En partance

menage
Vendredi dernier vers 16h,
- Dis Laurent, si on cherchait le petit camion dans son refuge on aurait tout le week end pour l'armer !
L'idée plaît à Laurent. Tout joyeux nous nous précipitons vers l'espace que nous louons depuis 2 ans chez un garagiste de Coudoux. On se casse le nez sur le portail électronique fermé, dont bien entendu nous n'avons pas le code. Stéphane, le garagiste, devait rentrer de vacances le 10 août. Ne nous affolons pas. Pont de fêtes, peut-être qu'il a fermé plus tôt. Il sera là lundi.
Dès lundi on se pointe à 9h. Portail toujours infranchissable, rideau atelier baissé mais surtout ce qui nous inquiète, pas un véhicule en attente de réparation, lieu désert et abandonné. Même constat lundi après midi et lundi soir. Laurent passe la jounée de mardi à essayer de trouver quelqu'un à joindre. Le répondeur ne répond pas. Laurent appelle la police de Coudoux. Avant de l'envoyer promener poliment mais fermement, l'agent lui conseille de venir porter plainte. Diable, porter plainte ! Et puis plainte de quoi au juste ! C'est pas un drame, il finira bien par revenir Stéphane. Oui mais pas tout de suite semble-t-il.
Mardi matin, mardi midi, mardi 16h, atelier toujours désert.
aneMardi soir, Laurent va faire un dernier tour sans trop y croire et revient en trombe dans le séjour.
- Vite, le portail est ouvert.
Le portail est ouvert mais pas l'atelier. Rien de vivant dans l'espace que nous traversons au pas course. Record de vitesse au débâchage du petit camion. S'agit pas que le portail se referme et que nous restions bloqués à l'intérieur.  Il paraît que ça nous est déjà arrivé, et y'a pas si longtemps.
Mercredi matin. Le petit camion en attente d'armement est devant la maison. C'est magnifique. Laurent ramasse des figues, à la fraîche. Et je vaque, je chantonne, je tourne, je vire. Ça y'est on va partir.  J'ai soudain mille choses à faire. En sortant du séjour, Je porte une bassine pleine d'eau savonneuse et je rêve de camping en bord de rivière. Un geste maladroit, je renverse de l'eau qui mouille le sol devant moi au moment où j'y pose un pied. Sortie de piste acrobatique, Je me casse la figure sur le derrière. J'ai l'air fine avec  la bassine renversée sur les genoux. Mais ça ne me fait pas rire. Ma main gauche a subi une torsion pas naturelle.
Abandonnée dans le salon, Je hurle de douleur, totale solitude. Je me redresse péniblement et je panique. Voilà que trois de mes doigts enflent et deviennent bleus. Je cours m'inonder d'eau froide et en catastrophe j'arrive à faire tourner mon alliance qui étrangle l'annulaire. Vertige, envie de vomir, je garde ma main sous l'eau froide en geignant. Je sais pas quoi penser de ce choc. J'ai trop mal.
Laurent revenu de ses figues prend les choses en main. À priori, rien de cassé, ouf ! Main baigné dans la glace, application délicate d'un baume sur toute la main. sympathique bandage pas trop serré juste pour que mes doigts se tiennent bien. Un doliprane avec un grand verre d'eau. En moins d'une heure tranquille, je sens reculer la douleur. Je m'en sors avec trois doigts enflés dont le pouce carrément boursouflé. Tout ça veiné d'un bleu violacé, un peu comme les figues du matin dont Laurent fait de la confiture.
Et ce soir ? Me voilà avec une main gauche inexploitable, mais je sais gérer ça... Ça passera d'ici quelques jourrs, j'y compte bien.  Et puis Laurent fera la vaisselle, la cuisine, le pilotage et le reste aussi. Le bagne pour lui. Mais vous l'avez compris, moi, je suis en mode vacances...
 
 
Vous bilez pas surtout. Dès demain, notre première étape sera Florac.... sauf si on change d'avis.
J'vous tiens au courant dans quelques jours.