais. Nous, on vient pour la musique pas pour magasiner. Et puis les artistes on les aime quand ils enchantent nos oreilles.

parc conque nuit

Ce n'est pas tout à fait l'heure de la musique. La foule flâne. Des vacanciers décontractés en tongues et bermudas, au discours passionné. D'autres, comme des ombres silencieuses ont sorti leurs costumes de cérémonie et puent la naphtaline. Des ancêtres et des presque vieux qui dodelinent en cadence, déjà ! avec l'air de somnoler. Escortés d'à peine plus jeunes qu'eux. Ils nous croisent avec des sourires extasiés. Mais surtout beaucoup de peuple ordinaire, entre deux ages, entre deux mondes, exactement comme nous. Si ça se trouve nous allons croiser quelque connaissance qui viendrait là se délecter à notre manière.

A la Roque d'Anthéron, il y a des années délicates pour les auditeurs. Cet environnement enchanteur souvent nous agresse. C'est d'abord les cigales qui font un ramdam pas possible jusqu'à plus tard que la tombée de la nuit. C'est aussi et en plus, le mistral qui secoue les branches et souffle par violentes rafales. Le cirque des partitions qui volent malgré les pinces et la vigilance des assistants pupitres. Dans ces conditions, l'écoute se complique, la nuance des sons se perd dans la nature qui prend le dessus. Bénie soit cette année qui nous épargne les facéties locales de Provence. Ouf, nous y échapperons !

Mais ce n'est pas par hasard. Nous avons casé nos soirées en août, temps du déclin des cigales ... avec moins de risque mistral et peu d'orages. La météo nous veut du bien.

cucuron

Pour premier concert,  j'avais choisi une soirée baroque, histoire de revenir à mes vrais amours. Orgue de Notre Dame de Beaulieu à Cucuron. Je ne savais pas que l'orgue datait du 18ème, restauré moult fois, mais parfaitement authentique au format "pas tempéré" mais alors pas tempéré du tout, autrement dit qui résonne complètement faux à nos oreilles. Soirée déconcertante. Finalement le plus digeste sera une création très personnelle de l'organiste, (Philippe Lefebvre). Oeuvre truffée de dissonances comme il se doit dans le contemporain. C'est idéal pour ce type d'instrument...disent mes oreilles aussi délicates qu'inexpertes. J'aime pas la discordance, dans quelque domaine que   ce soit. Pour Laurent c'est différent, il aime être surpris, il aimes les harmonies complexes, son oreille est merveilleusement tolérante aux discordances quelles qu'elles soient. C'est une différence d'appréciation phénoménale entre nous deux, et qui nous autorise de singuliers débats... dans quelque domaine que ce soit. C'est pour ça, qu'on ne s'ennuie jamais ensemble. Mais je m'égare. Je suis passée de l'orgue baroque de Cucuron à notre harmonie conjugale, c'est un autre genre d'accords.

Dans le domaine de la musique, notre sélection ne prend pas forcément en compte la popularité des artistes et jamais leur costume. Heureusement parce que sous la très prestigieuse conque, ils arrivent dans leur bel habit de gala.

Robe longue cintrée, profond décolleté et chevelure savante pour les dames. Leurs fins escarpins sont superbes, les lanières élégantes leur donnent une allure aérienne.

Costume noir très guindé, chemise blanche avec un bouton ouvert mine de rien, ça allège l'allure. Petite queue de rat parfaitement tirée ou tignasse souvent échevelée (il est souvent de bon ton de la secouer sur le piano, ça réveille le public) Cependant, les belles chaussures pointues des messieurs, cuir enveloppant qui aurait du étinceler, hélas, a bu la poussière incontournable du parc,.. Du coup le chic prend un sacré choc. Les coups de pédales perdent de leur prestige.Ces demi-dieux qui enchantent nos oreilles deviennent des humains qui boivent la poussière, comme nous. C'est ça aussi qui fait la richesse du lieu.

Nous apprécions particulièrement Laurent et moi, les soirées avec concerts "découverte" toujours étonnants et peu coûteux (prix unique : 16 €). Ce sont des artistes tout neufs, repérés dans les différents pays, dans différents concours. Ce sont souvent de jeunes virtuoses (voire très jeunes-moins de quinze ans) Ils deviendront pour la plupart des stars du festival dans peu d'années.

À  vingt heures les choses sérieuses se mettent en place et les tarifs changent. Nous entrons dans une autre dimension.

artistes

Notre coup de coeur c'est le duo Jatekok, deux jeunes femmes pétillantes et espiègles. Leur complicité contamine leur jeu. C'est sans prétention, c'est jeune et efficace. Je sais que certains critiques exigeants ont trouvé leur prestation décevante. Mais je ne partage pas cet avis. Et les Danses Polovtsiennes (sous l'auguste protection de Brigitte Angerer) m'ont comblée. Bien entendu que ce n'est pas la puissance de l'opéra avec toute son armada d'orchestre symphonique et de choeur. Et alors ! Je suis venue là pour écouter du piano.

Elles sont subtiles jusque dans leur costumes ces jeunes femmes. Il y a l'extravertie, joyeuse et taquine, le genre de fille qui tutoie les muses. Sa robe à rabats est parfaitement assortie à sa chevelure noire. Il y a sa complice plus discrète et qui bafouille. Mince pourvu qu'elle bafouille pas de la main gauche. Elle est habillée du même style de robe mais plus claire, en harmonie avec ses cheveux chatains... Mais là où c'est magnifique c'est le choix des chaussues. Lanières aux couleurs claires pour la robe noire, couleurs noires pour la robe bronze... Tout en charme ces sympathiques artistes. Quel joli duo !

jakotek

Coup de  foudre !

Elles jouent comme ellles sont. Spontanées, rigolotes et sensibles. Pour la deuxième année que nous tombons en amour pour elle.

 

Quand à Borodine, je l'ai découvert quand j'avais 16 ans, assise par terre dans ma chambre du foyer qui m'hébergeait, le transistor de mon amie Claudine calé sur les genoux. Ah chère Claudine tu n'imagines pas tout les dons que j'ai reçu de toi.

J'ai pas tout capté du Prince Igor à travers les crachotis et ronflements parasites de l'AM. Mais c'était déjà presque trois heures hors du monde.

J'ai perdu le Prince Igor de vue depuis. Il ne devrait pas être bien loin, il a traversé le temps mieux que moi celui-là.

La Roque d'Anthéron c'est aussi la musique libre. Pour la première fois cette année, nous avons eu l'idée de venir flâner le jour du 15 août dans les espaces dédiés aux artistes en résidence. Un aperçu en quatre concerts (11h-14h30-16h30-18h). de la soirée qui leur sera consacrée. Ils y seront accompagnés de leur professeur. J'ai adoré cette journée. Essentiellement des trios (piano-violon-violoncelle) un moment tendu parce qu'il m'a semblé que le violon jouait faux. Mais des fois c'est juste mon oreille qui me trahit... En même temps Laurent était d'accord, mais lui, il a l'oreille moins sensible et il n'en souffre pas. Bon j'exagère, c'était pas une souffrance, juste une petite douleur, non juste une contrariété, ça n'a pas duré longtemps.

residents

foule

Ces concerts sont gratuits donc très prisés et nous avons été estomaqués par la densité de la foule, qui se précipite au lieu suivant, avant la fin des applaudissements. Ben oui, faut avoir à l'esprit qu'en pleine journée malgré la proximité des platanes et autres tentes, il n'y a pas de place à l'ombre pour tout le monde. Nous avons réussi à subtiliser deux chaises et à les caser à l'endroit idéal. Ce sont des concerts intimes (environ 250 personnes) une petite scènes et des artistes à portée de bras. Bonne vue et conditions d'écoute optimum.

Nous avons laissé passer la foule.Nous sommes arrivés avec le piano Il est livré environ vingt minutes avant le concert. Il se déplace sur une charrette tirée par un tracteur, emmitouflé comme une momie. En trois temps un mouvement, il glisse sur la scène. L'accordeur se pointe. Il commence par lustrer le bois noir et brillant, (uniquement du côté public, je le prendrais pas comme femme de ménage cet homme là) ensuite seulement quelques petits tours de sa clé, trois notes egrenées, le piano est prêt.

MENAGE

PIANO TRACTEUR

A dix huit heures, on se rapatrie tous dans le parc de Florans. Le tracteur tire la charrette antisecousse qui assure les rondes de pianos à travers la ville. Il se cale au ras de la scène. Le piano momie, roule sur le plancher. En un tournemain le voilà déhoussé. Réapparait l'accordeur, changement de standing, car nous sommes sous la conque. Il est super équipé sur ce coup là. Il a toujours son joli chiffon rouge pour les taches rebelles, mais il joue aussi d'une immense balayette à longs poils qui effleure délicatement les touches. (j'en aurais une comme ça, je ferais le ménage en deux brassées dans mon séjour). Il glisse quelques apèges entre deux tours de vis, un accord de ci de là, ici il prend du temps. Dernier coup de gant pour l'ultime lustrage des boiseries. Il a folle allure ce pinao.

C'est là que j'ai découvert Antoine de Grolée. J'étais dubitative, Liszt annoncé avec la rhapsodie n°12, je raffole pas. Faudrait pas avoir de tels a priori. Laurent et moi nous sommes restés estomaqués. Liszt et Brahms, Rachmaninov, Tchaikovski ne font jamais partie de mes choix personnels. Et c'est ce que nous ont proposé entre autres musiciens, chacun des ces concerts d'artistes en résidence. C'est pour ça que cétait intéresant. Liszt je vais l'écouter autrement.

J'ai donc fait moisson prévisionnelle de cd à investir et j'en suis enchantée. Vivement notre prochaine virée en ville...

 

 

 

2015 MACEDOINE-BALKANS

Velaux, Jeudi 21 mai 2015, 8h30,

youpi ! cap sur l'aventure. D'accord piloter une voiture de tourisme ça colle pas de frissons à priori, mais je ne peux me défendre d'un vieux réflexe du bon temps de notre navigation à voile et le sentiment de départ s'accompagne désormais d'une démangeaison intellectuelle que je ne contrôle absolument pas. Il me suffit de passer notre portail, avec mon petit sac et en tongs, pour flairer un air d'aventure au coin de la rue.
Aujourd'hui c'est pour la rencontre du Festival National de cinéma macédonien que nous partons. Avec dans nos bagages quelques films primés à leur proposer, qui doivent être projetés en avant-première. Ils sont sous-titrés en anglais et nous les remettrons très officiellement à quelque personnage de la capitale de Skopje pour sceller notre volonté de jumelage. Pas moins que ça ! Laissez-vous impressionner, ça va pas durer longtemps !

 

ja Jusqu'à Genova, rien de remarquable. Autoroute sans histoire, flux régulier, radars aussi innombrables que les tunnels, le Gps veille sur notre régulateur d'allure. Quelques vallons agricoles, mer en fond d'écran, que dominent de trop rares corniches. Encore des tunnels, pour l'alternance. Bien banal tout ça et quelque peu monotone.
Nous faisons présentement route vers Florence, une étape prévue pour deux nuits. Samedi à 13h nous embarquerons depuis Ancona pour Durrès en Albanie.(environ 18h de traversée de l'Adriatique)... Comme dirait Guillaume avec son heureux sourire, Cool !
Et l'aventure dans tout ça ? C'est maintenant, quelque part après Genova, un appel au téléphone : le ferry au départ d'Ancona ne partira pas samedi. « Désolés, nous n'avons d'explication à vous donner » déclare la sympathique téléphoniste.
- Voulez vous partir avec le prochain ferry dans exactement une semaine ?

Panique à bord,
- dans une semaine ? Le festival sera fini, ce n'est plus la peine d'aller en Macédoine !
Fichtre, comment annoncer ça à nos amis madédoniens ? (enfin ce ne sont pas encore des amis mais ils auraient pu le devenir, ça faisait partie de l'aventure humaine comme on dit dans ces cas-là-)
- Si on annule que se passera-t-il avec nos billets ?
- Pas de problème, on vous rembourse sous quarante-hui heures !
Quelques chuchotements dans l'habitacle, décision quasi immédiate.
- Ok, annulez tout, nous allons nous organiser autrement. Merci madame.
Maintenant, faut d'urgence s'arrêter, consulter la carte, et prendre la meilleure option. La meilleure option ce sera pas le parking de notre pause réflexion. Faut dire que dans ce coin d'Italie les aires de repos sont en macadam, crasseuses et rares. On se case entre une poubelle qui vomit et des crottes de chien qui sèchent. Pas la peine de sortir de l'habitacle.
- t'as mis où la carte européenne ?
- Ben...
Rapide fouille autour de moi. Je m'éponge le front.
- Zut alors, on l'a oubliée !
Ça m'énerve d'avance.
- Elle est pas dans ton sac.
- Bien sûr que non, je l'aurais sortie pour l'avoir sous la main quand même !
- Tu veux pas vérifier.
- T'es pénible quand même.

Pause images, Florence et Pise
florence rue florence statue pise tour

Alors cette Europe ? Une si belle carte, toute neuve, même pas eu le temps de déchirer les plis. Tout en ronchonnant et après mille contorsions voilà que je farfouille dans mon barda.  C'est génial le sac à mains, on y trouve tout ce qui est nulle part, incroyable, y'a même la carte routière de l'Europe qui fraternise avec les kleenex, la bombe anti-moustique et la crème solaire, l'étui à lunettes.... Ne parlons pas des pochettes, passeports, cartes magnétiques, bleues, sociales, associatives... du calepin et des cinq crayons gommes qui pointent leur nez. Tiens, j'ai pas pris mon téléphone portable ! On s'en fout, j'oublie toujours de le mettre en veille, en plus mon forfait n'est pas international alors c'est aussi bien comme ça. Et puis l'incontournable smartphone de Laurent est parfait pour le voyage. Il aime tant jouer avec !
Mille délicatesses pour extraire la carte de mon foutoir. Sympathique frotti de papier qui se déplie entre les sièges avant. Nos deux têtes se cognent, nos quat-z-yeux (avec nos lunettes ça fait huit) balaient les accès et routes qui vont de Venise à Skopje. Et nous ne sommes pas d'accord, mais pas du tout d'accord. Je regrette vraiment la petite part de navigation à travers l'Adriatique, pas d'embruns marins à respirer, pas de bercements de roulis en perspective, pas de côtes en fuite, pas de vagues qui nous courseraient, pas d'oiseaux qui nous fienteraient desssus, je mesure toutes ces pertes et je suis vraiment déçue. Mais pour le reste, honnêtement j'en ai rien à battre du festival cinéma et je n'ai nulle envie de me taper mille kilomètres de route par le nord de l'Italie pour rejoindre Skopje. Ça fait un long bord à tirer.
- Et si on restait en Italie, y'a des tas de villes qu'on ne connaît pas, Florence, Pise, on peut retourner à Venise. En voilà des vacances qui seraient détendues et riches en découvertes. Laurent n'est pas du tout d'accord. Nous avons entrepris ce lointain et coûteux voyage pour représenter notre groupe de vidéastes régionaux aux Rencontres Nationales de Macédoine... et Laurent se sent investit de cette mission. Il veut aller en Macédoine. Il est inébranlable. Laissons le mariner, il réfléchit. Je n'ai plus d'opinion à ce sujet. Après tout, c'est lui le ministre des finances, il fera comme ça lui chante, du moment que nous continuons nos vacances.

selfie italie route

Finalement, Laurent a choisi l'option ferry depuis Venise vers Igoumenitsa (en Grèce). La traversée sera plus longue, un peu plus coûteuse, et l'option Grèce s'ajoute à nos vacances. Nous prendrons le temps de quelques escales avant le festival macédonien. Je nage dans le bonheur. Je le savais que la belle aventure était à mon portail.
Je vous dis un mot du ferry. Déjà un cirque monumental pour trouver à Venise,  le bon port d'embarquement. (on a tourné viré, reculé, plus d'une heure, le Gps ne connaissait pas notre port d'embarquement, ni par son nom, ni par le quartier, il n'y avait pas d'adresse précise. Et y'a quatre zones portuaires où se perdre copieusement) Ensuite le ferry qui fait cette ligne est destiné essentiellement aux poids lourds. Notre BMW sur le parking s'est fait toute petite, coincée entre deux semi-remorques. Elle était émouvante protégée par ces malabars qui l'entouraient. Je suis rassurée en remontant sur le pont accueil. Dans le salon nous croisons des groupes de routiers plus ou moins musclés, habitués des lieux, familiers avec l'équipage et hyper bruyants... La langue rouleuse des grecs domine largement le tumulte. Nous quittons Venise sous le crachin et le brouillard. Un peu irréel ce départ.

vensie D'un coup la lumière change, on se précipite sur le pont supérieur. C'est trop beau. La mer est ondulatoire, une brise sympathique force 3/4, pas utile de réduire la voilure. Le ferry se propulse à 25 noeuds... une oscillation subtile nous donne le sentiment de naviguer. Je la débusque avec délectation pour m'en repaître. Dans la tete, dans les bras, les jambes, dans le ventre et le dos, je suis émerveillée d'etre en mer, je navigue et je ne m'en lasse pas.

Dimanche 15h, nous débarquons en Grèce.
Magnifique. Dès la sortie de la ville, les routes secondaires sont des voies royales, quasi désertes. Nous traversons de vastes plaines cernées de sommets enneigés. L'horizon est minéral. Le GPS nous guide à proximité de notre hotel à Ioannina, mais là où nous arrivons, point d'hôtel. On baragouine de l'allemand et de l'anglais, finalement un brave père de famille appelle notre hébergeur avec son propre téléphone. Il a vite fait de nous mettre dans le droit chemin. J'en profite pour faire une distribution massive de Kinder-coco aux trois enfants en guise de remerciements. Trop heureux d'abandonner vélos et trottinettes pour leur goûter improvisé.
Est-ce que ça c'est aussi de l'aventure ?
Pour le tourisme d'immenses sites archéologiques de l'époque romaine. Les maisons sont modestes, annexées d'abris ou ateliers en tôles, un peu boxon les jardins. Mais de véritables palaces peuvent s'y perdre. Nous nous sommes perdus dans Thassalonica, un monde antique en pleine cité moderne.

thessal 1 Une ville vraiment agréable. Nous passerons trois jours en Grèce sans voir un seul uniforme. Un pays sans la pression de la police, ça existe et c'est en Grèce, province de Macédoine. thessal 2

Nous passons la douane pour le pays de Macédoine en fin de matinée au bord d'un lac, village de Kilkis. Paradis de pêcheurs à la ligne. Très champêre la douane et fort sympathique.
Nous entrons en Macédoine.
Notre route est verte, bordée de lauriers roses, de chênes, de fougères arborescentes immenses. Une belle route quasi déserte à travers des gorges fraîches. Les roches qui s'y trempent sont abruptes et immenses. C'est troublant ce monde mineral-végétal qu'une rivière sépare.
D'un coup l'horizon s'élargit, la montagne recule et de vastes champs et plaines s'étalent à perte de vue. On croise, on dépasse des charrettes tirées par un cheval ou un âne. Le monde rural ici est besogneux, pas une seule machine agricole, juste des paysans et des paysannes penchées sur la terre... Et quelques tracteurs. Les fermes sont modestes, perdues au milieu des champs. C'est très esthétique et reposant.
Nous faisons toujours l'impasse sur les autoroutes. La petite route macadam se dégrade et peu à peu Faut éviter de grosses ornières, boursouflures, le pilote mollit quelque peu. A quelques mètres au dessus de nous, les bolides de l'autoroute nous narguent... On finit notre périple avec une bonne cinquantaine de kilomètres de piste. Au hasard d'un élargissement de terre, deux hommes sont appuyés au capot d'une sorte de pick up assez crad. Ils nous regardent passer fort intrigués. Dans le rétro j'observe leur regard indiscret jusqu'à ce qu'un virage les cache.
- Y font quoi dans ce coin paumé ceux-là
Laurent se gausse,
- Ils nous attendaient, ils préparent un mauvais coup. Sors ton flingue !
Il a même pas le temps de finir en rigolant, un moteur exacerbé nous se rapproche et le pick up nous double sans management dans un énorme nuage de poussière.
- Merde, pourvu qu'ils s'arrêtent pas !
- Et pourquoi y s'arrêteraient, tu te crois en mer de Chine ?
Il a raison Laurent. Le seul véhicule que nous avons vu a définitivement disparu. Notre piste ne cache aucun vice. Juste une injuste peur !
Deux heures de cahotiques et poussiéreux virages. On se lasse des merveilles du paysage et c'est avec soulagement que nous remontons sur une voie à figure plus citadine.
Mardi soir, le gps nous dépose à l'entrée de l'immeuble de Mitze qui nous héberge ce soir...
La mission cinéma UMCV de Laurent est sauvée....

2013 COUPE ICARE

ibisSaint Hilaire du Touvet - 20 septembre 2013

 

confusion

La coupe Icare, c'est la grande fête du vol libre. Liberté quelque peu confuse au sol... mais pas longtemps

C'est top organisation.

 

org

Les campements sont sécurisés et la foule sagement empilée. Pour la première fois de ma vie, me voilà propulsée dans une foule compacte dans laquelle je me sens bien, sans bousculade, sans énervement, avec plein de joie de vivre, avec de la patience à revendre... Vaut mieux car y'a pas mal de temps morts. Mais l'ambiance est agréable. Le soleil nous ramollit et l'idée de zoner dans une totale passivité nous va bien.

 

deco 1 moq
PAP SOL

LE PAPILLON SORT DE SA CHRYSALIDE ET DÉCOLLE SOUS NOS YEUX ÉPATÉS

PAP SOL

ET LA MUSIQUE DÉCOLLE, L'AIR DE RIEN, DANS L'AIR DU TEMPS,

 

TOUS ÉMERVEILLÉS, ENTHOUSIASTES OU EFFARÉS,

 

LES NOTES NOUS DÉGRINGOLENT DANS LES YEUX,

 

DITES MOI VRAIMENT DE QUOI A-T-ON L'AIR ?

 

ET LES BALLONS DANSENT DANS LE CIEL.

TROMB PIANO
CONTREBASSE TAMB BALLONS

AU PAYS DE LA MUSIQUE EN L'AIR, LA BANDE DESSINÉE EST REINE

ALADIN ARGENT
  MEDUSE  

 

2013 PETTE SAONE-CANAL VOSGES-penichette avec DDT

LE CAPITAINE ET SA SECONDE

DOMINIQUE ET DANIELLE

 

 Laurent et moi, on se la coule bien douce !
DD lj

 

Presques partis

Lundi 6 mai 2013

Début d'après-midi sur la Petite Saône. Les pavés luisent encore de la dernière ondée, la base fluviale de "Locaboat", Scey sur Saône enfermée dans sa pluviosité.

Montons à bord. Petit tour extérieur. Notre embarcation, (11m*3,10m) ne me rassure pas. Les passe-avant, sont bien trop étroits, le passage arrière à peine de quoi poser une semelle. La secrétaire nous tend les clés : "Installez-vous en attendant que vos amis arrivent...!"

Entrons.

Hé, pas si mal, vaste poste de pilotage, (toit rigide et grande baies vitrées, incroyablement luxueux- on rigole parce qu'il y a des essuie-glace sur les "pare-brise")

Une petite marche descend à l'arrière, carré-cuisine, c'est vaste, propre. Par la coursive tribord,  vers l'avant,  on accède à un grand lit double, gentiment protégé par un beau rideau rouge, une alcôve en quelque sorte. Une porte sas,  à tribord, le cabinet-toilette, wc marins, autre porte. La cabine avant nous paraît immense avec son lavabo, plein de placards, de grands hublots. Luxe d'une cabine de capitaine. Nous la destinons à Danielle et Dominique, respectivement second et capitaine de notre navire. Juste retour des choses. Ils ont bossé pour préparer ce voyage, ils en récoltent les avantages.

Et vive les moments d'alcove...

lau dan déoart
dom  lau depart
cyge yeux fermés

 

Halte nature ou port fluvial

HALTE NATURE : On la trouve le long des prés et des champs ou en pleine forêt. Pas d'urbanisation à proximité. Juste les hérons, les canards, les oiseaux, quelques insectes téméraires, l'un ou l'autre papillon... Abords fraichement fauchés, juste un espace aménagé pour y planter nos piquets... Quelquefois un ponton, avec même tables-bancs rustiques. J'ai adoré ces pauses d'une nuit sereine et sage.

MAGNY

ARPERO

corre

Corre sur Saône (Entrée du canal des Vosges

A quelques pas de là, nous avons trouvé aussi l'un ou l'autre resto de campagne, une cuisine sympathique et bon marché. Le premier arrivé choisit le menu pour toute la soirée. C'est comme ça qu'on a eu droit à un menu chinois en plein milieu d'un bois rustique de haute saône dans un chalet incroyable de grumes de sapin brut. (Dominique veut pas que je dise grumeaux. Pourtant c'est joli des grumeaux dans la forêt, non ?)

CONFLAND PORT SAONE

 

 

 

 

 

 

Images de navigations

La Petite Saône

 

En sortant de la base de Scey sur Saône, première grande virée à droite, de grands espaces verdoyants nous accompagnent. Érables, chênes, hêtres, charmes et bien d'autres jolies variétés de bois, que Dominique très patient me détaille et que j'oublie aussitôt. Je suis en mode éponge et dans ce cas là, je ne suis capable d'aucun effort intellectuel. Je me perds dans l'arche ondoyante à la surface de l'eau. Nous approchons d'une porte, (elle permet de réguler les niveaux d'eaux en cas de crues). Ouvrage en pierre la plupart du temps, c'est un goulet qui s'annonce. Les arbres se rapprochent, les reflets dans l'eau s'étreignent. Étranglement de verdure prise à la gorge. La lumière s'assombrit. Ça me coupe le souffle. c'est notre première porte, c'est une porte bien étroite. Et pourtant....

nav1

Notre pilote lentement nous y engouffre. On ressort aussi sec (si j'soe dire !) dans l'élargissement de la rivière. Accouchement sans douleur, même pas une contraction d'embarcation.

nav 2
ciel

On n'entend pas le moteur alors le moindre bruissement nous alerte, les chants têtus des oiseaux dans les hautes branches, les feuillages qui se caressent. Le ciel se couvre ou s'éclaire... ombre et lumière... tout est magnifique.

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heron

Nous sommes au coeur d'une nature tranquille.Des ailes irrisent l'eau plate. Envolée soudaine d'un héron qui frôle les herbes de la rive pour se poser à peine plus loin et reprend sa pose minérale, jusqu'à notre nouvelle approche.

nav 3

Couple idéal de Canard et Dame Cane qui palment à proximité, magnifique atterrissage en pleine eau... comme s'ils ouvraient la marche juste un peu plus en avant.

 

Ici la nature est onctueuse, pas très chaude mais enveloppante. Je me sens bien, mais bien...

 

Les Écluses

Elles sont vite repérables. A l'avant des portes, le pilote vise une perche souple qui pendouille au milieu de la rivière. Des fois, on oublie de ralentir, c'est juste pour le sport !1/4 de tour, un feu blanc clignote, le mécanisme est automatiquement enclenché. Y'a plus qu'à attendre, feux rouge-vert, mise en service, lorsque les portes sont ouvertes, feu vert, on s'engouffre dans l'écluse.

1 4 tour
fonds

La hauteur des parois, peuvent varier de 1,50 m à 3,60 m. Lancer les "cordes" à quai devient un vrai défi. Il faut que la corde s'enroule autour du bolard, il faut pas que ça fasse de noeud, il faut pas lâcher les bouts... Danielle devient vite experte.

lasso

bobinn

 

 

bassin

Nous voilà fermement cramponnés aux bolards, s'agit pas de mollir. Une tige le long du mur nous permet d'envoyer la bassinée. On monte lentement et les rives descendent vers nous. C'est marrant cette découverte de paysage à la verticale. On voit des toits, des clochers, puis des maisons montent de la terre, des têtes, et même des nains de jardins... Je ne m'en lasse pas. Les anciennes maisons d'éclusiers sont louées à des particuliers qui prennent grand soin des abords.

lichens

Au retour, on passe au niveau du quai, c'est moins rigolo de viser les bolards. La descente dans le fond de l'écluse nous cache le paysage de la même manière à la verticale. Fin de bassinée, On se retrouve le nez contre les parois ruisselantes, couvertes de lichens, de mousses, de boue, tout un monde qui grouille entre noyages et résurrections continuelles.

 

 

 

Pour passer une écluse il faut compter entre 8mn et 20 mn. Une seule fois nous sommes passés à deux embarcations. J'imagine qu'en pleine saison c'est moins décontracté.

 

pont fixe

De l'aventure, que de l'aventure...

Car  y'a pas que les écluses,

y'a un pont tournant à Selles, et la commande  automatique des portes d' écluses. A la place de la perche, une télécommande (qu'un charmant garçont plein de grâce nous remet gracieusement), on repère un espèce de boitier sur les berges, faut pas le louper mais c'est pas un radar...

y'a le tunnel Saint Albin à proximité de Rupt.

 

pont tourn 1

tournant 2
tunnel tunnel

 

Au coeur des villages

Les villages que nous traversons, où quelquefois nous débarquons, un p'tit "tour'isme" de rues, un p'tit tour'nain de jardin, un p'tit tour à tour de commerces (enfin ça on aurait voulu mais la plupat du temps on ne commerce plus dans ces villages et les belles vitrines en bois poussiéreuses sont à l'abandon) De belles fermes sont rénovées, les immenses portes de granges arrondies deviennent de magnifique baies vitrées, les crépis et ciments gravement décrépis ont été gratés et beau grès rose local fait son apparition de plus en plus.

 

Entre ruines et opulence, les maisons affichent les mutations de villages paysans devenus dortoirs.

vill 1
chapp vill 2
vill 3

Lorsque nous débarquons à Fontenoy le Château, l'ambiance change. Là ça vit, ça s'adapte au tourisme local. Les rues, les vielles maisons, presques toutes restaurées dans le respect des vieilles pierres. Nous sommes tous les quatres enchantés et on ne se lasse pas d'y flâner. On y traîne, on y hume, on s'y émerveille. et c'est dans les Vosges à quelques écluses d'Epinal.

 

C'était là, le paradis à la portée de nos souliers.

fontn 1 fonty 2
fonty 4

à fouchécourt

billard

 

BILAN

 

Notre Circuit en 6 jours, Aller/retour,

Arrivée sur site lundi 6 mai, prise en main de la pénichette;

Départ sur l'eau le mardi matin

Rendu pénichette

le lundi 13 mai avant 9h.

SCEY SUR SAONE- FONTENOY LE CHATEAU

par PETITE SAÔNE-CANAL DES VOSGES (Canal de l'Est)

plan

Nos escales :

FOUCHECOURT-DEMANGEVELLE-  CORRE- MONTUREUX -SELLESCONFLANDEY- LE MAGNY- FONTENOY LE CHATEAU

136 KM - 34 ÉCLUSES - 4h40 de navigation en moyenne par jour.

Météo nuageo-pluvieuse avec de belles éclaircies. On n'a guère quitté les polaires, les cirés ont été utiles, à peine humides, c'était juste une précaution. Nous n'avons pas eu froid. On avait le chauffage dans notre maison flottante.

blan

Rien à voir avec les conditions de vie en mer...Incroyable révision-révolution de notre langage, ici "on jette les cordes autour des bolards"... Vous imaginez, des cordes.... y'a que des cordes à bord !

Une fois adopté ce mode de vie, je me sentais tranquille, rarement aussi détachée des choses et des évènements. J'adore cette vie sans bousculade, sans informatique, sans téléphone, sans surprise avec juste un tour d'hélice après l'autre, les arbres qui nous caressent.

Et puis, la plus étonnante surprise, c'est l'aspect merveilleux du portage, Totale confiance en Danielle et Dominique qui ont pris en charge toute l'organisation de cette sympathique échappée... De si beaux, si bons amis...

 

dom

dan2

Nous avions à peine jeté un oeil  sur les document qu'ils nous ont transmis. Surtout pas prendre le risque de n'être pas surpris. Pas savoir à quoi s'attendre,  fastoche puisqu'on ne s'occupait de rien. Nous avions vaguement  l'idée que nous visions la Bourgogne. J'ai d'ailleurs dit à tout plein d'entre vous que nous partions explorer la Bourgogne.... C'est quand nous avons pris la direction de Vesoul (guidé par le GPS qui ne voit pas plus loin que le bout de son écran) que nous avons réalisé que nous allions en Haute Saône....

arbre

C'est quand nous avons accosté à Corre, que j'ai réalisé que nous étions dans les Vosges.... Il m'avait aussi semblé, que le paysage changeait; que je me sentais chez moi de plus en plus. Les longs bâtiments quasi-identiques, alignés le long de la rue principale, les immenses portes de granges en voûte, les potagers devant les maisons, et des prés, des prés des prés. Les vaches avaient changé de robes...  Et des forêts, profondes et protectrices.

Et ça c'était la meilleure des surprises.

prés 2

Je pense aussi que ça explique mon profond bien être.

Un berceau naturel qui m'accueillait à bras ouverts.

Que cétait bon !

 

cloch

Et voilà que Laurent rêve de cette navigation là au delà de notre pays ! Encore un que j'adopterais volontiers.

Le rêve c'est déjà le commencement...

lau

 

DÉPENSES GLOBALES :

LOCATION PÉNICHETTE, ASSURANCE ANNULATION, FORFAIT SÉRÉNITÉ

(Nous avons choisi le forfait par paresse et par commodité, toutes les procédures de retour du bateau sont simplifiées, (pas de nettoyage,forfait gaz'oil, parking gratuit 1 voiture, 1 vélo gratuit...etc) Dans le détail, nous sommes souvent perdants mais dans la globalité, quelle sérénité !

CARBURANTS + PÉAGES DE VELAUX À SCEY SUR SAÔNE

AVITAILLEMENT ET RENOUVELLEMENT

TOTAL POUR DEUX PERSONNES : 1172 €

ou pour une personne : 586 € la semaine tout compris depuis Velaux

 

2012 STRASBOURG à Noel

maqfleche

 

Rencontres avec les artisans et artistes locaux du marché de Noel qui a retrouvé toute son authenticité.

brogli

Place Brogli

Portail du marché aux sapins,

aux décors,

aux santons

et aux friandises....

cath 1
pain épices

Autour de la

Cathédrale

vitin rouge
cath 2

En attendant

Noël

creche
rue 2

dehors avec

 

le soleil

 

 ou la nuit

 

d'hiver

vert
rue 4 rue 5

 

2012 COLMARS-escapade Haute Provence moto

COLMARS -JUILLET 2012

Beaucoup de bidouilles à Velaux, la maison est un piège. Ras le bol, on décampe de chez nous.

ane En moto mais ce n'est pas le bol d'or. Un bol d'air nous sera plus salutaire.

Départ en matinée, cap sur la Durance, Aix en Provence, St Paul les Durances, jusque que là nous sommes en terres familières, on y zone occasionnellement, c'est pas loin et la motocyclette s'y plaît, s'y reconnaît. Le pilote aussi.

 

Ouste, et bon vent !

Cadarache me surprend, c'est immense. Prolongement au nord est par le site "ITER" et là ça me fait drôle. Quatre lettres qui se sont affichées mystérieusement un beau jour sur la D20 entre Velaux et Rognac, route éventrée, canalisation encastrée, bazar de circulation...C'était le projet ITER. J'ai vaguement entendu dire qu'il était question de produire de l'électricité à partir du nucléaire, à la manière du soleil ! Mais ça n'évoquait pas grand chose pour moi. La route a été refermée, nous avons retrouvé notre liberté de circuler et j'ai oublié ITER, complètement oublié. Et là, je me demande quels rapports entre la D20 qui passe à Velaux, Cadarache et le soleil.

Si vous avez la réponse ?

Quant au site de Cadarache, ces espaces clôturés, hyper contrôlés, trop protégés ça me fiche de l'angoisse. Et puis le canal de Provence passe juste en dessous, alors je me demande ce qu'on récupère dans les eaux buvables qui seraient en escale dans ce coin avant de poursuivre leur route vers le sud. Aïe, aïe, aïe, ou sommes-t-on allés nous perdre, intellectuellement parlant. Éloignons-nous vite de ces lieux obscurs.
Entre Vinon et Gréoux, la campagne reprend son aspect bonasse et tranquille. Pas un chat sur la route. La moto gentiment ronfle sur le bitume. Senteurs et lumière !
Direction Nice (on ne se refuse rien) destination Colmars (t'affole pas Claude, on n'est pas perdu). Un Colmar qui n'en n'est pas un, avec son s en bout de ligne, il fait un peu faux ami celui-là. On grimpe vers le nord, vers les sommets...

pauseL'air se rafraîchit, c'est fichtrement bon.

Pause pour l'équipage et son embarcation.
Nous y voici, Colmars et ses 'ronds de sorcières".

Le sympathique accueil chambre d'hôte local. C'est la maison de Michel et Muriel, c'est vaste, c'est clair, c'est silencieux, respectueux...

gite

Un havre de quiétude cerné de ronds de sorcières, à vous le plaisir de chercher ce que ces sorcières là nous cachent.
sorc

Muriel Cognet-Michel François,
04 92 83 05 26 - 06 09 16 72 93
04370 Comars les Alpes. http//les.rondsdesorcieres@laposte.net

 

Nous nous installons et hop-là, départ aussi sec, à pied. On descend à la découverte du centre ville. Une cité fortifiée façon Vauban, garantie d'origine, des tours, des chemins de ronde, des venelles pavées et étroites. Les commerces lucratifs du tourisme y sont légions mais les pierres gardent leur authenticité. C'est bien agréable de flâner ainsi après notre journée sur roues, sur routes.
Nous décrampons nos articulations avec plaisir à travers le sentier qui mène à la cascade de la Lance... Fraîcheur quand tu nous tiens !
chateauNous repartons vers le château, c'est un joli site, on s'y attarde, puis le vent se lève, le ciel se couvre alors on reprend le chemin des "ronds de sorcières".

 

Une pluie diluvienne s'abat avant qu'on quitte le site... pav
On en profite pour magasiner utile.

Nous avons beaucoup aimé l'ambiance de cette chambre d'hôte, la disponibilité de Muriel, son sourire. La courtoisie de Michel. je suis captivée par sa voix, son timbre grave et chaleureux. Un couple pas banal et qu'on aimerait prendre le temps de mieux connaître.
Si vous passez par là, ne ratez pas cette chance !

Rando pédestre d'étape : sentier du lac d'Allos puis contournement par l'ouest vers le col de l'Encombrette. Dénivelé annoncé : 417m, et 3 heures A/R à partir du parking payant. Il nous fait gagner 4 km, on a payé l'octroi, 2 € (moto). Ce serait 6€ pour une voiture, là y'aurait comme de l'abus.

C'est pourtant une sympathique rando, peu éprouvante, l'air d'altitude y est bienfaisant.

On crapahute tout en joyeuseté.bec

Quelques petites fleurs pour nos amis Tessier,fle2 jaunes

fl 1 roses

 chard

Et puis quelques images de piscine pour Annette et Claude

ou bien vous autres qui êtes pas comme moi !

lac allospisc bleue

lac vert

Et les marmottes qui gambadent dans les cailloux. Elles se carapatent sur le sentier avant que Laurent ait eu le temps d'armer son nikon. On s'disait aussi, c'est bizarre ces cris d'oiseaux dans le ciel désert.
Un chaume de marmottes, ça existe et c'est au lac d'Allos mais c'est pas des marmottes qui chaument.

Nous repartons bravement à dos de motos. Francis et CLaudia nous attendent à Moustiers Sainte Marie. Ça tombe vraiment bien, nous voulions faire les Gorges du Verdon, par la route.
Le Haut Verdon entre Colmars et Castellane est verdoyant, rafraîchissant. Le mélèze y est roi. lavande fugitive qui embaume par vagues successives. J'adore. Les campings que l'on aperçoit sont quasi-vides. C'est vraiment un coin attirant. Après Castellane et dès qu'on se rapproche des gorges, la campagne devient plus méridionale, des parois pelées, des chênes verts gringalets et tortueux, et des caravanes, et des voitures et des camping-car... C'est fatigant et ça pue.
Ce qui est bien, c'est que les caravanes et autres maisons sur roues passent de justesse sous les arceaux de roche qui débordent la route, et empêche notre file de doubler, la file inverse de croiser. Quant il y a foison de voitures devant nous, Laurent passe comme une fleur sans risquer de rencontre désastreuse, protégé par la caravane de tête de file. J'aime bien ça. Et j'aime aussi les parois vertigineuses, les plongées dans le lit du verdon, les virages qui débusquent d'étonnantes silhouettes rocheuses.
Retrouvailles. Francis et une partie de son équipe parapentiste. J'aurais bien aimé assister à ce moment de décollage puis de vol, mais le vent ne le permet pas. Ce sera peut-être possible vers 18h ce soir. Trop tard pour nous.
Claudia nous a concocté une sympathique rando verdon, annoncée de 3h. Pour nos vieux os, je crains que ça dépasse les 4h, faut dire que nous avons multiplié les escales. Bouteilles d'eau vides. Laurent les remplit à une cascade, on n'ose pas boire, mais on s'arrose copieusement et régulièrement d'eau fraiche. Dégoulinade glacée sur nos peaux brûlantes, frissons exquis à l'ombre des chênes verts. De bonnes pauses qui nous requinquent.

claudia francis

 

 

 

 

 

C'était vraiment chouette. Chouette de passer cet excellent moment avec Francis, Claudia et Gerda. Le sourire et la douceur de Claudia, la gentillesse de Gerda et la bonne humeur de Francis nous ont conquis.

 

 

2012 CONCERT À LA CHÈVRERIE-Lançon de Provence

Jeudi 19 juillet 2011 / La Chèvrerie.

Un concert à notre mesure, pour un départ de vacances en Provence. Nous sommes en bonne compagnie. Un anti-conformiste (Debussy), une star ombrageuse (Beethoven), un poète grinçant (Hindemith), un Slave que nous courtisons peu (Rachmaninov)... Compositeurs dont l'un ou l'autre nous laisse interrogatifs, mais nous aimons connaître d'autres côtés du connu.

C'est surtout le choix des instruments qui me rend si impatiente, flûte traversière, violoncelle et piano.... Le trio roi !

Nous avons réservé nos places, nous avons l'adresse, un lieu pastoral, pas loin des chez nous, la "chèvrerie Honnoré"  à Lançon de Provence.

Le festival piano de la Roque d'Anthéron nous habitue à des lieux insolites et dans une ferme, il y a moult endroits d'idéale acoustique. Pourquoi pas ?

chèvreOn arrive à l'heure, nous trouvons des places sympas, pas trop loin de la scène... Nous sommes bel et bien dans la chèvrerie. Dès l'entrée de la cour, l'odeur puissante du fourrage, des mangeoires et des bêtes nous coupe le souffle. 

Les chaises sont alignées en rangs serrées dans la partie "grange" des mangeoires, en tête à tête avec les dortoirs des bêtes. C'est le plein été, les animaux gambadent dans les prés. Les lieux sont déserts. Plus loin, du dehors on perçoit de discrets chevrottements... Ça devrait pas trop parasiter l'écoute.

Quelques ajustements de chaises, de pupiptres, un hommes vaque... Puis des essais de spots... La salle est discrète, les auditeurs-spectateurs s'installent. Une soudaine agitation, me distrait des nausées que l'odeur lourde de la chèvrerie m'inspire. Battements d'aile, cris de poule.... Elle nous toisait du haut des mangeoire... Pas précipités, gloussements mécontents. On a réussi à la saisir, elle traverse l'allée centrale fermement empoignée contre son geolier, bec coincé contre sa poitrine. Il traverse au pas de course et s'éloigne. Évacuation d'une poule mélomane.

Une nouvelle agitation, des piétinements, des bêlements, des chocs sourds... Là,  y'a pas de doutes, ce sont les chèvres qui intègrent leur bercail. Je suis appuyée contre les mangeoires et je vois s'agiter au dessus de ma tête, des cornes joliment arrondies. De temps en temps, un regard brun, aussi profond que vide passe à travers les planches. Fichtre, ça brille les yeux d'une chèvre dans sa mangeoire.

Tout le temps du concert, nous serons en continuelle bascule entre le troupeau qui corne, rumine et mangeaille et les envolées extraordinaires des musiciens.

musicsJamais je n'ai entendu des sons aussi puissants, aussi délicats dans le "prélude à l'après-midi d'un faune"... Des deux sonates violoncelle, l'une résolument moderne m'a presque réconciliée avec l'art néo-classique, l'autre réosolument romantique m'a chaviré l'esprit, et du coup je vais revoir mon avis sur Rachmaninov.

Comme pour Debussy, la manière d'Emmanuelle Cala, si neuve, si personnelle, si délicate...

Un concert d'excellente qualité. Pas compliqué de faire abstraction des chèvres dans ce cas-là.

Sauf que,

Se laisser imprégner de douceur ou de violence, se laisser emporter dans des vagues musicales, chanter dans sa tête... et BANG ! un grand coup de sabot dans une cloison qui résonne, tous ces gnaf-gnaf-gnaf, qui dominent les silences, silences si précieux dans la musique.... Gnaf-gnaf, strong, blong, blong ! Mais que viennent foutrent là ces chèvres ? Que c'est brutal d'atterrir dans une chèvrerie.

Alors oui, concert à la chèvrerie c'est exotique, oui vous pouvez y aller pour expérimenter un lieu insolite.

Mais si vous voulez vous livrer intensément, exclusivement à la musique, ce n'est pas, vraiment pas,  le bon endroit.

 

2012 SABLET Journée du livre-escapade moto

C'est dimanche et je savoure l'été en Provence.

phareC'est Magali qui nous invite et c'est par Michel que nous l'avons connue.. C'est comme les chemins de traverse les relations transversales, ça débouche sur des surprises, d'excellentes surprises, celles qu'on n'ose à peine rêver.
Nous nous sommes rencontrés au début de l'hiver et la voilà  qui reprend contact avec nous hier, pour nous inviter chez elle, à Sablet, à la 25ème journée du livre.
Inouï et magnifique !
Je crois bien que c'est la première fois que je vais comme ça à la rencontre d'auteurs plus ou moins familiers. Même à Velaux, lorsque la médiathèque invite un écrivain, ça tombe toujours mal. Souvent, je ne me rends pas disponible parce que Laurent m'entraîne ailleurs.

 

Aussi bien que je puisse être, jamais mieux sans lui. Mais là, c'est les vacances et nous sommes disponibles. Donc, c'est le plus extraordinaire de ma vie ordinaire. Ce choix de sortie est un des rares qui m'appartienne en propre. Je pensais y aller toute seule mais Laurent tient à m'accompagner et j'en suis follement heureuse.

Il va partager un moment à moi. Je crains qu'il s'y ennuie. Pensez-vous !
José vient de lui offrir un bel objet média à découvrir. Il projette de se réfugier à l'ombre d'un platane, accompagné d'une grande brune mousseuse, il aura de quoi se régaler... (Pas de mauvais esprit, je vous prie, nous sommes des gens simples)
Hardi petits, on part aux aurores (8h du matin), pour être à l'ouverture. 10h on se gare dans le jardin de Magali. Pause rapide pour l'embrasser, puis les gambettes en avant on grimpe dans le village.  Il y a déjà pas mal de monde mais c'est une foule aérée, qui prend son temps, agréable. Même l'animation haut-parleur est très  discrète. Ouf !magali
L'espace dédié aux livres et aux écrivains est vaste. Vous vous doutez bien que je m'y suis longuement attardée. Nous y avons retrouvé Magali.

C'est vraiment bien fait, chaque stand est identifié avec le nom du signataire qui  présente ses ouvrages.  
Je m'en réjouis, car si j'ai lu Amélie Nothomb, Philippe Grimbert, Max Gallo, Jacques Salomé, Didier Daennincks, la confrérie marseillaise, Del Pappas, Gouiran et autres polardeux. Pour ne citer que les plus connus, je serais bien incapable de mettre les visages sous la bonne étiquette. Bien entendu, il y a aussi des stars de la lucarne, genre Jean François Kahn, Frans Olivier Giesbert, Monseigneur Di Falco (est-ce la bonne case ?) ah oui j'oubliais les incontournables frères Bogdanoff. Bon je vous cite tout ça en vrac et de mémoire, y'en a des palanqués pour intervenir, conférencer et débattre et dédicacer à tous moments. Des causeries, des lectures, dans des jardins, dans des chapelles, sur des places ombragées. J'espère que je vous donne envie d'y aller faire un tour l'année prochaine, parce que c'est vraiment une ambiance sympa et tout ce grand monde qui est du domaine de la fiction d'un coup donne à voir et à entendre dans la vraie vie.
Fascinant non ?
Laurent m'épate car il s'attarde autant que moi, il photographie, il feuillette. Il s'attarde un peu dans mes joyeux échanges avec J.Salomé qui se fout gentiment de ma tronche.
J.saloméÉtonnant personnage ce J.S. Dans son regard, quelque coquinerie. Mais je lui pardonne, je l'aime bien.  Même s'il joue quelque peu à la star.
Sur le coup de 13h, pause apéro. Et là, Laurent comprend pourquoi il ne devait surtout pas rater ça. Hé oui, nous n'avions pas tout capté, pas l'essentiel de cette manifestation. Elle est organisée par le syndicat des vignerons et leur art viticole y occupe une place prestigieuse. Donc on goûte, on savoure, on déguste, juste pour le bonheur de notre palet et l'allégement de nos esprits qui en ont grand besoin après cette matinée forte de littérature. Et sur ce coup là, Laurent n'hésite pas à lire les jaquettes... Nous nous enrichirons de quelques bouteilles, et juste un livre d'Annie  Malochet, une parfaite inconnue pour moi. Mais je suis aussi là pour découvrir.
Parole, nous avons été très sobres tous les deux.

ElianeIl faut aussi le signaler. Nous profitons d'un moment calme pour monter un peu plus haut dans le village, à la recherce d'une vieille amie, Éliane Leplay, perdue de vue depuis des lustres.   Miracle elle est là... C'est une dame fort avenante, car si nous lui rappelons vaguement quelque chose, elle paraît incertaine. Mais elle nous accueille avec un immanse sourire. Et le temps glisse !
Vingt-deux ans de tribulations nous séparent de cet instant. Mais la mémoire lui revient vite, du temps de Charentilly et de nos rencontres chez son frère.

On se reconnaît en buvant un café, c'est magnifique. On compte sur toi Éliane... On t'attend à Velaux.

L'après-midi, le village de Séguret nous lorgne de loin. Nous ne résistons pas à ce détour. Encore un bel après-midi d'ombrage et de venelles rurales, peu de touristes dans une ambiance toutefois très festive.
paysage seguretseuret ruelle

 

 

 

 

Une matinée dominicale de rencontres intellectuelles fort attrayantes, une pause gustative apéro proposée par les vignerons de Sablet, déjeuner offert par Magali tout en senteurs et fraîcheurs provençales. J'ai adoré.
Retour à la nuit tombante par les routes discrètes que notre moto et son pilote affectionnent. Je me suis même pas endormie sur mon strapontin.

2012 VELAUX VENISE- VELAUX

Verone

Une ville complètement mythique qu'il serait dommage de louper. D'abord à  cause de ses monuments prestigieux, dont l'immense théâtre romain qui pouvait accueillir 300 000 personnes, de magnifiques portes ou églises gothiques, des ponts exceptionnels et une animation de province fort prisée des tourismes. Car bien entendu, vous ne pouvez pas rater la maison de Juliette, et son vrai balcon de princesse... Nous assumons joyeusement nos costumes de touristes un peu benêts...

Deux belles photos pour la route, car nous avons fait cette pause entre Venise et Velaux avant de reprendre l'autoroute vers le sud de la France.

balconverone

 

 

 

 

 

Venezia

L'exotisme enthousiaste, c'est de débarquer à Venise en autocar,

et de se laisser porter par les berges, par les venelles, par les ponts. Se laisser submerger non pas par l'eau omniprésente, mais par les sons, appels des gondoliers, cris des bateliers, ronronnements des canots, piétinement de la foule ou abandon solitaire. Tout est possible à Venise.

En quelques images... choix difficile mais un diaporama est en gestation....

canal 1  gond nuit
chanteur gond 2

 Bain de foule,                                     ou isolement           

rialto

ruelle

 eau

Marée haute, le grand canal s'étale sur la place st Marc

           Bain de pieds inespéré, nos chevilles désenflent.

 grd canal imm

 

  flèchescanux 450 2  
    On frise les sommets    et puis marée basse, nous étions amphibiens, nous revoilà terriens.

 

Pisani

chateauCette impressionnante construction au bord de la Benta (entre Stra et Dolo) était destinée à l'accueil des hautes instances de Venise et on y festoyait joyeusement entre majestés et autres sous-monarchies.

Pourtant familiarisés avec les richesses des châteaux de la Loire, Laurent et moi nous avons été subjugués, émerveillés, inlassables de découvertes entre les 3 étages de chambres, salons et salles qui peuplent cet univers.

Nous y sommes quasiment tout seuls. On peut prendre le temps de rencontrer les hommes de ce temps là... 

 

Des fiches signalétiques multi-langues, permettent de mieux cerner les lieux, les évènements et les choses, magnifiquement agencés pour créer l'illusion.peint

Je ne suis pas encore remise de la bibliothèque. Je regrette encore de n'avoir pas pu essayer le sympathique lit de Napoléon... Hé oui, notre Napoléon avait acheté en 1807 cette imposante villa pour son fils Eugène alors Vice-Roi d'Italie. Je ne maîtrise pas les accointances historiques mais il y a laissé pas mal de traces.

Quelques heures de flâneries entre jardins buissonnants taillés à la française, orangerie aux arbres gigantesques et fort appétissants, roseraie en arcades dont la voûte nous offre d'agréables replis.

Fourbus, lessivés, la tête dans les limbes royales, nous voilà tout esbaudis dehors en plein cagnard, sur le coup de midi. Mais nous ne résistons pas au labyrinthe de l'amour. Quand on sait que le labyrinthe est l'art de rechercher la vérité, faut qu'on s'y colle.

Les allées de buis parfaitement symétriques nous rendent fous. On se sépare, on se croise, on se perd, on se retrouve .... une demie-heure de tournicotages et on se retrouve à l'entrée du labyrinthe. Nous décidons de travailler ensemble et avec méthode. Quand on teste une impasse on trace avec un bâton  une croix sur la terre molle. Quant on prend une direction qui va quelque part on la numérote, ainsi on sait où on est déjà passé et on élimine au fur et à mesure. 

labyrJ'ai vraiment pensé à Dorine, Guillaume et Shana et au bonheur que ça aurait pu être de faire cette quête avec eux... Sur la plate-forme de la tour on se délecte de dominer les pauvres heres qui tournent en rond à nos pieds. On s'offre le luxe de leur souffler des conseils. 

C'est fou comme on est fort Laurent et moi... Un bon vieux prince et sa favorite... !

 

 

 

Padova

J'ai passé mon enfance dans un extraordinaire village des Vosges profonds, Padoux. J'ai fréquenté Saint Antoine pendant toute ma jeunesse. Son immense silhouette qui portait l'enfant Jésus vigoureux me tendait les bras à l'entrée de l'église. Une immense statue souriante et débonnaire. Je l'aimais vraiment bien. Je n'ai jamais pensé autrement que Saint Antoine de Padoux.

basiliqueEt voilà qu'à Padova, je le croise en la basilique qui lui est dédiée. À tous les coins de rue, ce visage si familier, Ce franc sourire vulgarisé dans moult vitrines et murailles. Pas de doutes c'est bien lui. Ça alors !

Et j'en apprends de belles sur mon saint à Padoue. Entre traditions et légendes, on raconte dans les murs de la basilique qu'outre ses démêlés et défis avec le démon sous de multiples formes, plus perfides les unes que les autres, outre ses rencontres inspirées avec Dieu, Jésus, Marie et toute la sainte batterie, il aurait, d'une parole, d'un regard, d'un toucher, ressoudé un membre sectionné à la hache ; harangué la mer et les poissons auraient giclé par milliers subjugués par son discours ; démontré aux funérailles d'un financier cupide que le coeur du mort était resté dans son coffre-fort ; persuadé une mule de se prosterner respectueusement devant la sainte ostie... et tant d'autres mais surtout ma favorite :

neo natal"un nouveau-né soudain doué de parole, persuade le papa suspicieux et toute l'assemblée, que sa maman est une épouse fidèle qui n'a jamais commis l'adultère. Qu'il est bien leur fils à tous les deux.

Bras tendus vers son père : 'papa, viens donc embrasser ton fils !'

Saint Antoine de l'ordre des Franciscains, donc moine chaste et misérable, vit aujourd'hui dans le luxe et la volupté. Imaginez que les saintes reliques abritent dans des feuilles d'or serties de pierres précieuses la langue du saint formolée ou sous vide (?)  depuis des lustres ainsi que sa machoire.

Son tombeau est une pierre de marbre plutôt sobre, les fidèles y défilent et s'y recueillent. On trouve un peu partout des sortes de post-it préimprimés, il suffit d'y formuler sa prière écrite au saint... On caresse la pierre tombale avec ce papier d'orémus, on l'embrasse dévotement et on le dépose dans une urne sacrée... Je suis restée longuement à l'affut de ce défilé de toutes personnes, hommes, femmes, isolés ou en couples, amoureux ou distants, adolescents, adultes ou vieillards.... J'ai été fort sensible à la force vive et sereine de cette dévotion. J'ai aussi été quelque peu perturbée.

canal

J'encaisse mal les infidélités du Saint Antoine de Padoux de ma jeunesse.

Les canaux de Padova du coup me paraissent bien ordinaires et Venise me manque déjà.

 

 

 

 

 

Murano - Lido

Le vaporetto est le bus fluvial ou  taxi collectif de Venise, si vous préférez. Faut quand même qu'on essaie ça. On prend un forfait 24h pour tout essayer... Et on rigole bien. On fait des grands tours, on descend n'importe où, quand on trouve que ça devient trop encombré. Bon pour les îles n'on a guère le choix, les vaporettos sont bondés à tous moments. canal

Tant pis, cap sur Murano. C'est gentil comme endroit, c'est le fief des couleurs de verres. Mais les verreries, c'est pas notre truc

On s'échappe vite fait hors des pavés battus.

 

 

Admirons les murs peints au passage.

 

 

 

 

 

 

 

 

gpndolier

 

 

 

Un gondolier acrobatique et inattendu !

 

 

 

Et des ponts secrets et de traviole.

ponts 1pnts 2

  

  Une courte pause au Lido,

Juste le temps de découvrir une sympathique bourgade, très urbanisée avec des jolies rues bordées de villas pimpantes et très bourgeoises. On est tout surpris d'y croiser des voitures, des autobus, des taxis, une ribambelle de motos et scooters. Mais c'est peu fréquenté. Circulation fluide, sans agitation, ni odeurs de ville puante. Un bien sympathique endroit. Tiens, si j'était vieille, c'est là que je viendrais m'abriter de la jeunesse.

C'est là qu'avec nostalgie nous avons débarqué sous une phare, et que nous avons découvert la plage idéale. J'ai adoré cet endroit paisible.

phareplage

 

 

 

Citadella

Aujourd'hui, pas d'option autocar. Nous avons appris que les parkings extérieurs à la ville sont gratuits, du coup on va en profiter. Un p'tit tour vers Citadella et ses étonnant remparts. Du haut de ce chemin de ronde, (14 mètres de hauteur-les tours de guet atteignent 30 mètres) la ville a l'air d'une maquette. Cette ceinture fait un tour de 1461 mètres. L'épaissseur des murs est en moyenne de 2,10 mètres.

Un bien bel endroit à la fois citadin et champêtre, dont on fait le tour en quelques enjambées. Juste pour contempler.

murs

ville

Et puis retour vers Venise pour arriver à la nuitée, en quelques images.On gare la voiture à la sortie de Dolo, proximité de l'arrêt de bus pour Venise.

vapo

Nettement

plus calme le quai d'embarquement

des navettes fluviales

canal soir
doges soir

le soir sur les marches du palais, le voilà le vrai romantisme vénitien.

 

En attendant que tombe la nuit sur le grand canal

 grd can nuit

Retour sur le coup de 23h, notre ultime périple en autocar se fera dans d'excellentes conditions. On connaît la route comme le fond de notre poche. Au départ y'a un français angoissé qui arrête pas de demander si Dolo c'est loin, combien de temps il faut, quel arrêt. De braves gens se relaient, langages des signes car nous sommes entourés d'Italiens "monoglotte" pour lui expliquer qu'il descend dans 3/4 d'h au premier arrêt. Il est accompagné d'une belle petite femme silencieuse en escarpins très fins, très hauts, et très dorés. Ils font peines les pauvres, si démunis, si paumés.

3/4 d'heure de brinquebalage en bus, banlieue de venise. On ne voit pas se profiler Dolo, nous sommes un peu surpris. Nous avons quelques repères mais là, on est en pleine campagne, il fait noir, noir, noir et le flux des voitures ne nous indique pas grand'chose de ce coin. La ligne est un peu différente, car nous allons à Dolo par Stra, et on se dit qu'on risque de rater notre village. L'anxieux de service se rapproche du conducteur, qui lui confirme que l'entrée de Dolo c'est le prochain arrêt. Quel soupir d'aise il exhale. On est content pour lui.
Pour nous aussi, notre parking est à la sortie, arrêt suivant.

Nous descendons du bus plustôt confiants, même si les rares maisons au bord de la route ne nous inspirent rien de connu. On est en plein champ. Nous sommes tous les deux persuadés que nous avons dépassé Dolo par un autre circuit et que nous sommes à Stra. Faisons demi-tour, tope-là d'accord, on verrra bien.

Il est pas loin de minuit, j'ai froid, j'ai sommeil, et notre lit à la Casa de Colori est divin et bien lointain... J'accélère le pas et je distance largement Laurent. Qui me rappelle à l'ordre et que j'envoie bouler.
- Pourquoi, t'as peur tout seul dans le noir ?
- Non mais j'ai qu'une lampe de poche, reste dans la lumière. Ça roule vite et le bas-côté est dangereux.
Bof, je piétine de l'herbe, et les bolides n'iront pas se fourvoyer si près de la route. Mais Laurent n'est pas content du tout. Et bien entendu pas question que ce soit lui qui accélère. Il est vexé de devoir marcher, il s'est mis en mode diesel. Fait chier, je fonce.

Une voiture sort d'un parking. Le chauffeur hésite à comprendre que j'ai besoin d'infos. Encore un "monoglotte", mais il comprend Dolo, me montre la direction où l'on va, et sur sa main montre 2 km.... Ça alors, mais on n'a même pas vu qu'on passait Dolo, ni l'église, ni la gare... C'est pas possible que ce soit encore si loin. Ce bus a vraiment pris le chemin des écoliers.
- tu sais Laurent ce qui est bien, c'est qu'on va arriver direct à la voiture à la sortie de la ville.

On reprend notre avancée. ce coup-là, j'attends Laurent et on commence à trouver ça rigolo. En frôlant sa poche, il se souvient de Simone Ifone, toujours en mode avion.

Et si on lui demandait son avis ? À peine quelques instants de repérages.... Elle nous indique la direction opposée... Nous voilà bien. On fait quoi quand c'est la confusion totale ? D'abord on rigole... Moi, ça m'empêche de réfléchir. Laurent péremptoire décrète que Simone ne trahit pas et qu'elle sait toujours où il va. (Diantre, c'est qu'ils sont fort intimes ces deux-là)

Comme j'ai pas d'opinion, adjugé on fait demi-tour. Ce coup-là, on marche tous les deux d'un bon pas. Je pense que le contact avec Simone a vraiment fait plaisir à Laurent. J'ai remarqué qu'il la caresse souvent du bout des doigts et qu'elle s'illumine à chaque fois. Dois-je considérer ça  comme une saine délicatesse ?

Une bonne demie-heure et d'un coup le clocher de Dolo apparaît. Bien entendu, vu qu'on est du mauvais côté de la ville,  (on n'était pas encore arrivé à Dolo, ll restait 2 km à faire) on s'est aussi tapé toute la traversée pour rejoindre notre voiture à l'autre bout.

Laurent caresse gentiment Simone pour la remercier et je trouve ça vraiment bien.

Les machines sont plus fiables que les hommes. 
Ce n'est plus le temps de "à qui se fier" mais celui du "à quoi se fier".  Dommage quand même !

 

 

 

 

Cap sur DOLO

Dimanche 16 septembre 2012, aux aurores...

Enfin presque, quitter la maison avant 9h, objectif atteint, pas de grasse matinée dominicale. Nous partons très légers. golfe juan

La Noiraude n'est pas du voyage. Impossible de rompre son cordon téléphone avec le vétérinaire. Tant pis pour elle. On a dit évasion totale, pas de contact, pas de pollution téléphone.  Juste des moments découvertes. Laurent a tout concocté, à sa manière fort décontractée qui continue de me séduire.

Donc nous n'avons pas de cartes routières, ni de cartes locales, car il n'a pas eu le temps d'en acheter... Mais nous avons sous la main, Simone Ifone, et celle-là des fois, elle nous sort de pas mal de pétrin. Désolée pour notre amie bovine mais elle râle pas Simone, elle a pas d'états d'âme et souvent,  elle nous désembrouille. Laurent a isolé Miss Ifone en mode avion. J'en suis ravie. Pendant qu'elle s'envoie en l'air, elle nous bassinera pas. Elle n'atterrira qu'en cas d'extrême urgence.

A défaut de carte, je dispose d'un itinéraire google imprimé la veille... après bouclage de sa valise, il devait être pas loin d'une heure du matin pour Laurent.
Vous imaginez comme je m'amuse à lire ce roman de 3 pages qui détaille notre route rond point après rond point, puis d'un embranchement d'autoroute à l'autre, puis de nouveau des feux rouges, des croisements, et des noms de rue bizarre. Autrement dit aucun repaire familier. Ça promet, mais je n'en suis pas encore à ce décrytpage. Pour le moment, cap sur Ventimiglia, jusque là pas de soucis majeurs. Sur l'autoroute notre cap est facile à maintenir.

Fin de matinée nous entrons en territoire Italien. Nous voilà en Ligure, la mer d'un côté, la montagne de l'autre. Enfin, quand on broie pas du noir dans des tunnels immondes. Le bord de terre est couvert de serres. C'est un peu étrange ces immenses restanques couvertes de panneaux plexi ou tendues de plastiques souples. Y'a aussi de sympathiques villages et toujours des chapelets de tunnels, de quoi faire quelques neuvaines.

                  

riviera
genova

La fabuleuse baie de Gênova ! Y aura-t-il dépression sur le golfe de Gênes ? Faut qu'on aille voir l'état de la mer et du ciel. Juste pour le plaisir de se souvenir de nos références météo marine. Le soleil est magnifique et c'est vraiment impresssionnant.

Faut aussi qu'on fasse réserve de carburant. Et si le site nous plaît, pique-nique sur la plage !

Le carburant essence 95 s/plomb est annoncé à 1,94 € sur l'autoroute, sortie Genova, la route qui longe la baie, quelques stations, pas une en dessous de 1,80 €. Nous nous résignons à faire le plein à ce tarif. Mais ça ne marchera pas, cinq stations refusent l'une et l'autre nos cartes bleues. Et bien entendu nous avons en poche à nous deux à peine 30 €... Nous voilà repartis, à l'affut d'un distributeur. Et si lui aussi refuse nos cartes ? Je vous rappelle qu'on est dimanche.
Mais qu'est-ce qui nous a pris de partir si légers ?  A peine le temps d'un frémissement. Ouf on a trouvé une banque qui crache des euros. On empoche quelques sous tout propres. Si avec ça on tient pas quelques jours !
Vite à la pompe ! Et vive l'autoroute !

C'est à la sortie Padova ovest (je vous le fais en Italien, ça fait joli)  que ça se complique car les infos google n'ont guère pris en compte la réalité des panneaux et je finis par vraiment pas savoir où je suis. Coup de pot, on croise un plan de ville à l'angle d'un trottoir, subrepticement, pendant que je cavale aux infos locales, Laurent qui ne perd pas souvent le nord se souvient de sa passagère favorite, la bien nommée Simone Ifone... Au secours Simone. Nous confrontons nos découvertes Simone et moi et nous sommes d'accord. 

On est à 4 km de notre hébergement.stra

C'est bien joli d'un coup la province de Venezia et la proximité de Dolo.

Fin d'après-midi, nous entrons dans un hôtel tel que je les rêve.
casa

Un ancien monastère recyclé pour les besoins du tourisme. Un magnifique endroit, bus à portée de pattes pour Venise ou pour Padoue, (20km de l'un, 15 de l'autre), des chambres vastes et confortables, une immense salle d'eau... Génial.

Notre Casa à Dolo

Laurent sur ce coup-là a fait vraiment fort, et j'en suis autant émue que confuse. Nous faisons connaissance avec notre hôtesse, belle, souriante, le charme de cette femme est ruisselant. Elle bredouille du français, de l'anglais et parle italien. Moi, je bredouille anglais, espagnol et je parle français. Idem pour Laurent mais lui c'est l'allemand qu'il parle en plus... Et ce n'est guère utile ici. C'est assez folklorique quand on doit s'expliquer sur les menus (auxquels on ne comprend rien) sur les forfaits bus, et toutes choses indispensables à notre séjour. C'est aussi l'occasion de prodigieux fous rires.  Tout nous enchante.

C'est moi qui inaugure la douche. Je m'étonne un peu d'une espèce de fistrouille qui pend sur le mur carrelé, à gauche de la robinetterie. Elle ne m'intrigue que le temps d'empoigner ma savonnette. Laurent prend le relais. J'ouvre un livre en attendant qu'il s'éponge... Ah quel bonheur...

Et là, c'est incroyable, le téléphone se met à sonner... Si, si, si...
Et non, non, non, ce n'est pas Simone Ifone, vous savez bien qu'elle est en mode aérien.
Mais le numéro de la chambre, personne le connaît. Une erreur probablement. Pas grave.
Moi aussi, je suis en mode avion. Je réponds pas au téléphone, c'est Laurent qui accourt et décroche
- Non, no problèm (qu'il répond avec un accent à faire tomber une italienne)
... 
- Si si, scouza-miiiii, buéna tardé, (bon là j'vous la fais en phonétique approximative)
Il raccroche, se tourne vers moi tout réjoui.
- C'est la réception, ils ont cru qu'il y avait un accident dans la salle d'eau. Depuis la douche, j'ai appelé au secours...
- ah, pas possible, tu t'es retenu à la fistrouille qui pend près des robinets...
- Ben oui, j'savais pas ce que c'était alors j'ai tiré dessus...

dolo

 

C'est vraiment chouette Dolo, campagne et proximité des commodités, la voiture est à l'abri et nous pouvons prospecter tout azimut à pedibus...

 

 

 

Bilan séjour

TOTAL DES FRAIS pour deux personnes - du 16 septembre au 22 septembre 2012

TOTAL pour deux personnes
hotel+petit déjeuner 6 nuits 288
       
Repas-resto, midi et soir 7 jours 308
Dont une soirée une petite folie 80
       
Essence sans plomb/95   237
       
Péages   142
       
autocar

forfait bus 30€ pour 2

10 A/R ligne Dolo-Stra

20 trajets sur cette ligne.

70
vaporetto forfati 24h  toutes lignes

 

40

 

Frais annexes visites-parking-musée... 84
pot au bar le Florian 

1 bière+1 café

encore une folie......

39
       
TOTAL SÉJOUR pour 2 personnes 1 248
  ja

 

Il faut savoir que l'hôtel CASA DI COLORI est un endroit magnifique, et que le service est irréprochable. Le parking est fermé et gratuit. Les prix de septembre sont attractifs, mais ils sont variables selon la période et sous conditions. Par exemple, nous ne pouvions pas annuler la réservation.

Laurent a trouvé cet endroit en réservant par booking.com

  Le bus est à 7 mn de l'hôtel pour Venise ou pour Padova (même ligne). Il met 35 à 45mn selon l'heure.Il y a un départ toutes les 10/20mn selon le moment de la journée.

 

En voiture en ville, le parking est matérialisé bleu, c'est soi "zone bleue", leurs tranches ne sont pas découpées comme les nôtres mais nous l'avons quand même utilisée. Lorsque les emplacements sont matérialisés blancs, c'est gratuit. Il y en a dès l'entrée d'une ville et c'est bien commode.(Padoue,  Stra-Dolo, Citadella, notre budget parking est de 3 €)

 

Venise nous ne l'avons fait qu'en bus. Mais nous avons entendu dire que c'était prohibitif.(28 € la journée)

 

L'essence SP/95 ne descend pas en dessous de 1,76 cts/l (supermarché), prix maxi (autoroute 1,94 cts)

 

On peut manger le soir, un plat, un café et un dessert pour 18 €... et un verre de leur délicieux vin, "frisante". Les fabuleuses pizzas varient de 7 à 12 € selon leur complexité et le lieu. En particulier à Dolo. Mais on a fait quelques extras somptueux.
On peut manger à midi des repas chauds ou froids en terrasse, on s'en sort pour 12 € par personne avec les boissons et le café.

En septembre la température le matin tournait entre 20 et 22 ° vers 9h quand on sortait de l'hôtel.
Dans la journée elle variait de 24 à 26 °, avec de sympathiques brises. Un temps bien sympathique à part une journée un peu grise au lever, qui a vite repris des couleurs dans l'après-midi.

2012 EMBUSCADES MUSICALES

Sur la trace des DURS À CUIVRE, samedi 26 mai 2012,cor

la forêt de Sausset les Pins résonne de bien étrange manière et

nous y croisons de bien sympathiques humains.

qui ne se cachent pas derrière les arbres, mais .... qui c'est le veilleur sous son chapeau ?

 

La colonne des ravis du bois s'ébranle

 

 

 

    On a raté la chorale mais pas les cuivres !

cuivres rougescuivres or

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

gp cuivres

Jolis chants pour remi

 de drôles

d'oiseaux

 

 

 

 

 

 

Une prairie de valérianes, la couleurvaleriane

 n'est pas que pour nos oreilles !

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour prendre son pied  !

antonio 1

antonio 2

 

 

Non,

y manque

pas d'air !

 

 

 

 

tromb

On sonnegouter

le goûter ?

 

 Goût-Thé

 

Trop bon tout ça !

 

limonaire

 

Musique et paroles,

 le limonaire nous embarque tous !

                    et de bon coeur ! bon choeur dites-vous ?

chant

 

 

Assez rigolé,

 

 

place aux pros !

 

 

 

folk

 

 

 

 

 

 

avant l'instant nostalgie !

 

 Nous avons raté la fin du 

voyage en forêt et l'apéro tardif ! 

Nous étions attendus en soirée "Bulgarie" via Velaux, 

janou

  Et j'ai pris le temps de noter les noms de tous les artistes....

 

Mais j'ai perdu le calepin

en "Bulgarie..." à moins que ce

soit à Velaux.....

 

2011 MOTO CORSE

 MOTOCORSE - JUIN 2011

Nous voilà prêts à naviguer de nouveau. Cap sur la Corse. Non, pas avec avec notre voilier Lune de Miel. On s'embourgeoise voyez-vous ! Pour ce coup là, nous avons adopté le confort de la Méridionale, traversée Zen assurée par la compagnie de navigation.

Quitter Marseille par la mer avec autant de sérénité, j'vais vous dire, c'est rudement bon. Aucun souci météo, aucun souci de traversée, aucun souci d'intendance, aucun souci de route, aucun souci de cap, aucun souci de quart... Tous ces menus plaisirs offerts, le goût de l'aventure en somme, tout le luxe d'une navigation à bord de "Lune de Miel" nous les avons troqués pour un autre genre de luxe.

Celui d'observer d'en haut le travail assisté des lamaneurs, le mouvement lent des énormes cordages qui rentrent se lover sur le pont gentiment et sans broncher.lamaneur

Le va et vient des pilotines qui transbordent notre pilote de port. Et puis voir défiler si lentement les quais, les hauteurs de la ville et les phares qui nous invitent à sortir par là. Je me remplirai encore une fois les yeux de ses joyaux que sont les îles du sud de Marseille. Je les reconnaîtrai et je les aimerai une fois de plus. Lorsque nous aurons dépassé le château d'If puis le Frioul, que notre navire sera lancé dans le vent et les vagues au rythme qui décoiffe, alors nous partagerons une vraie cabine avec hublot sur la mer, avec la clim, avec de l'eau chaude dans la douche et des toilettes comme à la maison. Et puis cet autre luxe un peu plus tard de ressortir à mer ouverte et partager tout plein de ponts si vastes pour y exporter notre enthousiasme.chateau d'if

A la nuit tombée, se laisser guider vers une table de restauration fort luxueuse, dans une ambiance feutrée avec des mets subtils et prendre le temps de déguster.... sans se soucier ni du vent, ni des réglages de voilure. Jeter juste un oeil de temps en temps vers les immenses vitres de la salle restaurant,

- t'as vu comme la mer est calme. Y bouge pas ce navire. C'est dommage non ?

Non c'est pas dommage. Car c'est une mer idéale, juste un peu froissée par une houle tranquille.

Retrouver plus tard, le rythme régulier du navire, son ronronnement puissant et son balancement qui va nous assurer des rêves magnifiques...

Huit heures du matin. Bastia. La ville est encore molle. Les voitures rares, les magasins fermés... La moto prise de frénésie ne sait pas trop où donner du guidon. On tournicote un peu. On décide de prospecter à pieds. Il nous faudra trois quarts d'heure pour dénicher l'office du tourisme. Qui nous propose une découverte du centre historique, demain 17h, avec concert polyphonique et pour finir cette digne soirée, dégustation de produits locaux ...

Épatant ! a dit Laurent, alors moi aussi.

Pour l'heure, oeufs durs, fromage, eau tiède dans le sac à dos. Nous voilà parés pour une journée de prospection vers le nord à dos de moto. Dès qu'on sort de la ville, la corniche nous offre son délire de fleurs, et de roches. Danses de capucines, de chèvrefeuilles et de passiflores qui dégringolent des murs. Des petits hameaux que la moto traverse allégrement. Les maisons sont décrépies de gris, couleur des rochers. C'est un contraste saisissant cette pauvreté des murs que la végétation illumine.

Bord de mer, attention zone touristique. Je dis ça, parce que j'ai jeté un oeil sur un guide avant notre départ. Mais pour le moment ce sont des petits villages bien tranquilles. Ils sont plus pimpants, plus entretenus, un je ne sais quoi de domestiqué, ah oui, ils ont l'un ou l'autre, resto et bar... ce que les autres n'ont pas. et puis des lauriers roses, blancs, rouges, sur tige et qui se prennent pour des rosiers. Quelques arrêts pleins de curiosité, Erbalunga, Sisco, Macinaggio... Question mouillage pour l'été, ce n'est guère prometteur, étroit, peut abrité... Mais question vie à bord dans un mouillage de beau temps, j'y songe ... Un vent de paresse frôle la moto. Macinnagio à bâbord toute, direction le port de Centuri qui nous intrigue. Nous ne le connaissons que par les cartes marines. Il mérite bien le détour, c'est magnifique et quasi désert. Un petit bout du bout du monde... J'aime vraiment bien. Oui, mais imaginer la configuration d'été est un effort difficile. Et puis les fonds paraissent douteux (roches et herbes) et l'espace est moindre. Pas certain du tout qu'on y trouve un trou pour notre ancre. C'est pourtant bien joli tout ça et ça donne envie de revenir.

Retour vers Bastia sans histoire. Le sud de la ville est complètement urbanisé, complètement dédié aux zones commerciales et artisanales. Au moins y'aura de quoi magasiner si le temps se gâte ! Mais la moto là, elle a envie de se poser, à moins que ce soit Laurent fatigué de son pilotage sur départementales plus ou moins hasardeuses. Nous arrivons à Follelli, bord de plage, Costa verde, disent les panneaux... des kilomètres et des kilomètres de plages derrière d'immenses rideaux d'eucalyptus. Nous entrons dans la Castaniccia, et c'est là que nous serons hébergés, au bord du Fiume d'Olmo.

Moment de doute à l'arrivée. Il faut s'engager dans un chemin de terre que les roues de la moto n'apprécient guère. Et surtout trois chiens hargneux qui veillent à l'entrée du chemin et nous sautent dans les roues. Et ça, le pilote, il aime pas du tout, je ne dirai rien sur la passagère, qui couine à l'arrière, et voudrait bien sauter en marche avant de se rétamer dans les gravillons. Cinquante mètres de côte dans les sillons de la terre, serrons les fesses. Les chiens nous lâchent. Ouf, on arrive. Une grande propriété en bordure de maquis. Exactement ce qu'il nous fallait. Le studio fraîchement rénové, lave-linge , lave-vaisselle, une télé capricieuse, barbecue à disposition, bien luxueux tout ça, on aurait du prévoir plus de temps. Une terrasse ombragée pour le p'tit déj, ça on adore, accès libre à la piscine, là je sais pas...Je voudrais pas déranger, vous savez comment je suis, j'ai toujours peur de réveiller l'eau qui dort... Mais Laurent plus téméraire s'y frottera. Comptez-y !

Nous sommes un peu sonnés ce soir là, et nous ne prenons pas toute la mesure de notre chance. Mais le lendemain aux aurores ! Nous achèterons une carte aux 25 000 que nous éplucherons consciencieusement. Laurent nous programme l'une ou l'autre rando locale, ça me va bien. Mais pour l'instant, prise de contact en moto, pour une lecture en diagonale des accès et paysages offerts.

Notre cher Claude est au coeur de nos pensées. Tout naturellement la moto s'engage vers Castellare di Casinca... Quelle bonne idée. Je suis un peu troublée d'imaginer un autre temps, un autre monde, Ernest, jeune gendarme, Marguerite, jeune maman et leur fils dans la poussette. j'en suis toute retournée. Le village est magnifique. Et nous comprenons mieux la passion de Claude pour la Rouvière. Ma parole, il a reconstitué la Casinca en Cévennes...

 castellare di casincaAprès ce sympathique intermède affectif, nous passons le reste de la semaine à faire des chemins plus ou moins hasardeux, entre les vallées, entre les clochers, les sites historiques, les sites pastoraux, les sites religieux. De jolies lieux et des noms qui chantent, et des kilomètres de forêts dans les mollets.

Vescovato, Loreto, Pento, Piano, Casalta, Poggio, Monte Tagliu, Isolaccio, La Porta, et mon préféré Talasani.

Nous retrouvons comme de vieux amis, les cochons bruns ou noirs qui poussent les caillassent sur le bitume, ou les cochonnets qui sont affalés contre leur mère, le groin qui frétille. Lorsque nous grimpons péniblement dans les caillasses, des ombres brunes passent à travers les arbres.

"Y'a quelqu'un ? Vaut mieux s'annoncer des fois que ce serait un sanglier !

"Moi je crois que c'est un humain" dit Laurent et reprend plus fort

"Ya quelqu'un avec nous ?

L'ombre se déplace, les ombres se déplacent... et clochettes soudain de chèvres.

Ah les chèvres, chevreelles se pointent immanquablement au moment du casse-croute. Nous aimerions leurs visites de courtoisie si elles ne puaient pas autant. 

Les immenses châtaigniers nous protègent de la lumière et du soleil et nous marchons dans des conditions de rêve. Dans les vallons, d'immenses forêts de fougères. Elles font plus de trois mètres de hauteur. Nous ne nous y hasarderons pas, certains de nous y perdre. Les forêts que je préfère sont celles du chêne liège. Des ancêtres d'arbre aux écorces torturées et crevassées. Que ces vieilles forêts sont belles. Dans la campagne corse, on croise des femmes et des hommes qui parlent comme si les arbres avaient des oreilles. De jolis sons qui se chuchotent comme s'ils nous berçaient. Je me demande vraiment comment c'est un Corse en colère. Est-ce que ça peut crier ? Toutes ces personnes sont d'une gentillesse déconcertante. Ils nous abordent, ils nous accueillent, ils nous expliquent... Même quand on ne leur demande rien. Des fois j'ai l'impression qu'ils sont ravis d'avoir de la visite, surtout les vieilles gens. Je trouve que c'est un pays romantique et sauvage à la fois. Je m'y sens exceptionnellement bien.

Une incursion vers les plages qui sont toute proches. Quasi désertes, sur des kilomètres que ce soit vers le nord ou vers le sud. Laurent s'y prélassera, et moi le cul dans le sable, je m'offrirai le luxe d'une rêverie ou deux. La petite route qui remonte vers le village est bordée d'eucalyptus et de champs cultivés. Les cultures ou les vignes au ras de la plage. Nous croisons un troupeau de jeunes moutons à poil ras qui trottinent derrière le pasteur au volant d'un vieux toyota, moteur qui tourne au ralenti. Une petite virée du côté Ouest en passant par le col de Teghime. Saint Florent, et là c'est le choc total. Je suis éblouie par cette ville. Difficile d'imaginer ça en plein été mais en juin, c'est vraiment dommage d'avoir laissé Lune de Miel à Martigues. Au retour, le soleil inonde de belles parois de roches d'un vert brillant pastel nervuré de filets d'or. Fichtre, quel somptueux carrelage.

Dernier jour, nous quittons notre résidence. Dernière descente de ce chemin de terre qui m'a donné bien des sueurs. La moto est harnachée de tous nos bagages et j'ai un sac à dos qui me torture les omoplates. Les chiens sont dans un autre coin de la propriété. Soulagement général. Je brandis à bout de bras notre sac poubelles que je dois déposer au passage... Coup de pot, les chiens sont à l'autre bout du terrain. Nous voilà presque au macadam en rue civilisée, juste un p'tit creux à passer, que l'eau d'arrosage a rempli. Laurent est déjà engagé de ce côté de l'ornière, un peu surpris mais ce n'est pas profond, il décide de passer... La roue avant patine dans la boue, s'en imprègne, la roue arrière ne sait plus donner du pneu. Laurent veut remonter au sec, mais la clôture nous frôle... on fait d'étonnants soubresauts, un bond en avant, droite, gauche, droite... un coup en avant, virement de bord, ma parole les roues sont indépendantes. La moto gîte, oh là là... Et patatras, plus moyen de la retenir. Elle se laisse tomber sur la hanche. Laurent et moi on bascule le museau dans la terre, mon sac poubelle racle le gravier, mon blouson aussi... On a l'air fin... à se frotter les genoux et les manches, à secouer nos godasses, à rassembler nos détritus et à nouer notre sac misérable.

Elle a ça de bien cette moto, c'est qu'elle ne se couche pas complètement, elle nous fait juste des caprices, des semblants de fatigue, elle se pose sur son carénage et attend sagement qu'on la relève... On est deux et suffit de pousser comme un seul homme. C'est reparti. Et moi je rigole, je rigole... Croyez-moi c'est pas trop facile de se bidonner à l'arrière d'une moto qui file sur le bitume. Je ne sais pas comment c'est pour vous, mais si je rigole c'est avec tout mon corps, et la moto elle n'aime pas du tout que je me secoue intempestivement. Et puis, ça fait de la buée sur ma visière. Je retiens douloureusement un fou rire qui me bloque la respiration. C'est nerveux peut-être ! Et puis, d'un coup, le paysage me reprend dans sa contemplation intense. Laurent nous a concocté un circuit de grave.

A proximité de Corté (que nous connaissons d'un autre motocorse) nous virons vers l'inconnu, Ghisoni par le défilé de l'Inzecca, des roches en aiguilles et des gorges verdoyantes, des sommets enneigés... comme c'est étrange. A Venaco nous virons de bord pour rejoindre le col de Vizzavona (1160 m quand même !) et descente vertigineuse vers Ajaccio... Le vent siffle joyeusement dans mon casque.

 

A Ajaccio, nous nous souvenons d'Annick, Alain et les filles et de leur accueil si agréable, au moment d'un autre motocorse. Quel plaisir de penser à eux et à la tribu Vauthiers. Nous prenons le temps de nous attarder face au mouillage de l'avant port, vaste et si bien protégé. Du coup, ça nous ouvre des possibilités pour l'été. Ajaccio

J'imagine Lune de Miel, trop heureux de mouiller sa quille dans cette vaste baie, j'imagine sa chaîne qui gambade dans l'avant-port et son étrave qui broute la vague. De l'impatience me taquine...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2010 CVM journée handi action nautique

 Dimanche 6 juin 2010 -

 

Nous partons avant 8h du matin, autrement dit aux aurores, et je me demande encore comment j'ai fait pour être opérationnelle. Journée Handi-Action Nautique au CVMartigues, le club de voile dans lequel nous nous épanouissons joyeusement depuis plus de 20 ans. Je dois être à l'accueil, on offre café et croissants frais pour les premiers arrivés. Y s'agit pas d'être en retard. Les yeux encore collés, complètement vaseuse, je n'entends pas trop ce que Laurent mastique à la table du petit déjeuner.

- On y va en moto ?
- .....
- Tu veux prendre la route touristique du Delà ?
- M'est égal !

Coup d'oeil surpris de Laurent car je déteste l'autoroute en moto. Décidément je suis vraiment ensuquée. Du coup, il choisit son itinéraire. Allons y pour un grand tour d'autoroute qui contourne largement l'étang de Berre par le sud, au moins 40 km... Rognac, Vitrolles, Gignac, vive la somnolence...Entre Marigane et Gignac, la moto ralentit, le changement d'allure me réveille. Le Ploum Ploum Ploum Broo o...m s'affaisse doucement, et on se range sur la bande d'arrêt d'urgence. Arrêt pipi, tout le monde descend. Je sors la tête de mon casque-bocal.

- T'aurais pas pu prévoir avant le départ
- Prévoir quoi ?
- Ben, l'arrêt pipi !
- C'est la moto qui a des besoins incontrôlés. T'as pas remarqué que le moteur s'est tout bonnement arrêté de tourner ?
- Ah, si bien sûr, je plaisantais...  Bon on fait quoi ?
- On remet en route.

Mon instinct féminin me dit que ce sera pas si simple, et ce n'est pas si simple. Même pas un soubresaut le moteur.
- Alors ?
Laurent se gratte la tête (ça peut vous rappeler d'autres circonstances en mer, avec un moteur facétieux ) moi ça me frappe tout de suite.
- T'aurais pas un problème d'arrivée d'essence ?
- Non, nous n'aurions pas roulé aussi loin. J'ai fait le plein hier. J'essaie encore !

Miracle, ça repart. On se remet en selle... Magnifique. Au moins 3 km, et nouveau soupir du moteur, arrêt en douceur sur la bande d'arrêt d'urgence. Diagnostic imparable de Laurent.
- C'est une panne à chaud, c'est sûrement l'électronique.

S'il le dit, j'y vois pas d'inconvénient. Doit-on appeler au secours ? Et qui doit-on appeler ? Est-ce que ça se fait de tracter une moto pour la ramener en lieux sûr ? Pendant que Laurent se gratte efficacement les cheveux, je contacte nos amis du CVMartigues, car je ne serai pas opérationnelle pour le café des invités. Miracle nous n'avons pas oublié le téléphone portable dans une poche quelconque du panier de linge sale.
- Désolée, nous aurons un retard indéterminé.
- T'inquiète pas on gère, arrive dès que tu peux.

La moto se remet en route.... On serre les fesses, Laurent précautionneux roule sur la ligne d'arrêt d'urgence, les voitures nous doublent. Je remarque seulement à ce moment là qu'il y a bien du monde qui circule pour un dimanche aux aurores. Déjà la ruée vers les plages de la Côte Bleue, oh les pôvres ! Enfin, c'est plus vraiment l'aurore, il est pas loin de 9h, j'imagine.TRIUMPH
Et pas loin de 2 km plus tard quand la moto de nouveau s'assoupit. C'est lassant à la longue. On se range une nouvelle fois du trafic qui commence à me chauffer les oreilles. On s'abrite derrière le rail de sécurité, face à Gignac, l'étang en fond d'écran. Le derrière dans des herbes jaunies, entre déchets plastiques et cannettes vides semés dans des arbustes rachitiques. C'est pas jouissif comme pause. Dire que si on était passé par St Chamas, on aurait pu faire des pause champêtres, forestières, maritimes... On aurait pu herboriser, se vautrer sous les pinèdes... Au lieu de ça, nous pataugeons dans des décisions hasardeuses. Car nous décidons de rentrer à Velaux... en moto...
Le système en surchauffe a eu le temps de refroidir. Il faudrait d'abord sortir de l'autoroute car nous ne nous y sentons guère en sécurité avec tous ces damnés du bitume qui nous frôlent à vive allure. (Bon, si ça trouve y'a l'un de vous dans son joli bolide, et personne n'imagine qu'on est dans la panade) Oh la la, quand te reverrai-je ma petite maison de Velaux ? Pour le moment, la moto reprend son souffle. Laurent ventile le moteur avec le plat de la main... Il y croit. Un p'tit coup de démarrage et c'est reparti. Cap sur Velaux. En haut des côtes, Laurent coupe le moteur et on roule en roues libres... C'est une conduite particulière toute en douceur. Exquise conduite, assez chaotique, sympathique parfum d'aventure et peu polluante. Dans les bonnes descentes (au niveau d'eurocopter par exemple) la moto remonte même la côte sur son élan et on redescend le tout en roues libres. En voilà une moto qui n'en fait qu'à sa tête !
Prise de conscience accablante. Nous avons roulé sur cet itinéraire plus de 60 % de km sans moteur, sans carburant ! On a mis du temps d'accord, mais du coup l'économie d'essence sur ce trajet n'est pas anodine. Je me réjouis que certains esprits évolués cogitent à ma place à ce sujet. Et la moto se rendort juste au moment où nous descendons notre voie d'accès, à deux cents mètres de la maison. Elle refuse tout bonnement de monter se garer. On la laisse donc bouder le long du mur et on repart aussi sec à Martigues, en voiture.

Nous somme enfin opérationnels pour la journée d'accueil au club de voiles sur le coup de 11h00. Toute une armada de personnes handicapées à des degrés divers flânent à travers les ateliers proposés. Ils arrivent avec leurs éducateurs ou en famille, choisissent leurs activités. Des fois, ils veulent tout faire, tir au fusil laser pour les déficients visuels, plaisance à bord d'un canot, embarquement avec une grue pour les pilotes de fauteuils roulants.EMBARQUEMENT

Promenade romantique dans la Venise Provençale en zodiac, Plaisance à la voile avec le bateau du club, jeu de boules pour les terriens. Tout le monde sait ça, les activités nautiques, ça creuse. 13h, paella de rêve, proposée par nos amis du Rotary club d'Istres. plus de 200 affamés se ruent sur les assiettes. Et ça se régale joyeusement.

PAELLA

14h30, Partance régate depuis les quais de Ste Anne. Nos invités sont éparpillés à bord de 12 voiliers pour la plus belle course de l'année sur l'étang de Berre. Courte mais bonne; Environ 8 milles, brise d'une dizaine de noeuds pour un départ ferme et tranquille. Rapidement, le ciel pluvio-nuageux bouscule un peu les équipages, mais les conditions sont idéales pour une régate. On se quitte tous dans l'enthousiasme. A l'année prochaine...

Il est dit cependant que ce sera jusqu'au bout une néfaste journée. Bon, d'accord, nous avons été négligents pour le carénage, que nous n'avons pas réussi à programmer au début du printemps. Bon, d'accord, on avait remarqué les herbages le long de la ligne de flottaison, des petits cacas sombres couleurs coquillages et nous avions craint que l'hélice soit encroûtée de parasites. Mais si à l'aller, LDM était lent il était manoeuvrant. Donc nous nous sommes lancés plutôt confiants. Manque de pot, au retour, une bourrasque a poussé sur l'avant et le bateau a refusé de pointer son nez vers le quai. La malchance ayant voulu que le niveau d'eau de l'étang soit à son minimum., nous nous sommes tout simplement encalminés devant notre place. Cette nouille de voilier frétillait bêtement sur sa quille. Pris dans la vase ou prisonnier des amarres qui barrent jusqu'au milieu de la passe ? Les deux à la fois mon Capitaine.
Les potes sont venus nous porter secours depuis la panne. C'est très rigolo quand quelqu'un merdoie en rentrant au port, on découvre trois sortes de potes,
- les narquois qui se fendent la pêche, "na, na, na, c'est pas à moi que ça arriverait !"
- les brailleurs, ils gesticulent, ils font les importants, ils n'ont rien compris mais c'est eux qui savent le mieux. Surtout bouchez-vous les oreilles. Ils n'hésitent même pas à vous traîter d'imbécile.
- les solidaires, ils observent, ils réfléchissent, ils agissent, ils sont rares et précieux.
Pourtant avec la bonne volonté des trois groupes, on récupère du mou dans les amarres qui nous emprisonnent. Un gros coup de gaz et dans un tourbillon de vase, LDM enfin recule.

LDM À QUAI

Laurent nous incruste à notre place en marche avant, tant pis pour les commodités d'accès au quai. Merci gracieux à tout le monde et on se casse vite fait. On n'a pas que ça à faire Laurent et moi. Car à la maison, des explications s'imposent avec notre moto facétieuse...

JanouB

 

 

2010 ABBAYE DE VALSAINTE- Haute Provence-escapade moto

5 juin 2010

Sortie remarquable avec nos amis vidéastes de Cinétravelling (cinétravlo pour les intimes, faudra vous en souvenir si je vous en reparle). Nous sommes invités pour participer à leur sortie technique, images de printemps à l'abbaye de Valsainte, la roseraie s'y prête à merveille.
En piste pour une virée moto dans le lubéron. Le ciel est léger, la brise aussi.
Plout plout plout, brou... ou... oum... Rien que de l'écrire je l'entends avec bonheur chanter dans mes oreilles, la moto. Laurent et moi avons souvent fait cette route champêtre et c'est toujours un enchantement. Quitter Coudoux, grimper la petite route le long du canal. Bien plongeant tout ça.
-Hé Laurent, serre pas trop ta droite quand même !

Dominer l'étang de Berre puis s'échapper à travers la garrigue jusqu'aux Quatre thermes. Repérer les vastes tapis de fleurs, coroles de cistes mauves, or des genêts épineux qui déjà buissonnent, thym et romarin. Humer ces senteurs délicates, Ah le bonheur de s'en mettre plein les naseaux.
Traverser les forêts de St Cannat ou de Lambesc. Les yeuses ont semé des tapis de chatons sous les pinèdes. Les cèdres et les pins d'alep se disputent les trouées de lumière. S'attarder à Rognes, respirer la fraîcheur du grand bassin de St Christophe à l 'entrée de la Roque d'Anthéron. Déjà, nous y sommes aux portes du Lubéron. La route sinue entre les vignobles, les champs d'oliviers. Les cèdres et les pins d'alep se disputent les trouées de lumière. Je m'imprègne d'odeurs, de couleurs et de lumière. C'est la saison des champs de coquelicots et des genêts dorés. Ce sont les couleurs du printemps, violentes et fraîches à la fois. La combe de Lourmarin ouvre une vallée bruissante de chênes verts et blancs et de roches brillantes. C'est une route magnifique. Et la moto ronronne gentiment sous mes fesses. Nous prendrons pourtant le temps de nous poser au détour d'un sentier. Ecouter le non-silence de la forêt, s'imprégner... s'imprégner... et repartir, le coeur léger et l'âme vagabonde. plout, plout, plout... brou...ou...oum.... (les mauvaises langues disent aussi gling gling gling, parce que c'est une triumph, la moto, mais c'est même pas vrai.
D'accord, c'est pas le ronronnement d'une BMW mais nous le valons bien !
Quelquefois, je me penche pour caresser la cuisse de Laurent, qui me répond par une petite tape sur le genou... Voilà, nous sommes en totale harmonie, tout proches l'un de l'autre. Je sais que je suis totalement livrée à son adresse de pilote et j'adore ça. C'est tellement bon de se laisser porter. Si, si si !

C'est pas tout ça, mais nous sommes attendus. L'Abbaye de Valsainte est située sur un éperon rocheux de Haute Provence à quelques kilomètres de Simiane La Rotonde. Nous baignons toujours dans l'euphorie printanière Laurent, la moto et moi. Et c'est avec enthousiasme que nous négocions la petite route qui mène à un immense pré où se parquent les véhicules. Au fond le site de l'Abbaye. Petite soeur de Silvacane, l'Abbaye ne garde de ses origines mystiques que la tradition orale et un jardin étonnant. C'est Alain Corrente, ses grands yeux clairs et sa passion pour l'histoire qui nous embarque à travers un monde de mystères. Et c'est notre passé. Il nous arrête à ce rocher extraordinaire qui pond des oeufs.... J'ai adoré, à coup sûr, j'en ferai une histoire pour mes petits enfants.
Le jardin est si vaste, si naturel qu'on a du mal à imaginer le travail qu'y développe le Maître jardinier Jean Yves Meignen. Ces deux hommes, nous ont conquis. On reviendrait là, rien que pour se laisser captiver par leur sensibilité et leur passion commune d'un lieu de vie.
Serge Orlandi, avait-il déjà en 1995 une idée de ce qu'il pouvait faire de ces (ses) ruines ? Je l'ignore. Aujourd'hui, il fait figure d'éveilleur de mythe.. Un rien oriental dans sa manière d'être, il nous gratifie de concerts de bols tibétains... Quant à la portée spirituelle de l'exercice, je reste dubitative. Soutenir le chant des bols avec une bande sono (chants d'oiseaux, bruissements de feuilles et sources fraîches...) J'ai pas trop aimé. Quand au sens mélodique, évoquer Big Ben avec des bols orientaux, ça m'a paru un peu indigeste... Mais chacun entend comme il l'entend.... n'est-il pas ?
Le mérite de toute cette équipe qui se donne à fond pour faire vivre des lieux exceptionnels c'est d'avoir su y développer un tourisme local et propre... Nous permettre pour pas cher (6 € l'entrée en 2010) un moment de détente, d'histoire, d'histoires aussi, de culture intellectuelle et de culture jardinière... Nous avons puisé dans tout cela avec un immense plaisir. Nos potes Cinétravlo ont même trouvé à acquérir de splendides rosiers pour leurs dames. Même la version sans épines, sur la moto, ce n'était guère recommandé. La tentation fut terrible. Mais héroïque comme vous me connaissez, j'ai pas moufté. J'ai juste regardé d'un oeil brillant les chanceux qui partaient avec leur buisson d'épines sous les bras.

Si vous voulez vous offrir une belle journée culturelle et touristique, c'est un endroit vraiment sympathique.

Pas loin vous pouvez y associer un tour aux carrières d'ocre... De quoi combler une belle journée de vacances depuis Velaux ou ailleurs.

 

 

2010 TROIS PARACHUTEURS

PARA-CHUTAGE 16/10/2010
janou ciel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des années que nous en cauchemardons José et moi. Mais plutôt crever que de se dérober. C'est la réponse à un défi lancé il y a des années à bord de notre voilier Lune de Miel, entre Martigues et Minorque, comme un paquet de vagues un peu taquines. Quleques mots pour rigoler, et qui ce jour nous engagent tous les trois mère et fils dans une étonnante escapade. Car bien entendu, Olivier le grand frère, du haut de ses 40 ans, sera de cette folie.

Aujourd'hui samedi, 16 octobre 2010, c'est le bout de la tentation... 170 km d'autoroute de Velaux à Gap, aérodrome de Tallard. C'est Laurent qui pilote et qui assure notre ancrage au sol. C'est important pour nous qu'il soit là . Il a tout prévu comme il faut. La caméra, l'appareil photo réflex, tous les pieds sont là , et le pique nique dans la glacière enrichi des goûteuses madeleines d'Alex. Les trois sauteurs au top. Dans la voiture on papote, on a bien des choses à  se dire. "Ah oui et Karine, tiens donc ah oui et Alex, oh super et Dorine, et Shana, Guilllaume aussi oh la la !" Nous passons la famille en revue, nous anodisons comme si on roulait vers une superbe journée au soleil, bien anodin tout ça, vraiment ! Pourquoi brillent-ils autant nos yeux , pourquoi ses gestes impatients ?

Nous y voici, Paradrenalin, notre base parachute. Une cordée borde l'enceinte du club, obligation de s'y tenir rangé.hangarUne dizaine de personnes sont alignées. Avec nous autres ça fera une petite quinzaine. Nous sommes aux premières loges pour assister aux départs, vols et atterrissages. Un avion roule vers la piste. Il monte monte monte au fond de la vallée. Puis disparaît. On l'aperçoit très haut dans le ciel qui revient. Il libère une charge de para-chuteurs. (du verbe chuter car en cet instant je ne suis plus sûre de rien). En face de nous, le ciel se pique de points sombres qui se colorent en se rapprochant du sol. Puis les voilures se précisent parfaitement arrondies. Huit pattes gigotent autour d'un ventre à deux dos. De minuscules et étranges scarabées qui paraissent bien fragiles. Roses, bleues, rouges, les voiles vibres et paraissent vivantes bien plus que les sombres bestioles suspendues. Avant de se poser au sol, le tandem ralentit et dans un ensemble presque parfait toutes les pattes se posent. Les uns glissent au sol sur les fesses, les autres finissent dans un pas de course impeccable. C'est bien beau tout ça. Mais ce genre d'épisode ne fait pas encore partie de ma vie. Je regarde et j'admire complètement détachée. Et ce n'est pas étonnant. Depuis que l'échéance se rapproche, je me réjouis. Je ne laisse aucune place à l'inquiétude. Je n'imagine pas, je ne me projette pas dans ce moment. Simplement je l'attends et je me réjouis. C'est ce que j'appelle ma position d'attente. Je ne veux pas savoir ce qui m'attend car le pire, c'est la peur d'avoir peur, ce serait trop bête puisqu'il n'y a aucune raison d'avoir peur. Méthode imparable
" Parachute, oh oui, vivement ! "
En cet instant encore, ma pensée s'arrête sur ce vide, impossible à  imaginer mais si prometteur. Fastoche non ?

Déjà un autre avion décolle dans un crescendo de moteur à  pistons. avionNous restons un long moment intimidés, émerveillés, derrière cette ligne de ceux qui restent en dehors du cercle des initiés. Maintenant, plus réjouie que jamais, j'entre dans le club. Avec Laurent et Olivier ou José, je repars pour un échange d'anodisation, histoire d'améliorer notre résistance au stress. Faut bien passer le temps. A l'intérieur du hangar immense, de beaux messieurs, allure sportive et décontractée, plient leur bagagerie de vol. Ils alignent les plis de leur voilure avec une symétrie remarquable tout en devisant joyeusement. Leurs gestes sont lents, savants. Nous attendons sagement notre tour, anodisation toujours. Un grand gaillard m'interpelle. C'est le moment du "briefing". Ça y'est. Il faut changer de registre. Les infos pleuvent sur mon impatience et vont l'éteindre. Je ne suis pas certaine de tout retenir. Il me parle de choses inconnues, des mots parfaitement étrangers à  ma vie quotidienne, impossible à restituer. Je ne saisis que la notion d'ensemble. Je ne suis pas encore sortie de ma position d'attente. Je suis juste épatée, enchantée, perplexe. Cet homme est remarquable. En quelques minutes, il a établi la relation sympathique qui va me permettre de vivre des moments inoubliables. Totale confiance. Je n'en demande pas plus. Rien que pour ça, j'aurais fait le déplacement. Mais justement voilà , j'ai pas fait le déplacement que pour ça.
Allez zou, on s'lance.
Nos lunettes de protection sont tip-top; on ferait peur aux mouches si on en croisait. Par dessus nos trois caleçons-pantalons-damart+souspull+polaire épaisse+blouson, nous sommes harnachés, ajustés à  nos bretelles, sanglés du dos jusqu'aux cuisses et mousquetés à  fond. On marche comme si des choses encombrantes nous coinçaient dans nos culottes. Fichtre y'en a de l'épaisseur. Un relatif confort aussi. Y fait si froid que ça au 7ème ciel ?
L'avion ronfle déjà . Nous nous y installons deux par deux, le cul par terre, jambes tendues, calé chacun entre les jambes de son moniteur. Un homme en solo sautera le premier, je suivrai puis Olivier puis José. Une petite vibration de la carlingue. J'entre en phase réception totale. J'absorbe les merveilles. Je n'entends même pas le moteur. On grimpe sous les nuages cap vers le sud. Les sommets s'arrondissent, les routes, les canaux s'enrubannent, les vignes et les vergers se puzzlent... Les couleurs se mélangent et le ciel s'ouvre ... La terre s'aplatit. Wouha mais c'est qu'on est vachement haut, plus de 3500 mètres. Fichtre j'me disais bien aussi que l'air devenait frais. Je me laisse porter, je suis éblouie. J'échange quelquefois un mot ou un sourire avec José, ou mon guide. Je les perçois de très loin. Je suis dans l'intemporel, dans l'irréel. Je ne sens rien, je suis juste un regard qui dévore les montagnes et les vallées minuscules qui s'étalent sous ma coque. Je suis hors circuit et j'adore ! Hélas, quelqu'un me tape sur l'épaule, me dit des trucs... Je mets un temps fou à comprendre. C'est mon guide, il veut que je me soulève pour qu'il puisse ajuster mon harnachement au sien et je suppose me mousqueter à  lui... Prise de conscience épouvantable. J'étais si bien là , pourquoi il me dérange ? Moment de pure panique. J'ai le coeur qui bat à  mille à  l'heure. Je ne peux plus respirer, j'ai la tête qui tourne... Je réalise enfin que je n'ai plus le choix. Je lui obéis comme dans un brouillard. Il me cale sur ses genoux... Je me ressaisis quand je peux me rasseoir. Respire, calme ! C'est bon, tout va bien ! Ouf !
Je ne suis qu'une éponge de sensations qui ruissellent. Une sonnerie retentit, Sortie d'usine ? La porte de la cabine glisse, s'ouvre en grand. Une énorme bouffée d'air froid s'engouffre. L'homme solo nous salue, une sorte de rituel, qu'il ponctue d'un énergique : "Bon saut !" dans notre direction.
Il pourrait donc être mauvais ce saut ? Et ça me fait rire. C'est sûrement nerveux. L'homme solo se glisse à  la sortie. En quelques instants il disparaît, avalé par le ciel... C'est un choc terrible pour moi, car maintenant, c'est mon tour, et il faut que je fasse ça ? Il faut que je me laisse aspirer par le ciel ? Mille millions de mille sabords ! Plus le temps de réfléchir.
Mon guide gentiment me souffle de glisser vers la porte. La consigne c'est de garder les mains passées dans les bretelles du harnais, histoire de les ranger et qu'elles n'en fassent pas qu'à  leur tête. Ensuite s'assoir les pieds dans le vide, les jambes pliées au maximum sous l'avion, la tête relevée et garder cette position pendant le saut et la chute libre. (Je crois avoir fait à  peu près ça) Enfin jusqu'à ce que deux tapes sur l'épaule me signalent que tout va bien et que je peux m'étaler à  ma convenance dans le ciel... Mais je n'en suis pas là . Quasiment poussée au cul par mon guide (il est sanglé dans mon dos) je me retrouve assise à  la porte, wouah, ça décoiffe et ça gèle sec. Je plie les jambes vers l'arrière... Le sol est loin, loin, loin, en face le ciel, des trouées de bleu limpide, des coussins de nuages blancs... Et puis de nouveau le sol loin loin loin... L'air violent, me glace le nez et les oreilles... Pourvu que mon pote à l'arrière... Même pas le temps de penser le reste ... propulsion, vitesse, tout ça me saute dessus en vrac... ça tourne ! Et ça tourne. C'est insoutenable, je ferme les yeux. Juste le froid qui me griffe le nez et les oreilles. Ouf, j'ai pensé aux gants. Mes entrailles se stabilisent, mon coeur reprend son souffle... (?) Je compte calmement jusqu'à  trois. Je rouvre les yeux. Mais qui m'a mis ce turbo aux fesses ?oliv saut

Chute libre. En gros, la moto à  180 km/h. Rien à voir. Sans casque, j'en prends plein la tête de ce morceau de ciel qui dégringole avec moi. Et puis, en moto, on peut freiner... Je ne suis nulle part, le sol me passe par dessus et les montagnes sont de travioles et l'air glacé me tétanise les joues et les oreilles. Je vois défiler des rubans bleus, des carrés verts, des pointes sombres et claires... La campagne est sans dessus-dessous. Ça pourrait être un paysage mais il ne se met pas en place dans mes yeux... Hors champ, je suis hors champ... C'est terrible, fascinant. J'ai mal, je ne sais pas pourquoi, Je dégringole, je ne sais pas où. J'adore ça et je ne sais pas ce que c'est. J'ai peur et j'ai pas envie que ça s'arrête... C'est d'une violence terrible et c'est fascinant. J'ai 60 ans et j'ai 6 ans. Fichtre, c'est dangereux ce truc ! Une forte poussée me donne l'impression que je m'arrête. Super Y'a un frein. Le parachute vient de s'ouvrir. Et là  c'est tout simplement un magnifique moment d'apaisement. Je pousse un gigantesque soupir qui me rend à moi-même, toutes choses en ordre. Mon estomac se détend, mes yeux ne brûlent plus, mes oreilles ne sifflent plus (j'ai donc ressenti tout ça ?) et le paysage se met en place. Les rubans redeviennent un canal, une route, les couleurs brouillées redeviennent des vergers ou des champs et les petits pâtéblancs redeviennent des maisons. Je suis géante et je domine un monde de poupées. Et j'appartiens à  ce monde dans son entier. Il y a Olivier en rouge à  ma droite, et José en bleu un peu en dessous...jo ciel

Ils sont beaux, beaux ...! Derrière moi, mon guide me propose une petite virée, à gauche ? Oui bien sûr. Faudrait pas que le panorama devienne monotone. L'effet est saisissant parce qu'on fait un joli tour et le paysage recommence à  basculer, à  chahuter, à  se décomposer, puis on se restabilise et le monde revient à  sa place. Et puis un petit tour à  droite, et le même chamboulement se reproduit.... Mais je ne le subis plus. Je l'attends. Je sais que c'est unique dans ma vie et incomparable comme sensation. Je me détends. On peut papoter mon compagnon et moi, c'est très relax...entre deux tours ! Si j'osais je hurlerais de bonheur. J'ai envie de rire, de rire, de rire alors je ris de tout mon coeur. Et je m'ouvre tout entière à ces extraordinaires sensations.
Un nouveau petit tour à  gauche, puis à  droite, on n'en finit plus de faire et de défaire le monde. Nous voilà  stabilisés, bien à la verticale. La descente est en pente raide mais on glisse sur l'air comme dans un rêve. Alors je prends le temps de revoir cette vallée si belle et de plus en plus précise. Les montagnes redeviennent de majestueux sommets. Très vite nous sommes au dessus d'une route. On se lance à  la poursuite des voitures et un dernier virement nous amène dans l'alignement de l'atterrissage. Le sol arrive à  toute allure, mince mais c'est qu'on y est presque. Je plie les jambes pour arriver assise et détendue. Mince déjà de l'herbe ! Zut on va frôler Olivier et son compagnon qui sont déjà posés. Mes pieds repliés sont au sol, emportée par l'élan je m'affale de tout mon long, en douceur. Vautrée le nez dans la verdure, je suis déposée comme un gros paquet maladroit. Mon compagnon est encore prisonnier de son élan et de nos mousquetons. Cette ombre sur ma tête et ce poids qui s'affale dans mon dos, c'est quoi ?

Ce n'est pas académique comme arrivée, mais qu'est-ce que c'est bon.
Me voilà  revenue sur terre et pas mal sourde, mais je sais que c'est provisoire alors j'en profite un max. Il fait si bon vivre dans ce nouveau monde !vautrage

 

 

 

2009 SÉNÉGAL

st louisQuatre semaines entre Dakar,    Popenguine et Saint Louis

 

Dakar - Popenguine

15 décembre 2009 - Dakar
 
Nous avons réussi notre arrivée à Dakar et dans de bonnes conditions, voire excellentes, malgré mon état de santé plutôt déficient. Toux persistante, épuisante, état fébrile. Une radio d'urgence 24h avant notre départ met en évidence une pneumopathie. C'était bien le moment. J'ai donc embarqué mes bagages avec les piqûres, les seringues, la poudre blanche. Tout est passé comme une lettre à la poste en douane. Malgré mon extrême fatigue, je me sens vraiment euphorique. Et puis, je prends ainsi spontanément le rythme lent qui s'impose sous le ciel, tout en  couleur locale ça me va.
Allez une image saisissante de mon arrivée. Nous débarquons un peu sonnés de quelques heures de vol et d'une plombe d'attente à la bagagerie... D'un coup, nous voilà seuls au monde noyés dans une foultitude de couleurs et de mouvements...  Vite de l'air ! Ouf.

taxis jaunesUne horde de taxis jaunes et noirs s'impatiente le long du trottoir. On se dégage de la cohue qu'on laisse à babord, coup d'oeil à l'arrière, c'est tout bon. Laurent suit en tractant sa charrette...
Une immense place cadrée de barricades basses. Au milieu trois gros fourgons sanitaires isolés et incongrus. Et tout autour des centaines de familles agglutinées qui piétinent, s'interpellent en scrutant les portes de sortie de l'aéroport. Comment peut-on rassembler autant de personnes en attende de leurs immigrés ? Je passe en mode totale réception. Un grosse bouffée d'air estival. J'aime bien ce sentiment de plus savoir où je suis.  Il faisait 25° à l'arrivée vers 1Oh du soir.
Hier découverte à pieds de Dakar... en même temps, monter dans un de ces magnifiques bus, ça nous démange.bus

On va, on zone, on s'imprègne. Si ce pays n'est pas neuf, il est parfaitement nouveau et ce pays nous plaît.

Popenguine, 19 décembre 2009
 
C'est avec enthousiasme que nous quittons dimanche après-midi la bousculade de Dakar. Déambuler à travers la ville relève du défi et notre position de toubab (porte monnaie sur deux jambes) n'est guère confortable. Comme nous a soufflé un sympathique  jeune homme croisé dans la rue.salut

 

 

 

 

"On est vraiment casse-couille Madame, mais on n'est pas méchant !"

  Popenguine est un village formidable et la maison que nous louons est exactement ce qu'il nous fallait malgré son total dénuement. 
Nous ne sommes pas surpris que la radio ne fonctionne pas, que les cannisses sur la terrasse soient en ruine, que le portillon soit démantibulé, les volets déglingués par l'hivernage, que les dalles d'accès à la maison branlent allégrement, que les ampoules pètent quand on appuie sur l'interrupteur. Le pince fesse ici se joue dans les toilettes. Ainsi en va-t-il de la vie africaine. Les coupures d'électricité sont quotidiennes et de préférence entre 19h et 23h. Dîner aux chandelles chaque soir, j'en connais de plus malheureux. C'est en général au moment délicat où tu retournes ton poisson dans l'huile chaude ou que tu veux te savonner sous la douche que la lumière s'éteint. J'adore !
maisonLe moment béni est celui du petit déjeuner. Le soleil est encore dans les nuages et la température est très douce (25°) avec en prime l'air frais de la mer. Vue imprenable sur les pirogues qui partent en pêche. Ici le poisson est l'aliment de base et on en mange tous les jours.  Par l'arrière de la maison nous passons notre portillon un bel escalier privatif nous descend directement sur la plage.

cap naze De gros rochers cassent les vagues et lorsque la marée monte l'écume lèche les marches des escaliers. Nous sommes bercés en permanence par la rumeur sourde de la mer sur le sable. Il m'arrive encore de me réveiller la nuit fort surprise que le lit ne boube pas car je ne sais plus quelquefois si je suis en mer ou à terre. C'est un total apaisement et les nuits sont magnifiques.
Nous avons fait plusieurs visites au campement de Keur Kupan. Lundi matin nous allons revoir Oulimata pour envisager l'avenir. Ici les choses se mettent en place doucement et les décisions se prennent avec un flou très artistique. Entrer en action est une autre affaire. Ce n'est pas encore à l'odre du jour.
Nous avons visité la réserve naturelle, en soirée au moment du coucher du soleil, petit coin de paradis à Popenguine.

Des nuées d'oiseaux noir et bleu, jaune et vert, rouge et verts, des gros becs noirs, des larges becs rouges, des plumages argentés. Ils peuvent être comme nos hérons ou échasses, mais ils sont aussi très exotiques avec des noms de rêve, roullier d'abyssinie, Kaloa bec rouge, merle bleu, merle argenté... et un dont j'ai oublié le nom qui fait semblant d'être un cygne.

koalaMerle d'Abyssinie et Koala bec rouge

Nous rencontrons tout plein de monde et je prendrai le temps de vous en parler, un peu plus tard car c'est un enrichissement qu'il faut réfléchir et qui me remet en question.
Hier soir, une belle entrée d'air maritime a porté des nuées de papillons blancs sur la terrasse. Il en arrivait de partout par gros paquets. C'est bientôt Noël et à Popenguine il neige des papillons. 
 

 
 
 

       

Immersion à Popenguine

Popenguine, 24 décembre 2009,

Au moment où j'inscris la date, je réalise que c'est Noel pour vous tous. Je vous imagine dans vos boutiques, dans vos préparatifs de soirée festive, oh les pôvres, à vous cailler les miches sur les trottoirs encombrés. En même temps je suis au clavier, la chaleur est déjà de 30° et la mer gronde contre les rochers. Quel sentiment étrange que ce partage de sensations entre ici et là-bas.
Donc ici, les gens nous ont repérés.  Les enfants ne nous interpellent plus, "bonjour Toubab !" Nous sommes en nette progression. Ils nous appellent par nos prénoms.

gaminAh l'incomparable réconfort d'être reconnus !

randoNous avons fait une rando jusqu'à la lagune de la Somone. Nous avons choisi de traverser la réserve naturelle plûtot que par les rochers. Laurent souffre toujours de son genou et le crapahutage nous a paru formellement déconseillé. Deux heures de belles enjambées à travers la brousse c'était déjà un gros effort. Au sortir de la réserve on entre dans le village de Guéréo par le nord. Une dizaines de femme s'activent en plein soleil. Elles ont étalé à travers un vaste espace de rochers leur séchage de poisson. Les enfants sortent de l'école et nous interpellent joyeusement. Nous voilà régressés au rang de "toubabs". Le village est superbe, de belles petites échopes, des maisons proprement alignées. Une vie tranquille et laborieuse. Notre arrivée y apporte de l'exotisme.

Au bout du village nous trouvons une charrette qui va nous conduire à la Somone à travers les palétuviers. paletuviers

Repas de lotte grillée et patates douces à l'abri d'une paillotte sur la plage.
Laurent et Brigitte qui ont adopté la Gazelle (bière locale plutôt douce) en guise d'apéro ont les jambes un peu molles au retour. Et puis le début de l'après-midi, ça cogne sec depuis le ciel. La brise d'Est qui souffle presque en permanence est un vent de terre. La sensation de frais n'est qu'illusoire. Il faut attendre la fin de l'après-midi et la renverse d'air maritime pour avoir un peu de frais au moins 5 minutes, juste le temps de prendre froid. Mais où sont nos petites laines ?
On évite en général de s'allonger sur le lit pour se détendre au moment le plus chaud de la journée. C'est étouffant.  les draps et les matelas sont affreusement chauds. On en pique ici des suées, j'espère que c'est salutaire.
Nous sommes invités à droite et à gauche, pour un repas pour un thé local... Nous rendons la politesse. Du coup notre vie sociale s'enrichit en permanence.
Deux personnes partagent notre profonde sympathie. Sidi, le jeune Mauritanien bijoutier qui n'hésite pas à faire 20km à pied s'il sait qu'un charter de toubabs est annoncé dans les villages voisins. sidi

Et puis, l'incontournable Hubert, notre futur tailleur... Je suis en affaire avec eux, mais nous n'avons encore rien défini de précis... J'aime cette promesse de négociations qui prend le temps de se réaliser et de parler d'autre chose. hubert

 

 

 

Nous sommes allés à Thiès avec Birane, il nous a pilotés toute la matinée à travers l'immense marché. J'ai fait provision de légumes et de fruits. J'ai aussi acheté du beurre de karité pour Alex et Karine... Les garçons entraînez vous à l'art du massage tout en délicatesse. Vous aurez bientôt besoin de maîtriser cette technique pour vos dames.
Sur le marché, c'était curieux les négociations entre le vendeur, Birane et nous, toubabs qui payons le tarif toubab, bien entendu. Je précise à chaque fois que je suis toubab français, pas toubab américain, faut pas exagérer non plus. Les vendeurs trouvent ça très comiques...thies1
thies2

 

 

 

 

Avec Oulimata et le campement des femmes nous avons réfléchi. Nous avons aussi rencontré le Principal du Collège. Nous avons beaucoup discuté avec Birane et sa femme. (ils viennent manger à la maison la semaine prochaine). Nous sommes Laurent et moi très dubitatifs quant aux grandes idées sur la manière de venir en aide à ces hommes et à ces femmes qui vivent de si peu. Telles que nous voyons les choses depuis notre opulente Europe, nous sommes vraiment à côté de la plaque. Dans l'immédiat après concertation avec les actifs du village, nous avons réorienté notre projet de partage avec le  village.

rue pop
Nous avons passé une matinée sur le travail des "pare feux"avec les jeunes du collèges. Débroussaillages des herbes sèches tout le long de la clôture qui protège la réserve. Nous avons des rendez-vous pris avec les adultes bénévoles de la Réserve et dans les villages voisins. Je vous en reparlerai plus tard.
Depuis quatre jours, (c'est aujourd'hui le dernier) Nous essayons Laurent et moi de comprendre le phénomène "n'deup". C'est un évènement rare, il concerne une femme du village "malade dans sa tête". Elle est en quelque sorte habitée par un esprit malfaisant qui la détruit. La communauté a décidé de la soigner collectivement. On fait venir un groupe de musiciens (sept tam-tams de formes et gabarits différents) on fait venir une guérisseuse qui prend les choses en mains. Une partie des cérémonies se passent dans la maison de la malade. C'est un  rituel compliqué. On sacrifie une chèvre, des poulets blancs. On prépare de la nourriture pour les offrandes, lait caillé, fruit de Kola, et puis de l'eau "sacrée".
Il y a trois cérémonies par jour, une vers 11h le matin, une vers 17h le soir et une la nuit.

soir merLes femmes et les enfants se rassemblent en cercle devant la maison de la femme "possédée". La plupart apporte chaise ou tabouret. Le guide de cérémonie matérialise un petit espace au milieu de ce cercle d'environ trois cents personnes. Il y verse de l'eau sacré, du lait caillé et un espèce de cône planté dans la terre. Les musiciens s'échauffe mollement. Ca démarre un peu dans la confusion. Les femmes installent leurs petits confortablement contre elles, les plus jeunes s'installent par terre, on échange les derniers potins. Une bonne heure pendant laquelle on prépare la malade dans sa maison. Puis d'un coup les tams-tams s'harmonisent, les sons giclent avec violence et le rythme s'accélère. Une femme puis deux, puis trois se lancent sur la piste. Elles se déplacent en tournant autour du cercle sacré, leurs pieds battent le sable, la danse devient frénétique. D'un coup l'une envoie sa tête dans tous les sens, ses yeux se révulsent. elle jette ses bras vers l'avant, vers l'arrière, vers le sol. Plus vite, toujours plus vite. Plus fort, toujours plus fort. Elle court en titubant à travers la piste. Elle s'affale. Tout son corps est agité de spasmes. On l'asperge d'eau sacré, on l'aide à se relever, elle repart sur la piste, plus violente encore. Visage vers le ciel, elle hurle des sons étranges. Le public rigole, elle doit dire des obsénités. Elle lève ses jupes, elle balance ses cuisses dans tous les sens. Elle est effrayante. Des 'meneuses" (je ne sais pas comment les appeler" gardent le contrôle de la situation. Elles arrosent les femmes qui dansent, elles les arrêtent si elles se jettent sur le public, elles rafistolent leurs tissus qui glissent et se dénouent. Un des musiciens  harcèle l'une au l'autre avec un tam-tam au son très métallique... Elle se retourne vers lui et tout en gesticulant se rapproche et s'affale dans ses bras. Deux ou trois femmes essaient ainsi d'entrer en transe avec la malade. Pendant tout le temps de la danse, elles sont aspergées d'eau sacrée. La nourriture passe entre les chaises ainsi que la calebasse de lait caillé.  Les tams-tams assourdissants sont soutenus par les mélopées des femmes qui facilitent par leurs incantations l'entrée en transe. C'est une démonstration magistrale de la puissance collective. C'est un vrai travail sur le mental. Nous n'avons pas compris tout le rituel, mais à un moment, la musique s'est arrêtée. En en quelques secondes la place s'est vidée. De toute évidence, personne ne souhaite s'attarder sur les lieux du rituel. Les visages familiers nous ont salué rapidement et se sont échappés. Nous nous sommes retrouvés tout seuls sur la place les oreilles vibrantes, à plus trop savoir quel était ce silence étouffant ni à quel monde nous avions échappé.

Germaine ton pays est magnifique,

Merci à toi et à Pierre de nous y avoir initiés.
bonne annee

 

Autour de Popenguine

Premier janvier 2010, c'est l'heure de la sieste pour les uns, l'heure courrier pour d'autres, pour moi l'heure de revivre en images quelques moments de notre bonne et belle vie autour de Popenguine.
D'abord une belle virée en vélo (loué gentiment à Birane, 2 euros par jour, deux vtt flambant neufs, version sénégalo-chinoise, option homme, option dame, plus de vitesses que je ne saurais en compter...) La route goudronnée qui sort de Popenguine, puis une piste qui longe la mer.La piste tantôt parfaitement damée, tantôt de sable fin que le vent a dispersé en vaguelettes très casse-binette... Et raide au pédalage.  Une dizaine de kilomètres de suées fort sympathiques, (même sous le chapeau peul destiné à Olivier, un peu usagé mais authentique...chapeau L'homme qui me l'a vendu assis au bord de la piste, le portait sur la tête. Dures négociations dans un langage approximatif. Je le quitte fort joyeuse, la tête un peu lourde, mais enchantée par ma négociation. A voir le large sourire du berger, aucun doute je me suis fait avoir. Et ça me comble de joie !
La brousse est un vaste espace d'herbes sèches très hautes, d'acacias et de baobabs centenaires. Bientôt les baobabs auront perdu leurs feuilles de lourds fruits oblongs qui pendent  tomberont au sol. Une fois bouclé ce cycle, ils seront prêts pour subir la saison sèche sans dommage.  baobab
Lorsqu'une voiture nous double ou nous croise on traverse un écran de poussière, ne restons pas sous son vent ! Les ânes très élégants avec leur encolure marquée d'une belle ligne sombre, broutent dans la poussière. Nous croisons des carrioles,  des chars à bancs,  tirés par des chevaux,qui ont la taille des ânes. On slalom d'un bord à l'autre de la piste en fonction du relief du sable et les charrettes aussi... Où croiser un véhicule est la question jusqu'au moment où on frôle la charrette. De grands saluts, que de la joyeuseté sur la route.   
Cependant, à l'entrée du village le comité d'accueil me préoccupe : un gros troupeau de zébus blancs qui occupent toute la piste. De loin, ils ont l'air placide... De près je les trouve trop gros... J'en mène guère large et je descends du vélo avant de traverser le groupe. zebus2Pourvu qu'y en ai pas un, en manque d'affectif et qui voudrait m'enlacer avec ses jolies cornes si largement arrondies vers l'avant.

zebus1 Au bout du troupeau alors que je remonte sur le vélo vraiment soulagée, c'était pas si terrible finalement, un coup de guidon intempestif me permet d'échapper au gardien qui fait des moulinets en l'air avec son coupe-coupe. Échapper aux vaches africaines et se faire pourfendre par un Sénégalais maladroit... ou rigolard !
Autre jour, Une virée avec Wulimata à la rencontre des villages de brousse. Qu'il y ait une éolienne pour tirer l'eau au robinet du puits ou que les femmes montent les seaux à la force des bras... C'est d'abord et avant tout du labeur joyeux et plein de couleurs. A proximité du puits un homme étrille son cheval. Qui ne se soucie que du seau dans lequel plongent ses naseaux. A notre approche il relève sa gueule ruisselante, le poil d'un beau brun soyeux... Encore un qui trouve la vie bien belle en cet instant.
L'un des hommes nous explique que l'éolienne c'est pas le Pérou, car s'il n'y a pas de vent, il faut aller chercher l'eau à pieds au village voisin.
Chez les voisins, ils ronchonnent contre l'éolienne qui les nargue, parce que ceux là quand y'a panne de vent, ils viennent prendre leur eau... Du coup, il peut arriver qu'il n'y ait d'eau pour personne car le puits n'est pas en réserve pour deux villages.  Hé oui, à chacun ses parasites. Ici ce n'est pas le pain que l'étranger te prend dans la bouche, c'est l'eau ! Mais eux je les comprends, ils ne vivent pas dans l'opulence !
A la sortie du village sous les baobabs, d'énormes tas de mil ou de sorghos. Laurent s'essaie au battage comme un vrai de la brousse. Aïe mon dos ! C'est plus de son âge. Il est vrai que ce sont de jeunes hommes qui se relaient pour ce travail fastidieux et épuisant. Le long bâton épais qui sert de battoir n'est pas un outil de rêve.  Plus loin, des femmes debout devant un  mortier en bois pilent les graines pour les décortiquer. Elles se relaient au pilon. Dans un autre groupe elles sont assises en rond au sol, leurs bébés collés dans le dos. Elles vannent  avec une grosse calebasse évidée.Des poussières de son volent comme de minuscules mouches et les enrobent de nuages gris.
Il est pas loin de midi, la chaleur est étouffante et ça bosse tranquillement mais sans répit sous la protection des baobabs.
Nous rencontrons des gens souriants, aimables qui ouvrent leurs portes. Nous reviendrons les voir la semaine prochaine, après les fêtes.

mar 1Notre vie sociales prend une belle envolée. Nous voilà invités à un mariage Serère. Je n'ai pas tout compris du rituel d "intronisation" de la mariée avec les femmes, ça prend un temps incroyable, ça mériterait un coucounet pour lui tout seul ce mariage.
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Ensuite, un peu de tourisme dans l'île magnifique si bien préservée de Fadiouth, l'île aux coquillages. Le tourisme y est magistralement contrôlée.Visite guidée obligatoire. C'est la version africaine de Riquewhir ou les Baux de Provence. C'est magnifique. Une sorte de musée en plein air,  greniers à mil des temps anciens qu'un conservateur entretien et protège sous l'oeil placide des oiseaux de la mangrove.
Nous sommes entrés en début de soirée en pirogue, soleil couchant sur la mangrove. 1 joal

Dans le village harcèlement commercial inévitable. Nous avons perdu Laurent pendant une bonne dizaine de minutes. Il finit par nous rejoindre vraiment très content de lui. Il a troqué un magnifique (?) masque en bois  et se pointe en traîne savates des tongs infâmes, couleur verte, aux pieds... Super Laurent se met au rythme local.
- C'est quoi cette horreur, t'es fou d'avoir acheté ça ?
- Je l'ai troqué
- Troqué ?
- Oui, j'ai filé mes chaussures contre l'objet d'art (?) et les tongs du vendeur. Je voulais pas acheter et mes chaussures lui plaisait tellement... Il les lui fallait absolument pour le 31 décembre. Il était certain qu'elles allaient lui assurer un énorme succès pour la soirée. Y'a pas d'mal à faire plaisir !
En voilà un beau souvenir de vacances ! Avec le lourd chapeau paysan, nos bagages vont s'alourdir considérablement.
Pourvu que  Laurent ne troque pas sa flûte contre un balafon !grenier

Soirée cinéma à Popenguine

Salut les Hivernois,bus

Allez,  zou, encore un excellent moment de vie à Popenguine pour vous réchauffer les zygomatiques et c'est au cinéma au coeur du village, sous l'arbre à  palabres que ça se passe. 
Hé oui, séance fin d'après-midi pour les petits avec "le livre de la jungle" ; séance en soirée pour les grands avec "tableau ferraille".

Dans l'après-midi, le réalisateur  Moussa SENE (né dans la banlieue de Dakar en 1958) et son équipe très professionnelle, bien rodée aux techniques locales, (ils sont deux technos)  ont installé un immense écran de tissu blanc tendu entre deux poteaux, au fond de la place du marché juste sous la pharmacie. Des bancs, des chaises ont été alignés en demi-cercle par un peu tout le monde. Ici on va au cinéma avec son tabouret sous le bras, une chaise pliante, voire un fauteuil et des coussins... Il faut savoir que la projection est gratuite ce qui autorise à chacun de placer le luxe de sa place comme il le souhaite. Moi, j'ai prévu de m'asseoir par terre pour être bien devant.... L'agitation est fort sympathique, vivement ce soir.

 popo

21h, nous guettons depuis la terrasse les bruits ambiants guère différents du quotidien, ânes, cris d'enfants, rares voitures, cloches du couvent...  Nous décidons d'aller faire un tour (une centaine de mètres) jusque sur la place. Silence totale, chaises vides, pas âme qui vive, ni chat, ni chien, pas l'ombre d'une chèvre. L'écran est tout blanc, tout propre, stérile. Il ne se passe absolument rien ici.  Peut-être que ce n'est pas la bonne heure, pas le bon jour. Retour à la maison. Nous gardons l'oreille aux aguets.

22h, nous croyons percevoir une sorte de rumeur, des grondements, des piaillements. Mais les vagues sur les rochers nous perturbent, nous doutons. Retour sur la place. En quelques enjambées impatientes nous déboulons sur une place noire de monde. Des enfants pour un bon tiers du public... Tous les sièges sont occupés, bien des gens debout. Nous nous approchons. Moussa est devant l'écran blanc, face au public. Il parle en wolof. On distingue à peine ce qu'il dit, d'ailleurs je n'ai pas tout de suite saisi qu'il ne parlait pas en français. Le bruit ambiant est énorme. Ça discute, ça crie, ça se bouscule, ça gesticule et ça s'interpelle. Quelqu'un nous fait signe d'avancer. Les enfants assis sur la dernière rangée de chaises sont vivement expédiés ailleurs. 

- Allez ouste, c'est pas pour vous, la séance du soir, laissez la place aux grands (ça me fait plaisir d'être traitée de "grande")
Les gamins se faufilent entre les chaises, prestement casés au mieux. L'orateur commence à manifester de l'agacement. Il fait de grands gestes, de grands pas face au public, il essaie d'interpeller, de retenir l'attention.
... Bon, puisque personne n'écoute je continue en français.."
Super qu'on se dit Laurent et moi. On va savoir de quoi il cause. Mais vu le bruit ambiant et les sonorités particulières du sénégalo-français, on capte rien du tout à son discours.  Il semble que l'ensemble du public se désintéresse aussi de ce monologue.
Mousssa lève les bras vers le ciel, "Et M... j'abandonne, envoyez le film !"
Le public se calme un peu, puis tout à fait. C'est presque incongru ce soudain silence, à peine le temps qu'on s'étonne. Des murmures reprennent, à droite, à gauche, un peu partout. Puis un éclat de rire, un autre, quelques autres... Mais bon, on peut suivre l'intrigue et très vite les images nous captivent. Enfin quand y'a pas de voiture qui passe. La route est juste derrière l'écran alors il arrive que des phares éblouissent  et on ne voit plus rien du tout pendant quelques instants. Mais c'est hors écran que nous sommes le plus fascinés. Il y a maintenant des scènes un peu crues... On ne comprend toujours pas les dialogues en wolof vaguement sous-titrés en français très approximatif. Mais la gestuelle des acteurs, les mouvements, les expressions sont très explicites. Un mot, un geste, les gamins hurlent de rire, ils crient, ils se tapent sur les cuisses. Les hommes engueulent une actrice qui paraît être une vraie putasse.... elle malmène un brave ministre intègre... si si si ça existe au Sénégal, au cinéma. Les femmes poussent des petits cris et chuchotent.chèvre Le long de la route, les moutons poussent des bêlements réguliers, les chèvres donnent la réplique... qui ponctuent efficacement les dialogues. L'action se complique, les relations entre l'homme et ses deux femmes sont tendues. .. trois ânes passent derrière l'écran, leur silhouette est fantastique. L'un d'eux un peu plus curieux passe la tête sous le drap, pardon sous l'écran. Hilarité et adhésion totale du public. 

aneLe bestiau nous brait un bon coup dans les yeux... Les deux potes de l'âne font le tour et passent devant l'écran. C'est du cinéma 3D mais La compréhension des images se compliquent. Un gamin assis par terre rampe un peu trop vite pour les chasser. Il s'emmêle les pieds, les mains, la tête dans les connexions du lecteur vidéo. ... Ecran noir. Mais où est la télécommande ? Moussa revient devant le public hilare.
"J'ai oublié la télécommande chez moi. Nous allons résoudre facilement cet incident. "
Il tergiverse avec les techniciens. On attend, on papote, on s'informe, on rigole. On en profite pour connaître les derniers potins. Quelqu'un fait passer des biscuits, des dattes. C'est l'entracte en quelque sorte. On est vraiment bien là au chaud sous le manguier. 
Nouvelle intervention de Moussa "nous allons chercher la télécommande à la maison, on ne peut pas faire sans. Attendez nous quelques minutes, ce ne sera pas long". Puis il s'éloigne vers sa voiture avec les techniciens.
Alors, les spectateurs qui n'ont vraisemblablement pas tout compris quittent progressivement leur place. L'espace se vide dans la bonne humeur et comme chacun sait, la bonne humeur c'est contagieux. Donc l'espace se vide. Vraiment c'était un excellent film, nous aimerions voir la fin . Nous attendons stoïques.  Lorsque Moussa revient après plus d'une demi-heure, (nous sommes trois sur les bancs) et il annule la séance. 

Le soir suivant, "Madame Charrette" nouvelle projection, toujours avec Moussa qui est héroïque dans son genre. Au 1er tiers du film, coupure de courant, je m'étonnais aussi que ça ne soit pas arrivé la veille. 

Quand Popenguine fait son cinéma, c'est dans la joie et l'insouciance. Le réalisme illumine la fiction, les acteurs hors écran sont époustouflants de naturels et les images 3D ne sont pas virtuelles. Quant au spectateur, il ne sait absolument pas ce qui l'attend. C'est du cinéma à haut risque. 

village plPour les jours prochains de nouvelles rencontres sont prévues dans les villages de brousse et une grosse journée avec les pêcheures de Guéréo. Et puis toujours notre intense vie sociale associée à de rares moments touristiques. Toutefois nous avons prévu une escale d'une journée à Saint Louis avec Birane et Diarhère. st louis
Le temps se rafraîchit et les moustiques se planquent. 30/32 ° dans la journée et autour de 20 °le soir. 
Les codes de fonctionnement, le rythme du quotidien, tout ce qui manque de superflu, tout ce qu'on gagne d'essentiel.... nous apprenons une autre vie et nous aimons cette vie là. Notre retour est imminent. Ce sera étrange l'opulence dans la petite maison de Velaux.... JanouB